Réforme des EEP : l’ANGSPE défend devant l’OCDE le bilan du Maroc et prépare l’acte II

Chargée de porter la transformation de l’État actionnaire, l’ANGSPE a exposé à Paris les progrès réalisés dans la réforme des entreprises publiques marocaines. Politique actionnariale de l’État, administrateurs indépendants, comptes consolidés en normes IFRS et nouveaux outils de pilotage figurent parmi les principaux chantiers présentés aux membres de l’OCD.
La réforme des entreprises publiques entre dans une nouvelle étape. À Paris, Abdellatif Zaghnoun, directeur général de l’ANGSPE, a présenté devant l’OCDE les avancées enregistrées ces dernières années ainsi que les chantiers appelés à structurer la période 2027-2029.
Cette rencontre intervient alors que l’OCDE mène actuellement une revue de la gouvernance des entreprises publiques marchandes marocaines, la « SOE Review », dans le cadre de la démarche engagée par le Royaume pour adhérer aux lignes directrices de l’organisation sur la gouvernance des entreprises publiques.
Pour Abdellatif Zaghnoun, cet exercice est à la fois un test et une occasion de mettre en avant les changements engagés depuis plusieurs années. D’autant que la réunion coïncidait avec la publication du rapport Ownership and Governance of State-Owned Enterprises 2026, qui examine les pratiques de 58 économies.
Parmi les principaux jalons mis en avant figure la Politique actionnariale de l’État (PAE), adoptée en 2024 et désormais présentée comme la boussole de l’État actionnaire. Son déploiement se poursuit auprès des ministères de tutelle et des entreprises publiques. L’ANGSPE rappelle également que cette politique est citée dans le premier guide de l’OCDE consacré aux bonnes pratiques en matière d’actionnariat public.
La réforme s’est aussi traduite par un renforcement de la gouvernance. Selon les chiffres présentés à Paris, 34 administrateurs indépendants ont été désignés au sein de 25 EEP. Les femmes représentent 65 % de ces administrateurs, tandis que 142 comités spécialisés ont été mis en place pour renforcer le suivi des risques, de l’audit et de la performance.
Sur le plan financier, l’État actionnaire a franchi une étape supplémentaire avec la consolidation de ses comptes selon les normes IFRS pour les exercices 2022, 2023 et 2024. Cette démarche offre une vision consolidée du patrimoine public, de la situation financière du portefeuille détenu par l’État et des risques qui y sont associés.
La performance constitue désormais un autre axe majeur de la réforme. Le dispositif de pilotage mis en place ne se limite plus aux indicateurs financiers. Il intègre également les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), ainsi que la mesure de l’impact économique et social des entreprises publiques.
Pour Abdellatif Zaghnoun, la revue conduite par l’OCDE doit servir de catalyseur à la prochaine phase de transformation. La période 2027-2029 sera celle de la consolidation, avec l’objectif de renforcer encore l’efficacité de l’État actionnaire et d’ancrer les nouvelles pratiques de gouvernance.
À travers l’ANGSPE, le Maroc veut désormais passer de la réforme à la preuve. Les fondations ont été posées, les outils de gouvernance sont en place et les règles du jeu ont été clarifiées. Reste maintenant à démontrer que cette transformation peut se traduire par des entreprises publiques plus performantes, capables de créer davantage de valeur et d’accompagner les grandes ambitions économiques du Royaume.


