Marché du travail : 173.000 emplois perdus en trois mois

Le marché du travail marocain s’est dégradé au troisième trimestre 2026. Malgré une population active toujours importante, l’économie nationale a perdu 173.000 emplois contre revenu en trois mois, tandis que le nombre de chômeurs a progressé de plus de 100.000 personnes. Les jeunes et les femmes demeurent les catégories les plus exposées, sur fond de fortes disparités régionales.
Le nombre de personnes en emploi contre revenu s’est établi à 10,47 millions au troisième trimestre 2026, en recul de 173.000 postes par rapport au trimestre précédent, selon le HCP.
Parallèlement, le nombre de personnes au chômage strict a augmenté de 103.000 pour atteindre 1,224 million. Le taux de chômage strict a ainsi grimpé à 10,5 %, contre 9,5 % trois mois auparavant.
Cette détérioration intervient dans un contexte marqué par une hausse de la sous-utilisation de la main-d’œuvre. L’indicateur composite mesurant les besoins de travail non satisfaits a atteint 19,6 % au niveau national, contre 18,9 % au deuxième trimestre. Au total, près de 2,4 millions de personnes sont concernées par une forme de sous-utilisation du travail, qu’il s’agisse du chômage, du sous-emploi ou de la main-d’œuvre potentielle.
Les jeunes et les femmes en première ligne
Les tensions sur le marché du travail touchent particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans. Leur taux de chômage atteint 30,5 %, soit près de trois fois la moyenne nationale. Le taux composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre grimpe même à 44,5 % dans cette tranche d’âge.
Les femmes restent également confrontées à des difficultés persistantes. Leur taux de chômage s’élève à 16,7 %, contre 8,7 % pour les hommes, tandis que leur taux de participation à la vie active plafonne à 18,1 %, révélant un accès toujours limité au marché du travail.
L’agriculture pénalise l’emploi
L’analyse sectorielle montre que les pertes d’emplois ont principalement affecté l’agriculture, la sylviculture et la pêche, qui ont enregistré une baisse nette de 145.000 postes. Les services ont également perdu 96.000 emplois. À l’inverse, l’industrie affiche une progression de 69.000 postes, constituant le seul grand secteur créateur d’emplois sur la période.
Des écarts régionaux marqués
Les disparités territoriales demeurent particulièrement prononcées. La région de Guelmim-Oued Noun affiche le taux de sous-utilisation de la main-d’œuvre le plus élevé du Royaume, à 38,7 %, devant l’Oriental (28,3 %). À l’opposé, Dakhla-Oued Ed-Dahab présente la situation la plus favorable avec un taux limité à 9,2 %.
Concernant le chômage strict, Guelmim-Oued Noun arrive également en tête avec 17,2 %, suivie de Drâa-Tafilalet (14,7 %) et de l’Oriental (13,7 %). Dakhla-Oued Ed-Dahab enregistre le taux le plus faible, à 4,6 %.
Un marché du travail sous pression
Les données du Haut-Commissariat au Plan confirment ainsi un essoufflement du marché du travail au troisième trimestre 2026. La hausse simultanée du chômage, du sous-emploi et de la sous-utilisation de la main-d’œuvre souligne les difficultés persistantes de création d’emplois, notamment pour les jeunes diplômés et les femmes, alors que plusieurs régions continuent de faire face à des déséquilibres structurels importants.



