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Economie Nationale

Marché automobile : 2026, nouvelle année record ?

marché automobile ventes Aivam
Porté par une demande toujours soutenue, le marché automobile marocain continue de faire preuve de résilience. Avec plus de 208.000 véhicules écoulés à fin octobre, soit une progression de 11,9 % sur un an, le secteur se rapproche d’un nouveau record historique, malgré un net ralentissement du rythme de croissance observé ces derniers mois.

À première vue, les chiffres d’octobre pourraient laisser penser à un essoufflement du marché automobile marocain. Avec une progression de seulement 3 % des ventes sur un an, la croissance est loin des rythmes observés en début d’année. Pourtant, derrière ce ralentissement apparent se dessine une réalité bien différente : le secteur continue d’évoluer à des niveaux historiquement élevés et se dirige toujours vers un nouveau record annuel. 

À fin octobre, 208.642 véhicules ont été immatriculés au Maroc, en hausse de 11,9 % par rapport à la même période de 2025, selon les données communiquées par l’AIVAM. Le marché a ainsi déjà atteint près de 89 % du volume record enregistré sur l’ensemble de l’année dernière. Plus révélateur encore, il ne manque qu’un peu plus de 26.000 unités pour égaler la performance historique de 2025, alors que les ventes de novembre et décembre avaient dépassé les 48.000 véhicules l’an dernier. Sauf retournement majeur, le secteur devrait donc signer une nouvelle année record. 

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Cette décélération de la croissance s’explique surtout par un effet de base. Après plusieurs trimestres de forte expansion, le marché compare désormais ses performances à des niveaux déjà exceptionnellement élevés. Les ventes ont progressé de 22,3 % au premier trimestre, puis de 14,1 % au deuxième avant de ralentir à 3,5 % au troisième trimestre. Autrement dit, le marché ne recule pas ; il continue à croître, mais sur des volumes devenus beaucoup plus importants.

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Un autre enseignement majeur des données d’octobre concerne la vigueur persistante du segment des véhicules utilitaires légers. Avec 2.912 unités écoulées, les VUL enregistrent leur meilleur mois de l’année et affichent une croissance de 23,8 % sur un an. Cette performance traduit généralement une bonne tenue de l’activité économique, les entreprises continuant d’investir dans le renouvellement ou l’élargissement de leurs flottes professionnelles.

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La véritable transformation du marché se joue désormais sur le terrain des motorisations. L’électrification progresse à un rythme inédit. Les véhicules électrifiés représentent 23,4 % des ventes de voitures particulières en octobre, contre 16 % un an auparavant. Sur les dix premiers mois de l’année, leur part atteint 18,3 % du marché. Cette évolution témoigne d’un changement profond des préférences des consommateurs, mais aussi d’un élargissement rapide de l’offre disponible. 

Les hybrides rechargeables figurent parmi les grands gagnants de cette mutation, avec une progression de plus de 114 % en un an. Les hybrides classiques poursuivent également leur montée en puissance, tandis que les véhicules électriques à batterie enregistrent une croissance de plus de 70 %, même s’ils restent encore marginaux dans le volume total des ventes. L’arrivée de nouvelles technologies, notamment les véhicules à prolongateur d’autonomie (REEV), contribue également à diversifier le marché. 

Cette révolution est en partie portée par l’avancée spectaculaire des constructeurs chinois. Leur part de marché atteint un niveau record de 15,6 % en octobre, contre 6 % seulement un an plus tôt. Sur les dix premiers mois de l’année, les immatriculations de marques chinoises ont plus que doublé. Cette percée confirme que le marché marocain devient l’un des terrains de concurrence les plus disputés de la région, les marques asiatiques bousculant progressivement les positions historiques des constructeurs européens. 

Cela dit, les marques traditionnelles conservent leur domination. Dacia et Renault occupent toujours les deux premières places du marché des véhicules particuliers, loin devant leurs concurrentes. Cette situation montre que la transformation en cours ne se traduit pas par une rupture brutale, mais plutôt par une recomposition progressive des équilibres. 

A fin octobre, le marché automobile marocain entre dans sa dernière ligne droite avec des fondamentaux solides. Si la croissance ralentit, elle reste positive et s’appuie sur des tendances structurelles fortes : montée en gamme des motorisations, électrification accélérée et diversification des acteurs. Plus qu’une simple année record, 2026 pourrait marquer un tournant dans l’évolution du paysage automobile national. 

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