Livraison à domicile : comment le poulet a braqué le marché marocain

C’est une petite révolution qui s’opère discrètement dans les cuisines et sur les smartphones des Marocains. Loin d’être un simple effet de mode, le poulet est devenu en l’espace de quelques mois le véritable moteur de la restauration livrée dans le Royaume. Une étude récente menée par la plateforme Glovo Maroc révèle des chiffres vertigineux : entre septembre 2025 et août 2026, les commandes auprès des enseignes spécialisées dans le poulet ont bondi de 77,4 %.
Un score impressionnant, surtout quand on le compare à la croissance globale du secteur de la livraison, qui progresse déjà à un rythme très sain de 22,8 %. En clair, l’appétit des Marocains pour le poulet grandit trois fois et demie plus vite que le reste du marché.
Cette irrésistible ascension redessine la carte de nos habitudes de consommation. En deux ans, la part du poulet dans le volume total des livraisons a grimpé de 7,8 % à plus de 11 %. Fait marquant, c’est durant le mois de Ramadan (mars 2026) que la catégorie a enregistré son plus haut pic historique, atteignant 12,2 % des commandes. Si la période sacrée rime habituellement avec une baisse globale des volumes de livraison, le poulet, lui, a su s’imposer comme une valeur refuge pour les tables de rupture du jeûne ou du shour.
Dans la guerre des menus que se livrent les géants de la restauration rapide, le poulet surclasse désormais ses rivaux historiques en termes de dynamisme. Il distance largement le sandwich (+50,5 %) et la pizza (+34,8 %), tandis que le burger ferme la marche de ce Top 4 avec une progression plus modeste de 20,3 %.
Pour les restaurateurs, le filon est particulièrement rentable. Certes, le burger conserve sa couronne de leader absolu en termes de volume brut (avec une moyenne impressionnante de 7 176 commandes par an pour chacun des 1 498 restaurants actifs). Mais le poulet s’installe confortablement sur la deuxième marche du podium. Avec seulement 567 partenaires spécialisés recensés sur l’application, la catégorie affiche une efficacité redoutable : chaque établissement génère en moyenne 5 124 commandes par an.
Une concentration de la demande qui prouve que le poulet n’est plus un choix par défaut, mais un automatisme gourmand bien ancré dans le quotidien des Marocains.



