Flash
SM le Roi : le partenariat est un choix souverain et un engagement volontaire, qui ne saurait faire l’objet d’aucune pression ou menace, ni d’aucun chantage Trump mise sur le diesel russe pour faire baisser les prix des carburants Le dirham se dĂ©prĂ©cie de 1,47% face Ă  l’euro du 1er au 7 octobre MĂ©dias : lancement de la 24e Ă©dition du Grand Prix national de la presse Allianz Trade reconduit ses Ă©valuations sectorielles du Maroc au T3 2026 Saham Bank : une application qui fait peau neuve, plus simple, plus fluide et plus efficace FORAS 2026 : la RSE, l’innovation et les partenariats au cƓur du dĂ©veloppement de la santĂ© en Afrique Oncorad Group crĂ©e une Direction des Affaires MĂ©dicales et nomme Dr Samlali Ă  sa tĂȘte Vision Royale pour la 12e LĂ©gislature : Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI trace la feuille de route Ă©conomique et sociale de la nouvelle mandature Drones de combat : EDGE fournira des armements de prĂ©cision
Assurances

đŸŽ„ Compagnies d’assurance vs intermĂ©diaires : l’ACAPS s’engage Ă  rĂ©soudre dĂ©finitivement le problĂšme des crĂ©ances

compagnies

Ecrit par S. Es-Siari |

LiĂ©s par le destin, les compagnies d’assurance, les agents et courtiers n’arrivent toujours pas Ă  trouver un terrain d’entente pour prĂ©server les intĂ©rĂȘts des uns et des autres. Depuis des lustres, un vrai dialogue de sourds s’est installĂ© entre les deux partenaires Ă  telle enseigne que l’on se demande si ce statuquo ne risque-t-il pas de durer et de perdurer dans le temps. En attendant le dĂ©nouement, les deux partenaires se tiennent par la barbichette.

Publicité

Compagnies d’assurance et intermĂ©diaires : David contre Goliath

Endosser la responsabilitĂ© Ă  l’une ou l’autre des deux camps serait hasardeux tellement la situation est complexe. Si les intermĂ©diaires, bras armĂ©s des compagnies, se considĂšrent comme lĂ©sĂ©s parce qu’ils ne trouvent pas une oreille attentive Ă  leurs dolĂ©ances, les compagnies d’assurance, bien qu’en position de force, craignent pour leur matelas financier.

Lors de la 5e rencontre annuelle organisĂ©e par la FNACAM mercredi dernier, les compagnies d’assurances et les agents et courtiers ont vraiment lavĂ© leur linge sale en famille.

Les intermĂ©diaires en assurance souffrent du commissionnement qui reste faible Ă  leurs yeux eu Ă©gard aux mutations Ă©conomiques que nous connaissons. « Il ne faut pas que le courtier ou l’agent brade la qualitĂ© du service par manque de moyens », alerte Farid Bensaid, prĂ©sident de la FNACAM qui rappelle que durant la crise sanitaire plusieurs cabinets ont mis la clĂ© sous le paillasson Ă  cause des difficultĂ©s financiĂšres. D’oĂč la pertinence pour les intermĂ©diaires en assurance d’aller sur des rĂ©munĂ©rations en fonction des performances. Pour ce faire, et pour qu’ils vendent plus, il faut leur donner les outils et moyens. Et d’enchaĂźner sur un ton grave : « Aujourd’hui, nous avons besoin de choses concrĂštes, les dĂ©clarations d’intention ne nous nourrissent pas ».

Les bureaux directs, c’est 13% de la vente

Autre point de discorde entre les compagnies d’assurances et les intermĂ©diaires, c’est la crĂ©ation des bureaux directs Ă  laquelle recourent les compagnies d’assurance pour Ă©largir davantage leurs rĂ©seaux de distribution. Cette situation met Ă  mal les intermĂ©diaires en assurance parce que selon leurs dires, il s’agit d’une concurrence dĂ©loyale dans la mesure oĂč les bureaux directs contrairement Ă  eux ne paient pas de TVA sur commission. A rappeler qu’en matiĂšre de TVA, les intermĂ©diaires en assurance subissent une injustice fiscale qu’ils dĂ©plorent Ă  l’occasion de l’Ă©laboration de chaque projet de Loi de Finances. Celui de 2022 ne fait pas exception.

Bien qu’il soit conscient de la situation, Bachir Baddou Directeur GĂ©nĂ©ral de la FMSAR rappelle qu’il ne faut pas omettre que la crĂ©ation de bureaux directs se traduit pour les compagnies d’assurances par des charges supplĂ©mentaires. Si la compagnie y recourt c’est tout simplement parce qu’elle ne peut pas non plus attendre pour Ă©largir son rĂ©seau cinq annĂ©es le temps nĂ©cessaire pour que les agents passent l’examen professionnel. Pis encore, sur les 10 ou 15 agents ayant passĂ© l’examen, la compagnie se retrouve avec deux ou trois agents capables de commercialiser des produits d’assurance parce que le mĂ©tier d’agent ou de courtier ne s’improvise pas. « Encore faut-il ne pas exiger des compagnies d’assurances l’adoption du monocanal pour la commercialisation de leurs produits », rĂ©pond sĂšchement Bachir Baddou. Une anomalie du livre IV du code des assurances Ă  laquelle il faut impĂ©rativement y remĂ©dier. A ce sujet, les assureurs plaident pour la suppression de l’examen professionnel. Un appel lancĂ© au rĂ©gulateur.

Les encaissements : un caillou dans la chaussure des compagnies

MalgrĂ© les circulaires d’avril 2016 et de janvier 2019, le problĂšme de l’encaissement des primes collectĂ©es par les intermĂ©diaires se pose avec acuitĂ© pour les compagnies d’assurance. En 2016, un certain nombre de crĂ©ances Ă©taient protocolisĂ©es mĂȘme celles avant 2016. Mais vainement. Ajoutons Ă  cela, les arriĂ©rĂ©s qui se cumulent au fil de l’eau et que les compagnies d’assurance continuent Ă  provisionner. Le fractionnement des paiements par l’intermĂ©diaire aux assurĂ©s est la source de tous les maux, faut-il croire mais peut-il en ĂȘtre autrement ?

Farid Bensaid exhorte que l’on apure les arriĂ©rĂ©s au moins des agents et courtiers qui n’ont pas encaissĂ© pour une raison ou pour une autre. Pour cela, la solution idoine est de trouver un systĂšme qui informe de la date rĂ©elle de l’encaissement de la prime par l’intermĂ©diaire. Une solution qui pourrait ĂȘtre possible et rĂ©aliste face au dĂ©veloppement des nouvelles technologies de l’information. Encore faut-il que les banques jouent rĂ©ellement le jeu par le mĂ©canisme des dates de valeur.

L’ACAPS confiante qu’il y a une solution pour le futur

Le reprĂ©sentant de l’ACAPS a tenu Ă  souligner que l’encaissement des primes constitue un vrai sujet pour les compagnies d’assurance, pour les intermĂ©diaires et Ă©galement pour l’ACAPS. Et pour cause, dans ses missions de contrĂŽles auprĂšs des intermĂ©diaires, l’ACAPS au lieu de s’occuper de la protection des assurĂ©s, elle se concentre Ă  50% sur la problĂ©matique des soldes et des crĂ©ances. Le benchmark avec un rĂ©gulateur europĂ©en montre que ce dernier est Ă  100% sur la protection des assurĂ©s.

« Il faut que ce problĂšme s’arrĂȘte et trouver des solutions Ă  l’avenir. Ces solutions sont d’ailleurs l’objet d’un chantier que nous allons ouvrir avec nos partenaires (compagnies et intermĂ©diaires) pour trouver des solutions dĂ©finitives Ă  cette problĂ©matique. Il faudrait donc s’assurer de la faisabilitĂ© des solutions et laisser une fois pour toutes ce problĂšme derriĂšre nous », annonce Moumni Directeur de la protection des assurĂ©s au sein de l’ACAPS. Et d’enchaĂźner : « Nous allons pouvoir ainsi libĂ©rer les ressources y compris pour l’intermĂ©diaire pour vendre, apporter de la valeur
 ». TrĂšs prochainement, le rĂ©gulateur prĂ©parera un plan de travail au sein d’une commission oĂč seront prĂ©sents les compagnies d’assurances et les intermĂ©diaires.

Concernant le stock des crĂ©ances, l’ACAPS dispose d’un certain nombre d’instruments et elle a initiĂ© une opĂ©ration avec le secteur oĂč ont Ă©tĂ© priorisĂ©es les grandes masses de crĂ©ances. Un effort ayant permis de rĂ©duire la crĂ©ance de 40% soit de 5 Mds de DH Ă  3 Mds de DH. Mais cela va encore repartir Ă  la hausse parce que la solution n’est pas dĂ©finitive. Donc le chantier n°1 est l’apurement des crĂ©ances et le chantier n°2 est liĂ© aux solutions pour l’avenir.

La facilitĂ© de paiement est un vrai problĂšme qui est directement liĂ© Ă  la problĂ©matique de la crĂ©ance. « Cette facilitĂ© de paiement a des solutions notamment l’arrĂȘt via la technologie de l’attestation d’assurance chaque fois qu’il n’y a pas de paiement ou de provision. Il y a aussi la possibilitĂ© de souscrire des assurances pour des pĂ©riodes infĂ©rieurs Ă  une annĂ©e », informe le directeur de la protection des assurĂ©s.

En attendant le dĂ©nouement de la problĂ©matique des impayĂ©s, les compagnies d’assurance et les intermĂ©diaires en assurance (agents & courtiers) se tiennent par la barbichette.


Voir également : Assurances/ La digitalisation menace ou opportunité ? : Les explications de Meryem Chami

Publicité

Laisser un commentaire

error: Content is protected !!