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Assurances

đŸŽ„ Compagnies d’assurance vs intermĂ©diaires : l’ACAPS s’engage Ă  rĂ©soudre dĂ©finitivement le problĂšme des crĂ©ances

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Ecrit par S. Es-Siari |

LiĂ©s par le destin, les compagnies d’assurance, les agents et courtiers n’arrivent toujours pas Ă  trouver un terrain d’entente pour prĂ©server les intĂ©rĂȘts des uns et des autres. Depuis des lustres, un vrai dialogue de sourds s’est installĂ© entre les deux partenaires Ă  telle enseigne que l’on se demande si ce statuquo ne risque-t-il pas de durer et de perdurer dans le temps. En attendant le dĂ©nouement, les deux partenaires se tiennent par la barbichette.

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Compagnies d’assurance et intermĂ©diaires : David contre Goliath

Endosser la responsabilitĂ© Ă  l’une ou l’autre des deux camps serait hasardeux tellement la situation est complexe. Si les intermĂ©diaires, bras armĂ©s des compagnies, se considĂšrent comme lĂ©sĂ©s parce qu’ils ne trouvent pas une oreille attentive Ă  leurs dolĂ©ances, les compagnies d’assurance, bien qu’en position de force, craignent pour leur matelas financier.

Lors de la 5e rencontre annuelle organisĂ©e par la FNACAM mercredi dernier, les compagnies d’assurances et les agents et courtiers ont vraiment lavĂ© leur linge sale en famille.

Les intermĂ©diaires en assurance souffrent du commissionnement qui reste faible Ă  leurs yeux eu Ă©gard aux mutations Ă©conomiques que nous connaissons. « Il ne faut pas que le courtier ou l’agent brade la qualitĂ© du service par manque de moyens », alerte Farid Bensaid, prĂ©sident de la FNACAM qui rappelle que durant la crise sanitaire plusieurs cabinets ont mis la clĂ© sous le paillasson Ă  cause des difficultĂ©s financiĂšres. D’oĂč la pertinence pour les intermĂ©diaires en assurance d’aller sur des rĂ©munĂ©rations en fonction des performances. Pour ce faire, et pour qu’ils vendent plus, il faut leur donner les outils et moyens. Et d’enchaĂźner sur un ton grave : « Aujourd’hui, nous avons besoin de choses concrĂštes, les dĂ©clarations d’intention ne nous nourrissent pas ».

Les bureaux directs, c’est 13% de la vente

Autre point de discorde entre les compagnies d’assurances et les intermĂ©diaires, c’est la crĂ©ation des bureaux directs Ă  laquelle recourent les compagnies d’assurance pour Ă©largir davantage leurs rĂ©seaux de distribution. Cette situation met Ă  mal les intermĂ©diaires en assurance parce que selon leurs dires, il s’agit d’une concurrence dĂ©loyale dans la mesure oĂč les bureaux directs contrairement Ă  eux ne paient pas de TVA sur commission. A rappeler qu’en matiĂšre de TVA, les intermĂ©diaires en assurance subissent une injustice fiscale qu’ils dĂ©plorent Ă  l’occasion de l’Ă©laboration de chaque projet de Loi de Finances. Celui de 2022 ne fait pas exception.

Bien qu’il soit conscient de la situation, Bachir Baddou Directeur GĂ©nĂ©ral de la FMSAR rappelle qu’il ne faut pas omettre que la crĂ©ation de bureaux directs se traduit pour les compagnies d’assurances par des charges supplĂ©mentaires. Si la compagnie y recourt c’est tout simplement parce qu’elle ne peut pas non plus attendre pour Ă©largir son rĂ©seau cinq annĂ©es le temps nĂ©cessaire pour que les agents passent l’examen professionnel. Pis encore, sur les 10 ou 15 agents ayant passĂ© l’examen, la compagnie se retrouve avec deux ou trois agents capables de commercialiser des produits d’assurance parce que le mĂ©tier d’agent ou de courtier ne s’improvise pas. « Encore faut-il ne pas exiger des compagnies d’assurances l’adoption du monocanal pour la commercialisation de leurs produits », rĂ©pond sĂšchement Bachir Baddou. Une anomalie du livre IV du code des assurances Ă  laquelle il faut impĂ©rativement y remĂ©dier. A ce sujet, les assureurs plaident pour la suppression de l’examen professionnel. Un appel lancĂ© au rĂ©gulateur.

Les encaissements : un caillou dans la chaussure des compagnies

MalgrĂ© les circulaires d’avril 2016 et de janvier 2019, le problĂšme de l’encaissement des primes collectĂ©es par les intermĂ©diaires se pose avec acuitĂ© pour les compagnies d’assurance. En 2016, un certain nombre de crĂ©ances Ă©taient protocolisĂ©es mĂȘme celles avant 2016. Mais vainement. Ajoutons Ă  cela, les arriĂ©rĂ©s qui se cumulent au fil de l’eau et que les compagnies d’assurance continuent Ă  provisionner. Le fractionnement des paiements par l’intermĂ©diaire aux assurĂ©s est la source de tous les maux, faut-il croire mais peut-il en ĂȘtre autrement ?

Farid Bensaid exhorte que l’on apure les arriĂ©rĂ©s au moins des agents et courtiers qui n’ont pas encaissĂ© pour une raison ou pour une autre. Pour cela, la solution idoine est de trouver un systĂšme qui informe de la date rĂ©elle de l’encaissement de la prime par l’intermĂ©diaire. Une solution qui pourrait ĂȘtre possible et rĂ©aliste face au dĂ©veloppement des nouvelles technologies de l’information. Encore faut-il que les banques jouent rĂ©ellement le jeu par le mĂ©canisme des dates de valeur.

L’ACAPS confiante qu’il y a une solution pour le futur

Le reprĂ©sentant de l’ACAPS a tenu Ă  souligner que l’encaissement des primes constitue un vrai sujet pour les compagnies d’assurance, pour les intermĂ©diaires et Ă©galement pour l’ACAPS. Et pour cause, dans ses missions de contrĂŽles auprĂšs des intermĂ©diaires, l’ACAPS au lieu de s’occuper de la protection des assurĂ©s, elle se concentre Ă  50% sur la problĂ©matique des soldes et des crĂ©ances. Le benchmark avec un rĂ©gulateur europĂ©en montre que ce dernier est Ă  100% sur la protection des assurĂ©s.

« Il faut que ce problĂšme s’arrĂȘte et trouver des solutions Ă  l’avenir. Ces solutions sont d’ailleurs l’objet d’un chantier que nous allons ouvrir avec nos partenaires (compagnies et intermĂ©diaires) pour trouver des solutions dĂ©finitives Ă  cette problĂ©matique. Il faudrait donc s’assurer de la faisabilitĂ© des solutions et laisser une fois pour toutes ce problĂšme derriĂšre nous », annonce Moumni Directeur de la protection des assurĂ©s au sein de l’ACAPS. Et d’enchaĂźner : « Nous allons pouvoir ainsi libĂ©rer les ressources y compris pour l’intermĂ©diaire pour vendre, apporter de la valeur
 ». TrĂšs prochainement, le rĂ©gulateur prĂ©parera un plan de travail au sein d’une commission oĂč seront prĂ©sents les compagnies d’assurances et les intermĂ©diaires.

Concernant le stock des crĂ©ances, l’ACAPS dispose d’un certain nombre d’instruments et elle a initiĂ© une opĂ©ration avec le secteur oĂč ont Ă©tĂ© priorisĂ©es les grandes masses de crĂ©ances. Un effort ayant permis de rĂ©duire la crĂ©ance de 40% soit de 5 Mds de DH Ă  3 Mds de DH. Mais cela va encore repartir Ă  la hausse parce que la solution n’est pas dĂ©finitive. Donc le chantier n°1 est l’apurement des crĂ©ances et le chantier n°2 est liĂ© aux solutions pour l’avenir.

La facilitĂ© de paiement est un vrai problĂšme qui est directement liĂ© Ă  la problĂ©matique de la crĂ©ance. « Cette facilitĂ© de paiement a des solutions notamment l’arrĂȘt via la technologie de l’attestation d’assurance chaque fois qu’il n’y a pas de paiement ou de provision. Il y a aussi la possibilitĂ© de souscrire des assurances pour des pĂ©riodes infĂ©rieurs Ă  une annĂ©e », informe le directeur de la protection des assurĂ©s.

En attendant le dĂ©nouement de la problĂ©matique des impayĂ©s, les compagnies d’assurance et les intermĂ©diaires en assurance (agents & courtiers) se tiennent par la barbichette.


Voir également : Assurances/ La digitalisation menace ou opportunité ? : Les explications de Meryem Chami

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