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Economie

đŸŽ„ AccĂ©lĂ©ration du stress hydrique : l’adoption de politiques efficaces et novatrices s’impose

stress hydrique

Ecrit par L.Boumahrou I

L’aggravation du stress hydrique impose la mobilisation de tous les acteurs pour rationaliser l’utilisation mais aussi l’adoption de stratĂ©gies efficaces et innovantes pour y faire face. 

L’eau est sans doute l’un des piliers du dĂ©veloppement. Sans eau, pas de vie, plus de vie. C’est pourquoi, le stress hydrique, qui s’accentue d’annĂ©e en annĂ©e, met sous pression l’économie marocaine et impose l’adoption de mesures urgentes et des stratĂ©gies Ă  court, moyen et long terme pour renforcer la rĂ©silience du Maroc face au changement climatique.

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Car la problĂ©matique du stress hydrique n’est plus un phĂ©nomĂšne occasionnel mais structurel. Une approche intĂ©grĂ©e de la gestion efficace de l’eau au Maroc est plus que nĂ©cessaire eu Ă©gard aux dĂ©fis Ă  relever.

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Une approche qui doit prendre en compte les dimensions économiques, environnementales et sociales, avec les principes économiques et les bonnes pratiques de gestion au cƓur des stratégies mises en Ɠuvre.

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La journĂ©e d’étude organisĂ©e par la Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales-Ain Chock sous le thĂšme « Économie de l’Eau : Innovations et gestion durable des ressources en eau au Maroc : Défis et perspectives future », a Ă©tĂ© l’occasion de découvrir des pistes d’action concrètes et efficaces pour une gestion durable et équitable de l’eau.

En effet, il est impératif de se réadapter pour faire face au changement climatique et, par ricochet, au stress hydrique.

Pour donner un ordre de grandeur, la capacitĂ© d’eau disponible par habitant/an est de 500 Ă  600 m3 contre 2.000 m3 il y a 40 ans. Certes il y a d’un cĂŽtĂ© la croissance dĂ©mographique, mais la vraie cause c’est le manque de la pluviomĂ©trie.

Intervenant Ă  ce colloque, le directeur gĂ©nĂ©ral de Lydec, Jean-Pascal Darriet, a prĂ©cisĂ© que la politique des barrages pour la gestion des stocks en eau a certes donnĂ© ses fruits durant plusieurs annĂ©es lorsque la pluviomĂ©trie Ă©tait au rendez-vous. Malheureusement aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Chiffres Ă  l’appui, le niveau de remplissage des barrages a Ă©tĂ© divisĂ© par 2 entre 2019 et 2023.

« Actuellement, nous arrivons Ă  la limite de cette logique de gestion de stocks des rĂ©serves en eau Ă  cause du changement climatique et la modification de la rĂ©partition des Ă©pisodes pluvieux, dans le temps et dans l’espace » a prĂ©cisĂ© Jean-Pascal Darriet.

Pour faire face à cette pénurie et afin de répondre aux besoins du pays, le Maroc a pu se réadapter en recourant aux eaux non-conventionnelles. En effet, bien que les capacités de stockage au niveau des barrages aient diminué, celles de la production et du traitement des eaux ont, bel et bien, augmenté grùce notamment aux eaux non-conventionnelles.

 « Aujourd’hui, il y a une prise de conscience croissante de la problĂ©matique de la raretĂ© des ressources en eau. Ce dĂ©fi est durable et nĂ©cessite un changement de paradigme vers l’exploitation des ressources en eau non conventionnelles. Actuellement, les stratĂ©gies mises en Ɠuvre, telles que le dessalement de l’eau de mer, sont menĂ©es par d’importants opĂ©rateurs marocains en partenariat avec des experts internationaux, tĂ©moignant ainsi de l’importance de la collaboration et de la co-crĂ©ation dans ce domaine», a dĂ©clarĂ© le DG de Lydec.

Les alternatives à accélérer

Certes plusieurs programmes ont Ă©tĂ© mis en place pour accĂ©lĂ©rer les investissements dans le secteur de l’eau. Mais en attendant la mise en Ɠuvre dĂ©finitive de toutes les initiatives et face à l’urgence de la situation, d’autres politiques efficaces et novatrices en matiĂšre de gestion de l’eau, basĂ©es sur la maximisation de sa valeur Ă©conomique, apparaissent plus que jamais nĂ©cessaires.

Faut-il rappeler que pour faire face Ă  la pĂ©nurie d’eau, les autoritĂ©s publiques, dans le cadre de la gouvernance de la gestion de l’eau, ont pris cette annĂ©e des mesures restrictives en matiĂšre d’utilisation de l’eau. Et ce malgrĂ© que les besoins de l’usage domestique d’eau Ă  l’échelle nationale ne reprĂ©sentent qu’environ 9% des eaux mis Ă  la disposition contre environ 89% pour le secteur agricole.

« Le principe retenu est que tous ceux qui utilisent l’eau, quelque soient les quantitĂ©s, doivent s’engager dans une dĂ©marche de rationalisation », a soulignĂ© le DG de la Lydec.

En tant que distributeur, Lydec doit jouer le rĂŽle qui lui incombe Ă  savoir garantir une distribution avec le moins de fuites. Faycal Taghlabi, Chef du dĂ©partement Performance RĂ©seau Eau Ă  Lydec, a prĂ©sentĂ© les actions menĂ©es par l’entreprise et visant Ă  rĂ©duire les pertes en eau. En effet, dans le contexte actuel de crise hydrique, Lydec a renforcĂ© ses Ă©quipes dĂ©diĂ©es Ă  la recherche des fuites d’eau et a augmentĂ©, de plus de 50%, le parc des dĂ©tecteurs acoustiques fixes des fuites pour atteindre 4.000 capteurs acoustiques.

AxĂ© sur l’amĂ©lioration de la performance du rĂ©seau d’eau potable, le plan d’action mis en Ɠuvre par l’entreprise a permis d’économiser plus de 10 millions de mÂł d’eau en 2023.

L’enjeu aujourd’hui est de prĂ©venir ces scĂ©narios d’opĂ©rations urgentes et de restrictions d’utilisation d’eau. Ceci passe par l’accĂ©lĂ©ration des investissements dans le secteur de l’eau. RĂ©fĂ©rence faite aux opĂ©rations Ă  moyen terme notamment les projets de stations de dessalement d’eau qui vont permettre au pays une capacitĂ© d’eau de 1 milliard de m3/an en 2030. 

Mais pas que. D’autres politiques efficaces et novatrices en matiĂšre de gestion de l’eau, basĂ©es sur la maximisation de sa valeur Ă©conomique, sont plus que jamais nĂ©cessaires. La définition de politiques publiques et de stratégies de gestion de l’eau fondées sur des principes économiques solides est cruciale. Cela inclut la mise en place de mécanismes incitatifs pour encourager l’innovation technologique et l’adoption de pratiques durables, ainsi que le développement de partenariats public-privé pour promouvoir les investissements dans les infrastructures hydrauliques et les initiatives de préservation de l’eau à l’échelle locale et régionale. La participation active de l’ensemble des acteurs économiques, y compris les entreprises et les industries, est essentielle.

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