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Actifs sous gestion : les ETF représenteront jusqu’à 3% des OPCVM en 2028

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L’introduction des ETF, lorsqu’elle est faite dans les règles de l’art, déclenche un engrenage vertueux pour l’ensemble de l’écosystème financier en améliorant l’attractivité du marché, en permettant une sophistication des acteurs et en accompagnant la montée en puissance de la gestion passive. Dans ce contexte, la problématique posée est pourquoi et comment l’introduction des ETF sur les marchés financiers marocains pourrait entretenir sinon renforcer la dynamique actuelle. La réponse avec BKGR.

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Après un certain retard, le Maroc s’apprête lui aussi à franchir cette étape majeure. La refonte récente du cadre juridique des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) consacrée par la loi n°03-25 ouvre la voie à l’introduction des ETF au sein du marché financier national.

L’arrivée des ETF à la Bourse de Casablanca intervient à une période charnière et devrait apporter un nouveau souffle à la place financière en renforçant la liquidité, en améliorant la profondeur des marchés actions et obligations et en élargissant la palette d’instruments disponibles tant pour les investisseurs locaux qu’internationaux.

Dans son Flash Strategy, BKGR rappelle que la promulgation de la loi 03-25 marque un tournant décisif pour le marché des capitaux marocain et l’industrie de la gestion d’actifs. Ce texte a pour ambition de moderniser l’écosystème en s’inscrivant dans une logique d’alignement avec les standards internationaux, via la diversification des produits financiers et le renforcement de la gouvernance des acteurs, visant ainsi à diversifier l’offre, attirer de nouveaux profils d’investisseurs et structurer davantage le marché marocain, préparant l’écosystème financier à une montée en gamme progressive.

Parmi ses avancées majeures, la loi introduit de nouvelles catégories de fonds dont les fonds indiciels cotés (ETF) qui offriront aux investisseurs un instrument supplémentaire, liquide et transparent grâce notamment (i) à la négociation en continu en bourse, à la publication d’une valeur liquidative indicative et à l’intervention obligatoire d’un market maker.

L’arrivée de ces produits vise à compléter l’offre déjà existante, notamment en OPCVM en répondant à des besoins spécifiques tel que l’exposition passive, l’allocation tactique ou encore le rééquilibrage de portefeuilles. L’introduction des ETF au Maroc, attendu depuis des années, constitue un tournant majeur pour l’industrie locale de la gestion d’actifs avec un impact globalement positif sur la dynamique des actifs sous gestion.

En effet, le marché marocain se caractérise encore par des taux de pénétration moyens des produits d’investissement collectifs aux alentours de 51% du PIB (vs. Plus de 100% dans les économies les plus avancés).

De ce fait, l’arrivée des ETF constitue un outil complémentaire de diversification, en apportant une exposition standardisée et réplicable mais ne se substituent pas à la gestion active qui reste essentielle pour capter la surperformance, gérer les cycles de marché et accompagner les investisseurs avec des stratégies adaptées.

D’après BKGR, l’on peut ainsi s’attendre à ce que les institutionnels intègrent les ETF en complément de leurs allocations existantes, contribuant ainsi à une expansion globale du marché plutôt qu’à une substitution.

À terme, le développement d’un marché plus profond et plus liquide, enrichi par les ETF pourrait attirer davantage d’investisseurs étrangers et renforcer l’ensemble de l’industrie de la gestion d’actifs au Maroc.

La diversification de l’offre s’inscrit ainsi dans une logique d’expansion globale, où chaque type de produit conserve une place complémentaire.

Ainsi, les ETF devraient agir comme un catalyseur de croissance pour l’ensemble du secteur, en s’adressant à des segments d’investisseurs parfois inexistants jusqu’ici, appuyés par une base domestique solide : L’actif net conséquent des OPCVM offre un réservoir crédible pour le seed et l’adoption indicielle, l’effet attendu n’est donc pas une cannibalisation mais bien une expansion du marché, soutenue à la fois par l’élargissement de la base d’épargnants, par l’amélioration de l’attractivité du marché financier marocain et par une meilleure intégration dans les flux d’investissement internationaux.

Quelles leçons retenir de l’expérience ETF des marchés émergents

Sur la base de benchmarks avec l’Afrique du Sud, le Nigéria et l’Égypte, BKGR note que l’expérience des marchés précurseurs montre que le succès des ETF repose sur trois leviers à savoir la simplicité du produit initial, la liquidité garantie dès le lancement et une infrastructure robuste pour la création/rachat.

Cela implique des teneurs de marché actifs, un panier composé de titres liquides et des process sans friction.

De plus et afin de stimuler l’adoption de ce nouveau produit, le ratio TER mesurant les coûts totaux associés à la gestion et à l’exploitation d’un fonds d’investissement doit rester compétitif à l’image du marché sud-africain où le TER se situent entre 0,65% et 0,85%.

L’exemple nigérian rappelle que la liquidité et la confiance réglementaire sont déterminantes tout comme la capacité à diversifier l’offre au-delà d’un seul indice. Si le Maroc attire un socle institutionnel et développe des ETF thématiques ou indiciels robustes, il devrait pouvoir éviter les écueils observés au Nigeria et se rapprocher du modèle sud-africain plus mature et plus liquide. Le Maroc pourrait ainsi introduire les ETF dans un marché en modernisation mais si la base d’investisseurs particuliers demeure limitée en représentant uniquement 8,2% des encours totaux des OPCVM.

Toutefois, la forte évolution de la part des PP dans le volume drainé sur le Marché action (près de 30% en 2025 contre 10% seulement en 2023) illustre parfaitement l’engouement retrouvé de cette catégorie d’investisseurs pour les marchés financiers et pourrait présager de l’intérêt de ces derniers pour ce nouvel instrument grandement adapté à leurs besoins.

De son côté, l’expérience sud-africaine montre que la réussite passe par une infrastructure technologique solide, une éducation financière ciblée et une offre diversifiée incluant des thématiques mondiales et ESG.

Les initiatives comme celle de la plateforme de trading ETFSA proposant des cours d’éducation financière démontre l’importance de sensibiliser les investisseurs particuliers et institutionnels aux avantages et aux mécanismes des ETFs.

Un cadre réglementaire stable est également indispensable avec des aspects juridiques, fiscaux et de change transparents et pérennes. Enfin, la progression doit être graduelle avec l’introduction d’un premier produit indiciel simple avant d’élargir progressivement la gamme à d’autres sous-jacents tels que les obligations ou les matières premières afin d’accompagner la montée en sophistication du marché sans brusquer les investisseurs.

Plus globalement, l’impact d’un ETF répliquant le MASI 20 dépend avant tout de la capacité à générer des flux significatifs vers le panier et à activer le mécanisme de transmission, soutient BKGR.

Les ordres de grandeur montrent que seule une montée en puissance réelle en encours et en turnover permet de modifier le régime de liquidité et d’améliorer la qualité d’exécution. Un lancement crédible doit donc sécuriser dès le départ un socle institutionnel et un dispositif de tenue de marché robuste pour ancrer la confiance et stimuler les volumes.

À moyen terme, la réussite se mesurera à la régularité du turnover, à la compression des spreads et à la fluidité du processus de création/rachat, conditions nécessaires pour que l’ETF devienne un vecteur durable de profondeur et d’efficience sur la Place Casablancaise conditionné par le lancement de plusieurs types d’ETF qui viennent étoffer celle sur le MASI 20. Le sentiment des professionnels du marché financier demeure résolument optimiste quant au potentiel de développement des ETF domestiques.

Selon les estimations de BKGR, l’encours des ETF devrait permettre, dans un premier temps, de créer un nouveau marché avec un encours de gestion de 5 Mds de DH à 10 Mds de DH (environ 1% de l’encours des OPCVM) avant d’atteindre les 25 Mds de DH en 2028 (entre 2% et 3% des actifs sous gestion) et dépasser les à plus long terme 50 Mds de DH (soit plus de 5% de l’actif sous gestion).

 

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