Les argentiers du G7 à la recherche de l’unité avant la clôture

Quelques heures avant la fin du G7 Finances, jeudi au Canada, les ministres ont cherché à minimiser leurs dissensions concernant l’économie et le soutien à l’Ukraine. Un communiqué commun semble incertain depuis le retour au pouvoir de Donald Trump qui a entrainé des ruptures.
À quelques heures de la fin de la rencontre jeudi, la probabilité d’aboutir à un communiqué commun semblait toutefois incertaine, d’après les premiers échos des réunions communes et des rencontres bilatérales. La présidence canadienne a fixé comme priorités du G7 Finances de « restaurer la stabilité et la croissance » et de renouveler un soutien sans faille à l’Ukraine. Un défi pour les grands argentiers et les banquiers centraux du club des économies avancées alors que le président américain remet en question le multilatéralisme, s’est rapproché de Moscou et menace le monde d’un ralentissement économique général.
Toutefois, selon une source au cœur des négociations, des membres sont prêts à y renoncer si cela génère une nouvelle source de crispation avec les Américains. Cherchant à voir le verre à moitié plein, une source européenne qui participe aux discussions a estimé que la présence de Bessent est en soi un signe « positif ». « Au moins, les Américains restent engagés dans le système multilatéral, même si on n’est clairement pas d’accord sur les droits de douane », selon cette source. Le Japon, par la voix de son ministre des Finances Katsunobu Kato, a redit aux Américains que « les droits de douane étaient extrêmement regrettables » et que cette politique « n’était pas adéquate pour régler les déséquilibres dans les échanges commerciaux ».
Face aux Américains. Ce G7 Finances est considéré comme un test de cohésion au moment où les coups de canif de Washington dans la mondialisation perturbent les chaînes d’approvisionnement, risquent de peser sur la croissance et d’entraîner de nouvelles hausses des prix. Il s’agit aussi d’une répétition à moins d’un mois du sommet qui réunira les dirigeants des pays du G7, également dans les Rocheuses canadiennes, du 15 au 17 juin. Le Canada recevra Donald Trump pour la première fois depuis son retour au pouvoir alors qu’il ne cesse de répéter qu’il rêve d’annexer son voisin du nord.
Face aux États-Unis, Européens et Canadiens ont mis en avant leur proximité. « Il y a un alignement presque parfait entre nos visions sur ce qu’on doit faire », a ainsi vanté Champagne au début d’un entretien avec son homologue français Eric Lombard. L’absence de déclaration formelle de soutien à l’Ukraine serait sûrement une déception pour le pays qui est l’invité exceptionnel de cet événement, pour envoyer un « message fort au monde ». Le ministre ukrainien des Finances Sergii Marchenko ne s’est pas exprimé mercredi à l’issue de la réunion qui était consacrée à son pays. La ministre britannique des Finances Rachel Reeves a dit à ses homologues qu’il était « temps d’accentuer la pression sur (le président russe Vladimir Poutine ». (Avec l’opinion.fr)

