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Assurances

Assurance en Afrique : il faut élargir le champ des assurances obligatoires

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Ecrit par S. Es-Siari I

C’est de cette manière que le secteur des assurances africain pourrait se développer et se prendre en main. Le continent pourrait également améliorer son chiffre d’affaires ou primes émises et réduire le poids inquiétant de son endettement. Dans les pays développés, il existe plus de 50 couvertures obligatoires au moment où en Afrique, au meilleur des cas, on y trouve cinq couvertures obligatoires tout au plus.

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La 49e Assemblée de la FANAF tenue à Marrakech, la cité ocre du 22 au 26 février sous le thème :   » Quels leviers pour un développement inclusif et durable de l’assurance en Afrique ?  » se veut une occasion pour les assureurs et réassureurs de définir une feuille de route pour le continent, une occasion de se prendre en main pour faire face à la recrudescence des risques de pointe.

Les intervenants sont unanimes quant au lien étroit entre le développement économique et celui de l’assurance.  Et pour cause : l’assurance constitue un filet de sécurité pour les populations et un solide levier de la croissance économique pour les pays du continent. Toutefois le secteur continue à faire face à de nombreux défis.

L’Afrique est certes plurielle mais les enjeux du secteur sont les mêmes : des taux de pénétration assez faibles, au-dessous des normes internationales, des risques qui changent constamment et des technologies qui évoluent très vite.

La faible pénétration de l’Assurance en Afrique subsaharienne constitue l’un des principaux obstacles au développement du secteur. Cette situation est souvent la résultante d’une méconnaissance des produits d’assurance et d’un manque de confiance envers les assureurs, entravant ainsi les initiatives de sensibilisation. La méfiance et la perception négative des assureurs contribuent à l’hésitation des populations à souscrire à des polices d’assurance. Les antécédents de fraudes ou de non-paiement des sinistres alimentent cette méfiance, engendrant un manque de confiance envers un système qui pourrait pourtant apporter des bénéfices substantiels en matière de sécurité financière.

Comme l’a si bien dit Mohamed Bensalah, président de la FMA : « notre premier défi, en tant qu’assureurs, est de développer une véritable culture de l’assurance. La proximité avec nos assurés reste essentielle pour cela ».

Autre faiblesses et pas des moindres : l’hétérogénéité des marchés de l’assurance au sein du continent en termes de poids et maturité : Afrique du Sud : 68,3 % des primes émises en 2023 ; Maghreb : 18,4% des primes émises en 2023. On note par ailleurs un déficit de protection des industries du fait des faibles capacités des compagnies d’assurances (fonds propres), le déficit d’éducation sur l’assurance, la conservation nette reste marginale en réassurance et la rétrocession est bien souvent externalisée.

Ajoutons à cela les menaces qui planent comme une épée de Damoclès : les risques émergents qui pointent (climatiques, cyber, fraude…), les faibles sanctions des cas de fraude et la corruption dans l’assurance, la délocalisation des grands risques se traduisant par la limitation des fonds propres des réassureurs africains.

Rendre des assurances obligatoires : le meilleur moyen de développer le secteur

A ce titre, les pouvoirs publics ont un rôle clé à jouer, notamment en instaurant des couvertures obligatoires pour mieux sécuriser les individus et les entreprises. Certaines assurances, comme la Multirisque Habitation ou la Responsabilité Civile Professionnelle pour les secteurs à risques, doivent devenir des standards incontournables.

Cette hypothèse est partagée par l’ensemble des intervenants qui plaident pour rendre des couvertures obligatoires. C’est de cette manière que le secteur des assurances africain pourrait se développer et se prendre en main. le contient pourrait également améliorer son chiffre d’affaires ou primes émises et réduire le poids de son endettement.

Dans les pays développés, il existe plus de 50 couvertures obligatoires au moment où en Afrique, au meilleur des cas, on y trouve au plus cinq couvertures obligatoires.

Ce tableau aussi sombre ne doit pas occulter les atouts existants. Nous pouvons citer à cet effet : la croissance continue en Afrique, le dividende démographique, la forte urbanisation… et une population jeune : 75% a moins de 30 ans.

Dans pareil contexte, les compagnies d’assurance ont pour mission d’innover et d’élargir la couverture des acteurs économiques et renforcer la protection des citoyens y compris les plus fragiles. D’où l’enjeu de développer la micro-assurance ou l’assurance inclusive qui n’est plus une option mais une priorité pour le marché africain.

Parmi les autres leviers à actionner pour relever ces défis de grande ampleur, les intervenants ont mis l’accent sur l’éducation, l’innovation, la sensibilisation, l’utilisation optimale des NTI et faire du régulateur un véritable acteur de développement.

L’Afrique de demain est une Afrique forte, résiliente et unie. Le secteur des assurances a un énorme challenge à relever, celui de l’accompagner dans cette trajectoire de croissance et de protéger la population et le tissu économique, acteurs importants du développement.

Seule une approche collective, qui favorise la convergence des marchés et l’harmonisation des cadres réglementaires, permettra de relever ce défi et de bâtir une assurance africaine innovante et tournée vers l’avenir.

Il est temps d’adopter une vision plus ambitieuse et de tracer la voie vers un marché unique de l’assurance en Afrique. Le continent dispose d’atouts pour y parvenir : une jeunesse dynamique, une transformation digitale maitrisée et des marchés en pleine expansion. Une chose est cependant sûre : l’Afrique doit tracer son propre chemin, en façonnant un modèle adapté à ses enjeux et à sa culture.


Lire également : [Entretien] Assurance en Afrique : Bachir Baddou prône la convergence de la réglementation dans le continent

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