Balance commerciale : quand les services et le tourisme sauvent la mise de l’économie marocaine

Les derniers indicateurs mensuels de la balance commerciale publiés par l’Office des Changes dressent un portrait contrasté mais résilient de l’économie marocaine à fin juillet 2026. Si le commerce de marchandises subit un net creusement de son déficit, le dynamisme historique des exportations de services et l’attractivité financière du Royaume viennent contrebalancer la donne.
Le commerce de marchandises sous pression
À fin juillet 2026, l’activité d’échange des biens affiche une nette accélération des flux, mais révèle un déséquilibre persistant. Les importations ont bondi de 15,9 % pour atteindre 544.045 MDH, portées par une demande interne soutenue et l’achat de biens d’équipement et de consommation. En face, les exportations affichent une croissance plus timide de 8,4 %, s’établissant à 299.349 MDH.
Ce décalage de rythme entraîne mécaniquement un élargissement du déficit commercial de 26,5 %, qui s’établit désormais à -244.696 MDH. Corollaire direct de cette tendance, le taux de couverture recule de 3,8 points, illustrant la dépendance du pays vis-à-vis de certains approvisionnements extérieurs.
Heureusement, le modèle économique marocain peut compter sur son secteur des services pour amortir le choc. Les exportations de services ont bondi de 13,1 %, franchissant la barre symbolique des 193,4 milliards de dirhams.
Le tourisme, véritable moteur de cette performance, confirme son excellente santé : les recettes de l’activité voyages grimpent à 79.009 MDH, dégageant un solde excédentaire robuste de +59.086 MDH (en hausse de 8.002 MDH sur un an). Grâce à ces performances, l’excédent global de la balance des services progresse de 13,2 % pour atteindre +95.479 MDH.
Au-delà des flux de marchandises, d’autres indicateurs clés de la note de l’Office des Changes rassurent quant à la solidité financière globale du pays :
- Recettes MRE: Les transferts des Marocains résidant à l’étranger maintiennent leur tendance haussière avec une progression de +8,1 %.
- Investissements Directs Étrangers (IDE): Le Royaume confirme son statut de terre d’accueil privilégiée avec une hausse spectaculaire de +58,5 % des flux d’IDE, témoignant de la confiance à long terme des investisseurs internationaux.
Vers une transformation structurelle
Bien que le déficit de la balance commerciale des biens reste un point de vigilance pour les équilibres macroéconomiques, le Maroc compense astucieusement par sa compétitivité dans les services et l’attractivité de son écosystème d’affaires. L’entrée en vigueur récente de l’Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC 2026) devrait continuer d’accompagner cette dynamique de libéralisation et de simplification des flux pour soutenir les opérateurs économiques nationaux.
