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Economie

Chimie et para-chimie : ces écueils qui brident les potentialités du secteur (C. Alj)

secteur chimie

Le secteur de la Chimie est aussi central pour le positionnement du Maroc en tant que leader en matière d’énergies vertes et de développement durable. Toutefois, les défis à relever sont importants. Les détails avec C. Alj, président de la CGEM.

La 3ème édition du forum international de la Chimie s’est tenue ce 21 mai à Rabat. Le leitmotiv est  d’échanger autour d’un secteur à la fois historique et porteur d’avenir pour notre économie. Cette industrie est  l’un des piliers fondamentaux de notre économie. C’est un secteur central qui irrigue nos chaînes de valeur industrielles, alimente notre agriculture, notre santé, notre construction, notre textile, et qui joue un rôle déterminant dans nos ambitions de souveraineté industrielle et énergétique.

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Dans son allocution. à l’occasion de cette 3e édition, le président de la CGEM, Chakib Alj a exposé les fondamentaux de cette industrie : avec un poids de 25% dans le PIB industriel et plus de 20% de nos exportations, le secteur de la Chimie marocain est essentiel dans notre économie. Il joue aussi un rôle majeur dans l’emploi avec 180 000 emplois directs et indirects de qualité. Au-delà de son importance, la particularité du secteur de la Chimie est son rôle de catalyseur de l’industrie et sa capacité à rendre possibles les ambitions que notre pays s’est fixés. « Sa Majesté Mohammed VI que Dieu l’assiste, nous a fixé un objectif clair de souveraineté industrielle », rappelle à juste titre C. Alj.

Réduire notre dépendance aux importations sous-entend une industrie chimique forte, qui permet de fournir les intrants et les commodités nécessaires aux autres industries.

Ce sont, par ailleurs, les entreprises du secteur qui sont en charge du développement de procédés innovants pour optimiser par exemple les extractions de minerais critiques de nos sols, à un moment où le sujet est de plus en plus stratégique pour tous les pays du monde.

‘Pour que cela soit possible, nous avons besoin d’appuyer encore plus la recherche et développement pour tous les secteurs industriels, y compris celui de la Chimie. L’innovation est la condition nécessaire à notre montée en gamme industrielle et le fonds Tatwir R&D, bien que doté de 300 millions de dhs annuel, doit être renforcé, et son accès et modalités de remboursement facilités pour les entreprises », explique le président de la CGEM.

Dans la foulée, il liste les défis à relever et qui sont nombreux.

« Nous avons aussi besoin de mettre à jour notre règlementation. La législation qui encadre les entreprises du secteur est ancienne avec des textes qui datent parfois du début du siècle dernier. Cette règlementation est, en 2025, un frein au développement des entreprises du secteur.

Enfin, nous avons besoin de renforcer notre capital humain.

La refonte de la formation professionnelle est impérative et urgente si nous voulons permettre les passerelles vers les filières d’avenir. Aujourd’hui seulement 1% des entreprises qui cotisent en bénéficient. C’est une anomalie du système qui ne peut plus durer », annonce C. Alj.

Le secteur de la Chimie est aussi central pour le positionnement du Maroc en tant que leader en matière d’énergies vertes et de développement durable.

Grâce à Sa Majesté que Dieu l’Assiste, notre pays est déjà une référence dans les énergies renouvelables. Avec 45% de capacité installée en renouvelables et un objectif 2030 qui sera atteint dès 2027, notre pays a su profiter de ses ressources abondantes en éolien et en solaire.

Le prochain défi est l’hydrogène vert.

Et nous ne parlons pas d’un avenir lointain. Nous sommes l’un des pays les plus prometteurs au monde en termes de production de cette énergie et nous avons la capacité de produire 4% de la demande mondiale dès 2030.

Les possibilités qu’offre cette énergie pour répondre aux défis du transport maritime et aérien ainsi qu’à l’industrie lourde attirent naturellement des investissements de partout dans le monde qui se comptent en dizaines de milliards de dollars. Notre secteur de la chimie devra accompagner notre montée en puissance sur

l’hydrogène vert, que ce soit en fournissant les outils nécessaires à sa production ou en le transformant en aval de la chaine de valeur.

Par ailleurs, selon Alj, le Maroc continue à développer l’écosystème des batteries, qui a déjà attiré des investissements massifs de dizaines de milliards de dhs, et pour lequel le secteur de la Chimie est producteur de composants essentiels. En développant cet écosystème, il la capacité de fournir au monde, et en particulier à l’Europe, la solution à la mobilité durable.

En réussissant ces défis, le secteur de la Chimie pourrait radicalement changer le positionnement de notre pays dans le monde. Le développement de l’hydrogène vert pourrait nous faire intégrer le cercle très fermé des exportateurs nets d’énergie. Les implications géopolitiques de cette nouvelle donne seraient profondes.

Par ailleurs, les exportations et les IDE, qui sont déjà à un niveau exceptionnel avec près de 45 milliards en 2024, ne peuvent que se développer avec ces perspectives. Attirer plus d’investissements étrangers et améliorer nos exportations pourrait nous permettre d’accélérer la convertibilité du dirham ce qui a aussi des implications fortes.

L’industrie chimique marocaine est à un tournant. Elle détient, sans doute plus que les autres secteurs industriels, les clés d’une nouvelle souveraineté industrielle et énergétique pour le Maroc.

Elle est l’interface entre les ressources de notre pays et les solutions concrètes aux défis industriels, économiques et énergétiques.

« Je suis persuadé que nous pouvons faire de notre industrie chimique un champion régional de la transition énergétique, un vecteur de souveraineté industrielle, et un levier de prospérité pour les générations futures. Pour cela, nous avons besoin de nous mobiliser et de lever un certain nombre d’obstacles en bonne intelligence avec les pouvoirs publics, comme nous l’avons toujours fait jusqu’à présent », conclut C. Alj.

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