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Economie

Courgette : la France cale, le Maroc observe — chronique d’un marché sous tension

courgettes

Sur les étals français, la courgette se fait plus rare et plus chère. À la mi-2025, le marché hexagonal donne des signes de fatigue, rattrapé par une météo capricieuse et un climat de morosité économique.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à peine 129.800 tonnes attendues en France cette saison, soit une baisse de 9 % par rapport à 2024, et une chute de 21 % comparé à la moyenne des cinq dernières années d’après Agreste. Pourtant, les surfaces cultivées ont légèrement progressé, frôlant les 4.300 hectares. Mais voilà : pluies persistantes, froid persistant et ciel voilé ont miné les rendements, notamment dans les régions clés du Languedoc-Roussillon et de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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« La plante n’a pas eu le temps de se développer correctement, les premières fleurs ont avorté », confie un producteur de la vallée du Rhône. Résultat : une campagne tronquée avant même d’avoir démarré.

Un marché désorienté, des prix en chute libre

À cette production en berne s’ajoute un autre coup dur : les prix. Le mois de mai a été marqué par une dégringolade historique — les cours ont plongé de 31 % par rapport à l’an dernier. En cause, une météo fraîche qui a détourné les consommateurs des légumes d’été. Sur les marchés de gros, les cageots s’empilent sans trouver preneur.

Cette pression sur les prix touche de plein fouet les producteurs français, qui doivent faire face à une hausse des coûts de production (énergie, transport, emballage), sans pouvoir répercuter ces hausses sur le prix final.

L’équation commerciale se complique

Dans ce contexte tendu, les échanges extérieurs confirment le malaise. Les exportations françaises se contractent (-7 %), tandis que les importations, elles, gonflent de 6 %. Le déficit commercial grimpe à 64 200 tonnes pour les quatre premiers mois de l’année. Un signe clair : la France peine à satisfaire sa propre demande.

Le Maroc peut-il tirer son épingle du jeu ?

Ce déséquilibre, s’il fragilise les producteurs français, fait naître de nouvelles perspectives pour les exportateurs marocains. Avec une position géographique avantageuse, des infrastructures modernisées et un savoir-faire horticole reconnu, le Maroc dispose d’atouts majeurs pour s’imposer, surtout en période de creux de production européenne. Les parts de marchés sont déjà là mais le potentiel semblerait encore plus radieux si l’on en croit les perspectives de production en France.

Les opportunités sont là, mais elles exigent une approche fine et agile : nouer des liens solides avec les acheteurs français, ajuster les calendriers de production, valoriser les pratiques durables… autant d’axes à creuser pour inscrire cette progression dans la durée.

Car derrière les courbes de production et les indices de prix, se dessine une réalité plus vaste : celle d’un marché en mutation, de plus en plus sensible aux aléas climatiques et aux stratégies commerciales régionales. Le Maroc, en partenaire avisé, pourrait bien y jouer un rôle de premier plan. (Avec AgriMaroc)

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