Couverture assurantielle : les compagnies et insurtech doivent œuvrer pour une synergie optimale

Ecrit par Imane Bouhrara I
La faible pénétration de l’assurance en Afrique (moins de 3%) rappelle plus que jamais l’importance de l’innovation et du digital pour améliorer l’accès à la couverture assurantielle. Le système assurantiel classique gagne à explorer l’opportunité qu’offrent les insurthech pour un écosystème innovant et resillent. La deuxième édition du Sommet BimaLab Africa Insurtech à Rabat, était l’occasion de découvrir les dernières innovations technologiques et leur impact sur le secteur des assurances en faveur de l’inclusion financière.
L’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS) et FSD Africa ont réuni acteurs clés du secteur des assurances, notamment des régulateurs, des entreprises d’assurances, des investisseurs, des partenaires de l’écosystème assurantiel et des Insurtech lors de la deuxième édition du Sommet BimaLab Africa Insurtech.
L’événement organisé ce jeudi 31 octobre 2024 à Rabat, sur la thématique « favoriser la croissance inclusive : des solutions Insurtech pionnières pour le secteur financier africain » a été l’occasion pour Nadia Fettah, ministre de l’Economie et des Finances de rappeler le rôle déterminant que joue le secteur des assurances dans la promotion de l’inclusion financière au Maroc.
« En effet, ce secteur a connu plusieurs avancées au cours des dernières années ayant permis de renforcer son rôle stratégique dans le développement socio-économique. Il est en première ligne pour répondre aux besoins de la population en matière de sécurité et de résilience. À titre d’exemple, lors du séisme d’Al Haouz, ce secteur a soutenu les actions déployées par les pouvoirs publics, en apportant une assistance efficace aux assurés, contribuant, ainsi, aux efforts de solidarité nationale », souligne-t-elle.
Néanmoins, des attentes encore plus grandes reposent sur ce secteur pour répondre aux besoins croissants de protection et de sécurité financière en vue de combler les écarts de protection et d’offrir une couverture accessible et adaptée aux besoins de tous. « Aujourd’hui plus que jamais, le secteur est appelé à développer sa capacité à anticiper les changements futurs en s’appuyant sur des stratégies concrètes et novatrices.
Cela implique de déployer davantage d’efforts de la part de toutes les parties prenantes pour développer un environnement favorable à l’émergence et à la croissance des entreprises innovantes. Par conséquent, il est essentiel de mobiliser des ressources financières substantielles, non seulement pour soutenir l’innovation mais aussi pour garantir un écosystème où chaque initiative porteuse de progrès trouve les moyens de se réaliser pleinement », affirme Nadia Fettah.
Et c’est précisément dans ce cadre que les solutions insurtech se révèlent être des leviers importants en combinant les avancées technologiques et les services financiers, facilitant, ainsi, l’accès aux produits d’assurance et contribuant au renforcement de l’inclusion financière, ajoute la ministre. Les insurtech apparaissent comme des moteurs clés pour offrir des services d’assurance plus accessibles, plus personnalisés, et plus résilients. Cette réinvention du secteur est essentielle pour répondre aux attentes croissantes des populations.
Même son, de cloche du côté de Abderrahim Chaffai, président de l’ACAPS qui souligne que la dynamique démographique que connaît notre continent, couplée à une urbanisation accélérée, ouvre des perspectives de développement inédites pour de nombreux secteurs économiques, dont celui des assurances. Le potentiel de ce secteur s’avère en effet considérable, comme en atteste le taux de pénétration de l’assurance en Afrique qui reste faible, inférieur à 3 % (2,4 % en 2022 contre 2,7 % en 2021) dans l’ensemble du continent.
Ainsi, il devient impératif de moderniser le secteur pour lui permettre de jouer pleinement son rôle socio-économique.
« L’assurance, bien que plus lente à intégrer ces changements, n’a d’autre choix que d’adopter des solutions innovantes pour rendre l’assurance plus accessible et plus inclusive, notamment pour les populations rurales ou à faible revenu. Il va sans dire que cette transformation ne se limite pas aux opérateurs établis, mais elle englobe également la nécessité de créer des startups qui réinventent le modèle économique traditionnel de l’assurance pour des besoins spécifiques », soutient le président de l’ACAPS.
« A ce titre, il faudrait juste trouver une synergie optimale entre le système assurantiel « classique » et les Insurtech, afin que l’écosystème tire parti des atouts de chacun pour une complémentarité bénéfique à l’ensemble du secteur », estime-t-il.
En outre, il est essentiel que cette transformation numérique s’accompagne d’une véritable éducation financière. Il s’avère en effet nécessaire de renforcer la confiance des populations envers les assureurs, car la méfiance reste l’un des obstacles majeurs à la pénétration du marché. Les entreprises d’assurances doivent œuvrer à offrir des produits adaptés aux nouveaux besoins des consommateurs et améliorer l’expérience client. Et c’est justement là que les insurtech pourraient intervenir, en apportant des solutions technologiques novatrices qui permettent de mieux répondre aux attentes des consommateurs, tout en renforçant l’efficacité et la transparence des services proposés par les assureurs, insiste le président de l’ACAPS.
Au Maroc, les pouvoirs publics continuent de déployer des efforts considérables et constants pour stimuler une croissance inclusive et encourager les initiatives novatrices. Ils œuvrent également à établir un cadre juridique équilibré, favorisant l’innovation tout en assurant la protection des consommateurs, permettant ainsi au secteur des assurances, ainsi qu’à l’ensemble des secteurs économiques et financier, de jouer pleinement leurs rôles socio-économiques et de contribuer activement au développement durable du pays, rappelle pour sa part Nadia Fettah.
Dans ce sens la 2e édition du Sommet BimaLab Africa Insurtech a exploré comment les technologies innovantes peuvent contribuer à stimuler une croissance économique inclusive et à élargir l’accès à l’assurance et à des services financiers abordables sur le continent.
Le Sommet a pour objectif de mettre également en avant des solutions innovantes développées par 25 insurtech issues de 16 pays africains ayant complété avec succès le programme d’accélération BimaLab Africa 2024.
Au Maroc, BimaLab a accompagné depuis 2023 quatre insurtech innovantes en matière de lutte contre les risques cyber, de micro-assurance et de technologie de la santé. BimaLab a également travaillé en étroite collaboration avec l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale pour intégrer l’innovation dans le cadre réglementaire.
Par ailleurs, il convient de noter qu’en plus des échanges techniques, ce sommet a abordé l’importance des partenariats stratégiques entre les Insurtech, les entreprises d’assurances et les institutions financières afin de créer un écosystème propice à une croissance durable et inclusive. Il vise aussi à discuter les stratégies et politiques destinées à accroître l’inclusion financière à travers des solutions assurantielles innovantes, tout en garantissant la protection des consommateurs.
