Croissance au Maroc : 3,8 % en 2025-26 (BAD)

Le rebond de la croissance au Maroc sera soutenu par l’augmentation des recettes du tourisme et les importants flux d’investissements directs étrangers (IDE) qui devraient accroître la production industrielle et la croissance des exportations, selon la BAD.
La performance économique des pays africains montre des signes d’amélioration mais reste vulnérable aux chocs mondiaux, selon l’édition 2025 du rapport « Performances et Perspectives macroéconomiques de l’Afrique » (MEO) publié par la Banque africaine de développement (BAD). Quelque 12 des 20 économies à la croissance la plus rapide au monde seront africaines.
En Afrique du Nord, la croissance réelle du PIB devrait passer d’environ 2,7 % en 2024 à 3,9 % en 2025 et 4,2 % en 2026, grâce au rebond de la croissance en Libye, en Égypte et au Maroc.
Pour le Royaume, la reprise de la production agricole après des années de conditions climatiques défavorables devrait donner un fort coup de fouet à l’économie, et la croissance réelle du PIB devrait passer d’environ 2,9 % en 2024 à une moyenne de 3,8 % en 2025-26.
Le rebond de la croissance au Maroc sera soutenu par l’augmentation des recettes du tourisme et les importants flux d’investissements directs étrangers (IDE) qui devraient accroître la production industrielle et la croissance des exportations, et par la hausse prévue des investissements associés aux projets d’infrastructures pour la Coupe du monde de football 2030, qui sera organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, selon le rapport de la BAD.
Selon la même source, le Maroc figure parmi les pays ayant une inflation relativement faible (1,8% en 2025-26) et qui pourraient envisager de réduire encore davantage leurs taux d’intérêt.
Dans le même sillage, le rapport relève que malgré les difficultés rencontrées en 2023, les conditions d’investissement
internationales se sont améliorées dans un contexte d’atténuation des perturbations de l’offre et de ralentissement du resserrement de la politique monétaire vers la seconde semestre de l’année dans les pays avancés.
Cela a soutenu les entrées d’investissements de portefeuille, notamment dans les économies de marché frontalières telles que le Nigéria (6,2 milliards de dollars), le Ghana (2,5 milliards de dollars) et le Maroc (2,4 milliards de dollars). Le Nigéria a maintenu des entrées nettes positives depuis 2021, ce qui a été essentiel pour contenir l’affaiblissement du naira. Le Ghana et le Maroc ont fait la transition d’entrées nettes négatives à des entrées nettes positives.
Ces tendances mettent en évidence la sensibilité des décisions d’investissement de portefeuille non seulement aux changements des conditions financières mondiales mais aussi aux fondamentaux nationaux.
Sur un autre registre, au Maroc, le ratio des recettes fiscales s’élevait à 21,0 % du PIB, ce qui reflète les bénéfices de plusieurs réformes fiscales, notamment la simplification des procédures fiscales, l’élargissement de l’assiette fiscale et l’amélioration de l’administration fiscale, soutient-on.
Selon le rapport, en matière d’accélération des réformes politiques pour encourager le transfert de technologie entre les entreprises étrangères et locales, l’expérience du Maroc offre des enseignements pertinents. S’appuyant sur des investissements importants au milieu des années 2000, notamment dans les infrastructures de transport et de logistique, le pays s’est lancé dans une stratégie industrielle axée sur l’exportation – le Plan d’accélération industrielle 2014-2020 – qui visait à accroître la participation du pays aux chaînes de valeur mondiales à forte intensité technologique.
Le développement de pôles industriels et logistiques autour des infrastructures de classe mondiale du maroc, complété par des politiques visant à inciter les entreprises manufacturières à délocaliser leurs opérations vers ces pôles, a facilité des investissements substantiels par les grands groupes automobiles et les fabricants de composants automobiles, contribuant à la part du secteur manufacturier dans les investissements directs étrangers passant de 15 % en 2010 à 37 %
en 2019.
Le Maroc est désormais le premier producteur et exportateur africain de voitures, la valeur ajoutée manufacturière représentant 15 % du produit intérieur brut du pays en 2023.
