đšCroissance au Maroc : la Banque mondiale table sur 3,1% en 2024

Le dernier rapport des perspectives Ă©conomiques de la Banque mondiale prĂ©voit un taux de 3,1 % en 2023 et 3,3 en 2025 pour le Maroc dans un contexte oĂč l’Ă©conomie mondiale est en passe de rĂ©aliser sa plus faible performance sur cinq annĂ©es depuis 30 ans.

Alors que le monde est Ă mi-parcours de ce qui devait ĂȘtre une dĂ©cennie dĂ©cisive pour le dĂ©veloppement, son Ă©conomie devrait enregistrer un triste record d’ici fin 2024 : la plus faible croissance du PIB sur une demi-dĂ©cennie depuis 30 ans, ainsi que le rĂ©vĂšlent les derniĂšres Perspectives Ă©conomiques mondiales publiĂ©es par la Banque mondiale.
Le reÌcent conflit au Moyen-Orient a amplifieÌ lâincertitude geÌopolitique et politique dans la reÌgion Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) et freineÌ le tourisme, en particulier dans les pays voisins. La reÌgion eÌtait deÌjaÌ en proie aÌ de multiples difficulteÌs, notamment des baisses de la production peÌtrolieÌre, une inflation eÌleveÌe et une activiteÌ limiteÌe du secteur priveÌ dans les eÌconomies importatrices de peÌtrole. La croissance de la reÌgion MENA a fortement ralenti en 2023 pour sâeÌtablir aÌ 1,9 %.
Dans les pays exportateurs, le secteur peÌtrolier sâest nettement affaibli en raison des reÌductions de la production. Selon les estimations, la croissance des pays membres du Conseil de coopeÌration du Golfe (CCG) a fortement chuteÌ en 2023, du fait de la baisse de la production peÌtrolieÌre qui a plus que neutraliseÌ la vigueur de lâactiviteÌ du secteur non peÌtrolier. Dans les autres pays exportateurs de peÌtrole, la croissance a repris dans ceux qui ont eÌteÌ exempteÌs de lâaccord de reÌduction de la production de lâOPEP.
La croissance des importateurs de peÌtrole a aussi quelque peu fleÌchi lâanneÌe dernieÌre, refleÌtant lâaneÌmie de lâactiviteÌ du secteur priveÌ. Lâinflation alimentaire est resteÌe reÌsolument eÌleveÌe, tandis que dâimportantes deÌpreÌciations moneÌtaires ont accentueÌ lâinflation globale. En EÌgypte, on estime que la croissance sâest ralentie au cours de lâexercice 2022/2023 (juillet 2022 aÌ juin 2023) en raison des restrictions aÌ lâimportation, de la baisse du pouvoir dâachat des meÌnages et de lâatonie de lâactiviteÌ des entreprises. En revanche, les estimations font eÌtat dâune reprise de la croissance au Maroc graÌce au redressement du secteur agricole, et ce malgreÌ le tremblement de terre survenu en septembre.
Perspectives : Le conflit au Moyen-Orient accroiÌt lâincertitude des preÌvisions. En supposant quâil ne sâaggrave pas, la croissance dans la reÌgion MENA devrait remonter aÌ 3,5 % en 2024 et 2025. Les preÌvisions ont eÌteÌ revues aÌ la hausse par rapport aÌ ce qui eÌtait attendu en juin, compte tenu dâune croissance plus forte que preÌvu parmi les exportateurs de peÌtrole, soutenue par le rebond de lâactiviteÌ de ce secteur.
Dans les pays du CCG, la croissance devrait atteindre 3,6 % en 2024 et 3,8 % en 2025. En Arabie saoudite, la croissance devrait repartir aÌ la hausse en raison dâune augmentation de la production et des exportations de peÌtrole du pays, en deÌpit dâune prolongation des baisses volontaires de la production sur cette anneÌe. Parmi les autres exportateurs, la hausse de la production de peÌtrole reÌsultant de lâassouplissement des mesures de reÌduction deÌbut 2024 devrait contribuer aÌ une croissance plus rapide en AlgeÌrie et en Iraq.
Chez les importateurs de peÌtrole, la croissance devrait sâeÌtablir aÌ 3,2 % cette anneÌe et aÌ 3,7 % en 2025. Elle progressera dans certaines eÌconomies, en particulier Djibouti, le Maroc et la Tunisie, mais les pays plus proches geÌographiquement du conflit en subiront davantage les reÌpercussions. En ce qui concerne lâEÌgypte, le conflit risque dâexacerber lâinflation, de freiner lâactiviteÌ du secteur priveÌ et dâintensifier les pressions sur les comptes exteÌrieurs aÌ cause de la baisse des recettes touristiques et des envois de fonds des travailleurs eÌmigreÌs. Le conflit affectera eÌgalement le secteur du tourisme en Jordanie.
Les perspectives eÌconomiques pour la Cisjordanie et Gaza sont treÌs incertaines, avec une croissance qui devrait diminuer de 6 % en 2024 apreÌs une contraction de 3,7 % en 2023. La destruction massive des actifs fixes aÌ Gaza entraiÌnera un recul significatif de lâactiviteÌ eÌconomique. Le conflit en cours aggravera eÌgalement les conditions eÌconomiques deÌjaÌ deÌsastreuses en Cisjordanie. Si toutefois le conflit sâapaise, les efforts de reconstruction devraient contribuer aÌ un rebond de la croissance aÌ 5,4 % en 2025.
Risques : Lâintensification du conflit, y compris ses retombeÌes sur les eÌconomies voisines et lâafflux de reÌfugieÌs, fait planer une seÌveÌre menace sur la croissance reÌgionale. En outre, les pays de la reÌgion MENA sont exposeÌs aux catastrophes naturelles et le changement climatique continue dâaccroiÌtre la freÌquence et la graviteÌ des pheÌnomeÌnes meÌteÌorologiques. Dans les pays exportateurs de peÌtrole, si les cours baissent ou si la demande faiblit, la production peÌtrolieÌre pourrait eÌtre limiteÌe et les reÌductions risquent de perdurer. Dans les pays importateurs, le resserrement des conditions financieÌres mondiales pourrait peser neÌgativement sur les perspectives de croissance en raison des besoins importants de financement exteÌrieur.
