Déficit budgétaire : les dessous d’une baisse d’un demi-point du PIB en 2026

Au vu des prévisions des dépenses et des recettes, le déficit budgétaire au titre du PLF 2026 devrait atteindre 55,4 Mds de DH, représentant 3% du PIB en baisse de 0,5 point du PIB, par rapport aux prévisions de la Loi de Finances au titre de l’année 2025. Détails.
La dynamique attendue de l’activité économique et des différentes composantes de la demande intérieure et extérieure pour 2026, conjuguée aux effets de la réforme fiscale aura un impact positif sur la mobilisation des recettes ordinaires qui devraient augmenter de 9,5% en comparaison avec la Loi de Finance 2025. Au niveau des dépenses publiques, elles devraient se consolider afin de maintenir la dynamique d’investissement en faveur des réformes structurelles et la mise en œuvre des stratégies sectorielles.
A cet effet, et au vu des prévisions des recettes et des dépenses, le déficit budgétaire devrait se situer à 3% du PIB au titre de l’année 2026 après 3,5% prévu par la Loi de Finances 2025.
Compte non tenu de la part de la Taxe sur la Valeur Ajoutée versée aux collectivités territoriales, les recettes ordinaires nettes prévues dans le cadre du PLF 2026 sont estimées à 432,8 Mds de DH. Les recettes fiscales, pour leur part, devraient s’établir à 366,5 Mds de DH, représentant environ 20,1% du PIB.
Les recettes issues des impôts directs devraient atteindre 164,2 Mds de DH en 2026, soit 9% du PIB et 44,8% du total des recettes fiscales. Ces recettes regroupent principalement celles issues de l’Impôt sur les Sociétés (IS), estimées à 94,5 Mds de DH, correspondant à 5,2% du PIB, ainsi que celles de l’Impôt sur le Revenu (IR), évaluées à 64,5 Mds de DH, soit 3,5% du PIB.
Les recettes provenant des impôts indirects devraient s’élever à 159,7 Mds de DH en 2026. Elles seraient tirées principalement par la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), dont les recettes sont estimées à 114,4 Mds de DH. Les recettes de la TVA à l’intérieur atteindraient 43,3 Mds de DH, soit 2,4% du PIB, tandis que celles de la TVA à l’importation devraient s’établir à 71 Mds de DH, correspondant à 3,9% du PIB.
Par ailleurs, la Taxe Intérieure de Consommation (TIC) devrait générer 45,4 Mds de DH de recettes en 2026, soit 2,5% du PIB. Ces recettes proviendraient essentiellement de la TIC sur les produits énergétiques, estimée à 23,1 Mds de DH et de la TIC sur les tabacs manufacturés prévue à 17,7 Mds de DH.
Les recettes provenant des droits de douane devraient atteindre 18,5 Mds de DH en 2026, soit 1% du PIB et leur contribution au total des recettes fiscales est estimée à 5,1%.
Les recettes des droits d’enregistrement et de timbre devraient s’établir à 24 Mds de DH en 2026, soit l’équivalent de 1,3% du PIB.
Les recettes non fiscales prévues au titre du PLF 2026 devraient s’élever à 62,7 Mds de DH, représentant 14,5% du total des recettes ordinaires. Elles proviendraient principalement des versements des Établissements et Entreprises Publics (EEP), estimés à 27,5 Mds de DH, des mécanismes de financements innovants, dont le produit devrait atteindre 20 Mds de DH en 2026 et des cessions de participations de l’État qui devaient atteindre 6 milliards de dirhams.
Les dépenses totales (y compris SEGMA et des Comptes spéciaux du Trésor) devraient s’établir, au titre de l’année 2026, à 488,2 Mds de DH, soit 26,8% du PIB. Ce niveau de dépenses traduit la poursuite des programmes d’investissement liés aux grands chantiers structurants, tout en intégrant l’effort budgétaire consacré à la consolidation de l’État social et de la mise en œuvre des objectifs du programme gouvernemental. Les dépenses ordinaires devraient atteindre 379,4 milliards de dirhams en 2026, soit 20,9% du PIB.
Les dépenses en biens et services devraient s’établir à environ 324 Mds de DH en 2026, soit 17,8% du PIB.
La masse salariale devrait atteindre 195,3 Mds de DH soit 10,7% du PIB marquant une baisse de 0,2 point du PIB par rapport aux prévisions de la Loi de Finances 2025. Cette évolution tient compte du coût des postes budgétaires à créer, des changements d’échelle, des promotions de grade et des dernières dispositions du dialogue social.
Pour leur part, les dépenses relatives aux autres biens et services sont prévues à 128,7 Mds de DH en 2026. Cette évolution découle notamment du renforcement des transferts et subventions destinés à soutenir les capacités financières des secteurs sociaux, en particulier l’éducation et la santé, et à accompagner la mise en œuvre des réformes structurelles en cours, notamment celle de la protection sociale.
La charge des intérêts de la dette devrait se situer à environ 41,6 Mds de DH en 2026, soit 2,3% du PIB. Cette évolution traduit une baisse globale du service de la dette, attribuable principalement à une baisse de 0,9% de la charge des intérêts de la dette intérieure et à un recul de 6,9% des intérêts de la dette extérieure.
La charge de la compensation devrait s’établir à 13,9 Mds de DH, représentant 0,8% du PIB en 2026.
En ce qui concerne les dépenses d’investissement, le Projet de Loi de Finances 2026 prévoit des crédits de 114,8 Mds de DH, soit une progression de 8,8% par rapport aux prévisions de la LF 2025, représentant 6,3% du PIB. Cette hausse reflète lemaintien de l’effort d’investissement public en faveur de la mise en œuvre de projets de développement intégrés, orientés vers la réduction des inégalités territoriales et sociales. Elle s’inscrit également dans la dynamique d’accélération des chantiers structurants, et d’accompagnement des stratégies sectorielles.
Au vu des prévisions des dépenses et des recettes, le déficit budgétaire au titre du PLF 2026 devrait atteindre 55,4 Mds de DH, représentant 3% du PIB en baisse de 0,5 point du PIB, par rapport aux prévisions de la Loi de Finances au titre de l’année 2025.

