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Economie

Déficit hydrique : les agrumes face à une nouvelle épreuve difficile

filières Agrumes

La situation est particulièrement critique pour les agrumes dans le Souss, où les nappes phréatiques ont été exploitées jusqu’à des profondeurs extrêmes. Alors qu’elles se situaient autour de 20 mètres dans les années 1980, elles atteignent désormais 600 mètres, rendant l’accès à l’eau de plus en plus coûteux et difficile. Face à une canicule automnale, les producteurs n’ont d’autre choix que d’augmenter l’irrigation pour protéger les arbres. Mais l’eau, justement, fait défaut.

Le mois d’octobre se veut un des secs mois jamais enregistrés au Maroc. À peine quelques jours plus tard, une vague de chaleur exceptionnelle s’installe sur plusieurs régions du pays, avec des températures qui pourraient atteindre 36 °C à Taroudant, capitale historique des agrumes. Ce phénomène météorologique, rare en cette saison, intervient dans un contexte déjà marqué par une sécheresse chronique et une pression hydrique sans précédent.

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Dans la province de Taroudant, les vergers d’agrumes, mais aussi les oliveraies et les forêts d’arganiers, sont fragilisés par des années de déficit pluviométrique. « Depuis 2018, la sécheresse prolongée a entraîné la disparition ou l’arrachage de près de 40 000 hectares d’agrumes, soit près de 30 % des surfaces nationales selon l’expert Ali Hatimy de Nechfate. Ce recul brutal illustre la vulnérabilité d’une filière construite au fil des décennies grâce à l’irrigation et aux investissements publics, mais aujourd’hui menacée par l’épuisement des ressources en eau », rappelle à juste titre AgriMaroc.

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La situation est particulièrement critique dans le Souss, où les nappes phréatiques ont été exploitées jusqu’à des profondeurs extrêmes. Alors qu’elles se situaient autour de 20 mètres dans les années 1980, elles atteignent désormais 600 mètres, rendant l’accès à l’eau de plus en plus coûteux et difficile. Face à une canicule automnale, les producteurs n’ont d’autre choix que d’augmenter l’irrigation pour protéger les arbres. Mais l’eau, justement, fait défaut.

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« Au-delà du stress hydrique, la chaleur de novembre coïncide avec des phases sensibles du cycle des agrumes : grossissement des fruits, maturation finale et parfois récolte. Des températures aussi élevées peuvent provoquer la chute prématurée des fruits, réduire les calibres et accentuer l’acidité, compromettant la qualité commerciale des productions destinées à l’export. Les stations de conditionnement et les exportateurs redoutent déjà une campagne perturbée, avec des volumes et des calibres insuffisants pour répondre aux marchés européens », annonce AgriMaroc.

Ces événements extrêmes, de plus en plus fréquents, rappellent l’urgence d’une adaptation structurelle du modèle agricole marocain. Ali Hatimy expert interpelle sur le fait que la multiplication des barrages ou la création de bassines de stockage ne suffisent plus à compenser la raréfaction des ressources hydriques. Plusieurs experts insistent sur la nécessité de réguler les surfaces irriguées, d’intégrer des pratiques agroforestières et de favoriser la conversion vers des cultures plus sobres en eau, telles que le caroubier ou l’amandier. La structuration de nouvelles filières autour de ces espèces pourrait offrir des alternatives viables aux producteurs, tout en réduisant la pression sur les nappes.

Et pourtant la production agricole est au rendez-vous. Ce paradoxe illustre la résilience mais aussi la fragilité de la filière agrumicole marocaine. Alors que les superficies cultivées ont reculé de près de 30 % en huit ans, passant de 128 000 hectares en 2016 à un peu plus de 91 000 hectares en 2024, la production nationale se maintient autour de 1,5 million de tonnes par an. Cette stabilité apparente masque en réalité une pression croissante sur les ressources hydriques et sur les producteurs, contraints d’améliorer l’irrigation avec des solutions d’économies d’eau pour préserver les rendements malgré la sécheresse prolongée.

Dans le même temps, le Maroc affiche des ambitions fortes à l’export, avec un objectif d’un million de tonnes expédiées d’ici 2030, contre environ 630 000 tonnes en 2020. (Avec AgriMaroc).

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