Demande intérieure au T2-2026 : l’investissement national en panne

Alors que les foyers marocains ont continué à faire tourner les caisses des commerces et à soutenir l’activité, la demande intérieure a brutalement ralenti affichant une progression de 5% contre 7,5% l’an passé. Une baisse de régime qui ne doit rien au hasard, mais tout au coup de frein spectaculaire de l’investissement productif. Analyse des chiffres du HCP.
Le moteur de la demande : les ménages prennent le relais d’un investissement en panne
Dans le quotidien des Marocains, la dynamique a changé. La demande intérieure globale, véritable pilier de notre économie, a progressé de 5% (contre 7,5% au T2-2025), limitant sa contribution à la croissance à 5,6 points.
- Malgré un contexte économique changeant, les dépenses de consommation des ménages ont bondi de4,1%, contre à peine 1,8% l’an passé. Libérés ou plus confiants, les ménages ont injecté 2,3 points dans la croissance nationale, devenant le principal stabilisateur de la demande.
- Le grand soulagement de l’année dernière s’est transformé en point de vigilance. L’investissement brut (achats d’équipements, infrastructures et variations de stocks) a subi un net coup d’arrêt, passant d’un rythme spectaculaire de 20,3% à seulement6,8%. Sa contribution s’effondre logiquement, passant de 8,3 points à seulement 2,4 points.
Sur le front de la production, la physionomie de l’économie marocaine a été profondément bouleversée ce trimestre.
Le secteur primaire progresse de 20,9%
C’est la grande bouffée d’oxygène de cette période. Portée par des conditions climatiques ou des rendements bien plus favorables que l’an passé, l’agriculture a vu sa valeur ajoutée bondir de 21,2%. En parallèle, le secteur de la pêche s’est brillamment redressé avec une hausse de 15,9%, effaçant la crise de l’année dernière. Sans ce sursaut rural, le ralentissement de la croissance nationale aurait été bien plus sévère.
Le secteur secondaire en zone de turbulences (-3,9%)
C’est le point noir de ce trimestre. L’industrie et le bâtiment, qui affichaient une santé de fer l’an dernier (+5,8%), basculent dans le rouge. Ce repli est principalement dicté par la chute brutale des industries d’extraction (-28,6%), plombées par une conjoncture internationale ou des volumes en baisse, ainsi que par le ralentissement des industries de transformation et une baisse de régime notable du BTP (+2,8% contre 7,6% l’an passé).
Le secteur tertiaire stable à 4%
Les services continuent de jouer leur rôle d’amortisseur social et économique, maintenant un rythme de croisière solide. Si le tourisme (hébergement et restauration à +6,6%) et le commerce (+2,8%) affichent une progression plus timide que l’effervescence de 2025, le secteur reste solidement porté par la vitalité des services financiers (+7,7%) et de la santé (+6,4%).
L’économie marocaine montre ce trimestre sa capacité de résilience grâce à sa terre et à la consommation de ses citoyens. Toutefois, le ralentissement marqué de l’industrie et de l’investissement rappelle que le défi majeur des prochains mois consistera à redynamiser le tissu productif non agricole pour retrouver les performances de l’année passée.
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