DEPP : 2025, l’année d’un changement de cap pour le pilotage des entreprises publiques

Réforme des entreprises et établissements publics, nouveau code de gouvernance, digitalisation et réorganisation interne : le rapport d’activité 2025 de la Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation (DEPP) traduit une évolution du rôle de l’État dans le pilotage de son portefeuille public.
L’année 2025 apparaît comme une année charnière pour la DEPP. Au-delà du bilan des actions menées, son rapport d’activité met en évidence une transformation progressive de ses missions : au contrôle et au suivi des entreprises et établissements publics (EEP) s’ajoutent désormais des fonctions plus affirmées en matière de gouvernance, de performance, de gestion des risques et d’accompagnement des réformes.
De la tutelle au pilotage de la performance
L’un des faits marquants de 2025 est l’adoption du nouveau Code des bonnes pratiques de gouvernance des EEP, approuvé par décret en avril 2025. Le nouveau référentiel renforce notamment les exigences relatives aux organes de gouvernance, à l’indépendance des administrateurs, à la gestion des risques, à la transparence et aux enjeux ESG.
L’enjeu dépasse ainsi la simple conformité réglementaire. Il s’agit progressivement de faire de la gouvernance un outil de performance et de création de valeur.
La DEPP accompagne parallèlement plusieurs chantiers de restructuration et de modernisation du secteur public. La réorganisation interne de la Direction, engagée en 2025, répond à cette évolution de ses responsabilités en renforçant ses capacités d’intervention et d’accompagnement.
Autre évolution importante : la place croissante du numérique dans les missions de la DEPP. La généralisation de la plateforme AD@E, destinée à la dématérialisation des actes de paiement, marque une étape importante. La digitalisation ne vise plus uniquement à simplifier les procédures administratives : elle permet également d’améliorer la traçabilité, de centraliser les données et, à terme, de faire évoluer le contrôle financier vers une approche davantage fondée sur les risques et la performance.
Cette transformation suppose toutefois que les données produites par les nouveaux systèmes soient effectivement exploitées comme outils de pilotage.
Le rapport rappelle également que la réforme des EEP se traduit par des transformations concrètes dans plusieurs secteurs. La restructuration des opérateurs publics, la création des Sociétés Régionales Multiservices et les différentes opérations de réorganisation du portefeuille public illustrent une volonté de rationaliser les structures tout en clarifiant leurs missions.
Pour la DEPP, le défi consiste désormais à accompagner ces transformations sans perdre de vue le double objectif de performance économique et de service public.
Le véritable test sera celui de l’exécution
Au terme de 2025, plusieurs briques du nouveau modèle sont donc en place : cadre de gouvernance renouvelé, réorganisation de la DEPP, digitalisation accrue, développement de la formation et poursuite des restructurations.
Mais la prochaine étape sera plus exigeante. L’efficacité de la réforme ne se mesurera plus seulement au nombre de textes adoptés ou de procédures mises en place, mais à leurs effets concrets sur la gouvernance, la situation financière, la performance et la qualité des services des EEP.
C’est là que se situe le principal enseignement du rapport d’activité 2025 : la DEPP n’est plus seulement appelée à contrôler un portefeuille public, elle doit de plus en plus contribuer à en organiser la transformation.
La réussite de cette nouvelle phase dépendra donc moins de la production de nouveaux cadres que de leur appropriation effective par les entreprises et établissements publics et de la capacité à traduire les réformes en résultats mesurables.
