Émission obligataire internationale : est-ce le bon moment pour le Maroc ?

Ecrit par Imane Bouhrara I
Une sortie du Maroc sur le marché international en 2024 n’est pas exclue. Alors que nous sommes quasiment au T3 2024 et que les conditions de marché semblent s’améliorer, faut-il s’attendre à un roadshow de l’Argentier du Royaume ? Une fenêtre de tir idéale ? Nous avons posé la question.
En 2023, malgré un contexte pas des plus confortables marqué par une politique monétaire serrée dans une lutte effrénée contre le cycle inflationniste enclenché au lendemain de la crise covid, le Maroc avait lancé en mars une émission obligataire internationale de 2,5 milliards de dollars en deux tranches, alors que la demande des investisseurs dépassait les 11 milliards de dollars.
Une nouvelle sortie fin 2024 n’est pas exclue selon les propos attribués à Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, dans une déclaration aux médias en marge de la réunion annuelle conjointe des institutions financières arabes en mai dernier au Caire, tout en précisant que le gouvernement en décidera en temps utile, en fonction des conditions du marché.
Justement, ce mois de septembre a été marqué par la poursuite de la baisse des taux des principales banques centrales dont plus récemment la FED. Les conditions semblent meilleures et il y’aurait de l’appétit chez les investisseurs. N’est-ce pas là une bonne conjoncture pour une sortie potentielle du Maroc sur le marché international ?
Mehdi El Fakir, Expert-comptable et économiste, présume une sortie imminente du Maroc sur le marché financier international, justement parce que les conditions du marché ce sont améliorées et il y’aurait de l’appétit chez les investisseurs. Et par conséquent des coûts d’emprunt à des niveaux raisonnables.
Par ailleurs, le Maroc a depuis, sa sortie de la liste grise du GAFI, profité de l’impact positif sur les notations souveraines et les notations des banques locales, tout comme cette sortie a renforcé l’image du Maroc et son positionnement lors des négociations avec les institutions financières internationales, ainsi que la confiance des investisseurs étrangers dans l’économie nationale.
Cela dit tous ces éléments ne doivent pas omettre l’impératif d’alerter sur la politique d’endettement, notamment l’augmentation du ratio de la dette publique par rapport au PIB et le coût d’emprunt, quoiqu’à en juger par la 1e étude économique de l’OCDE pour le Maroc, le pays bénéficie d’un régime macroéconomique stable, le déficit est en train de se réduire après la pandémie et la crise de l’énergie et le ratio dette public avoisine 70% du PIB. Bien qu’elle ne prenne pas en considération la dette des entreprises et établissements publics.
