Flash
L’Autorité marocaine du marché des capitaux lance la première édition de l’« AMMC capital markets seminar » DFDS renforce sa capacité sur la liaison Algésiras–Tanger Med Farid Bensaid (FNACAM) : « Si on ne bouge pas, on risque de voir notre métier disparaître » Climat : le phénomène El Niño pourrait atteindre des niveaux records entre octobre et décembre (OMM) ONU: des pétitionnaires dénoncent l’enrôlement d’enfants par le “polisario” Blockchain et finance : la tokenisation s’impose comme le prochain chantier des marchés mondiaux Finale de la CAN 2025 : le verdict final du TAS va encore se faire attendre Délais de paiement : la DGI boucle sa réforme, l’économie retient son souffle OPCI : une croissance record qui masque encore des risques de concentration SM le Roi présidera vendredi l’ouverture de la 1e session de la première année législative de la 12e Législature
Assurances

Farid Bensaid (FNACAM) : « Si on ne bouge pas, on risque de voir notre métier disparaître »

WhatsApp Image 2026 10 08 at 16.06.05

En marge de la 10e édition de la Rencontre de la FNACAM, consacrée aux mutations du secteur de l’intermédiation en assurance face à l’intelligence artificielle, aux cyber-risques, au changement climatique et à la digitalisation, Farid Bensaid, président de la FNACAM, revient sur les principaux défis auxquels sont confrontés les professionnels. Pour lui, la transformation du métier passe par la formation, l’investissement technologique, le renforcement de l’expertise humaine et une coopération accrue entre les acteurs africains.

Le secteur marocain de l’intermédiation en assurance est à un tournant. Les risques auxquels sont confrontées les entreprises évoluent rapidement et imposent aux professionnels de revoir leurs méthodes de travail, leurs compétences et leurs modèles économiques.

Publicité

C’est dans ce contexte que s’inscrit la 10e édition de la Rencontre de la FNACAM, qui met notamment en débat l’avenir du métier face aux profondes transformations technologiques et à l’émergence de nouveaux risques.

En marge de cette rencontre, Bensaid, président de la FNACAM, souligne que l’adaptation n’est désormais plus une option pour les intermédiaires. « Si on ne bouge pas, on risque de voir notre métier disparaître », affirme-t-il, résumant l’urgence à laquelle fait face la profession.

L’IA : une menace, mais aussi un outil pour réinventer le métier

L’intelligence artificielle occupe une place centrale dans cette transformation. Pour Bensaid, il serait toutefois réducteur de considérer l’IA uniquement comme une menace pour les métiers de l’assurance.

« L’IA est un risque, mais c’est aussi un moyen de pouvoir gérer différemment nos contrats d’assurance et nos risques d’assurance », explique-t-il.

L’enjeu consiste donc à apprendre à utiliser cette technologie pour améliorer le travail des intermédiaires. Analyse rapide des données, consolidation des informations et aide à la décision peuvent notamment permettre aux professionnels de gagner en efficacité et de consacrer davantage de temps à leur véritable valeur ajoutée à savoir le conseil.

Pour le président de la FNACAM, cette valeur ajoutée réside précisément dans ce que la technologie ne peut pas entièrement remplacer. « Notre côté conseil et avec notre expertise, on doit de plus en plus faire un travail que ne peut pas faire la machine », a-t-il souligné.

Il cite notamment « un travail humain, de proximité, de compréhension et d’analyse et aussi d’adaptation des risques d’assurance ».

L’objectif n’est donc pas de choisir entre l’humain et la technologie, mais de parvenir à les faire fonctionner ensemble.

Cyber-risques et changement climatique : les compétences doivent suivre

La transformation du métier est également dictée par l’évolution des risques. Les cyberattaques et les conséquences du changement climatique sont désormais devenues des préoccupations concrètes pour les entreprises marocaines.

Mais la profession n’est pas encore uniformément préparée à ces nouveaux enjeux. « Les intermédiaires ne sont pas tous armés parce que face aux nouveaux risques, surtout les risques de cyberattaques ou des risques catastrophiques sur lesquels il y a eu des grands changements dus au changement climatique, on n’est pas tous préparés », reconnaît Bensaid.

Face à ce constat, la formation devient une priorité. Les professionnels doivent être capables de comprendre ces risques, de les analyser et surtout de proposer les solutions d’assurance adaptées.

« Il y a un travail à faire de formation, de préparation aussi et d’analyse de ces risques-là et des solutions à y trouver », insiste-t-il.

Changer de « mindset »

Cette adaptation ne sera cependant pas uniquement technique. Elle suppose également une évolution de la culture professionnelle.

« Comme tout changement, il faut avoir la volonté de changer son mindset, de changer sa manière d’appréhender un risque et de le traiter », estime le président de la FNACAM.

Cette évolution doit s’accompagner d’investissements concrets. Les cabinets devront moderniser leurs systèmes d’information, développer leurs outils et recruter des profils capables de traiter des problématiques de plus en plus complexes.

« Il faut de la formation comme pour toutes les nouveautés et surtout il faut mettre des moyens en termes de systèmes d’information et bien évidemment de recrutement de personnes qui sont adaptées à ce genre d’analyse », souligne Bensaid.

L’Afrique comme espace de coopération et d’innovation

Pour le président de la FNACAM, la transformation du secteur doit également être pensée à l’échelle africaine.

Le continent dispose de compétences et d’innovations susceptibles de permettre aux intermédiaires africains de se positionner au niveau international. Certains acteurs ont déjà développé une approche panafricaine et sont capables d’exporter leur savoir-faire. « Nous, en tant qu’Africains, on est capable aujourd’hui d’être au même niveau que ce qui se passe au niveau mondial », affirme Bensaid.

Cette dynamique doit toutefois reposer sur un échange réciproque d’expériences. Chaque marché peut tirer des enseignements des initiatives développées dans les autres pays. « On est capable d’exporter notre savoir-faire en Afrique, mais aussi d’apprendre de certains pays des process qu’ils ont mis en place et qui peuvent nous être utiles », explique-t-il.

Dans cette perspective, le Bénin, choisi comme pays d’honneur de cette 10e édition, constitue un exemple concret de cette volonté de renforcer les échanges Sud-Sud. « Il y a des choses originales qu’ils ont faites dont on peut aussi s’inspirer, comme eux-mêmes vont s’inspirer de ce que nous avons développé au Maroc », souligne Bensaid.

Pour les petits cabinets, grandir devient une nécessité

La transformation technologique soulève enfin une question économique majeure : comment les petits cabinets peuvent-ils financer cette évolution ?

Investir dans les systèmes d’information, recruter des profils spécialisés et réduire les tâches répétitives nécessite des ressources financières importantes. Or, une grande partie des intermédiaires marocains disposent de moyens limités.

Bensaid met ainsi en avant la nécessité pour les petites structures de gagner en taille.

« Pour pouvoir justement ne pas faire un travail répétitif, il faut recruter des gens d’un certain niveau, il faut avoir un système d’information développé, et pour cela il faut avoir des moyens. Et pour avoir des moyens, la première chose, c’est grossir », explique-t-il.

Le président de la FNACAM rappelle qu’environ 65 % des intermédiaires au Maroc ont un chiffre d’affaires en commissions inférieur à un million de dirhams.

Avec moins d’un million de dirhams de commissions annuelles, les capacités d’investissement restent limitées. La question de la taille des cabinets devient donc directement liée à leur capacité à accompagner la transformation du métier.

À l’horizon 2030, un intermédiaire davantage tourné vers le conseil

La transformation qui se dessine ne signifie pas la disparition du courtier ou de l’intermédiaire. Elle annonce plutôt une évolution profonde de son rôle.

À l’horizon 2030, le cabinet devra être davantage digitalisé, disposer de compétences plus spécialisées et surtout renforcer son rôle de conseiller en gestion des risques.

L’enjeu sera de combiner la puissance des outils technologiques avec ce qui demeure la principale force de l’intermédiaire : sa capacité à comprendre son client et à adapter les solutions à ses besoins.

Le message de Bensaid est finalement clair : la technologie ne doit pas remplacer l’expertise de l’intermédiaire, mais lui permettre de monter en gamme.

Dans un secteur confronté simultanément à l’IA, aux cyber-risques, au changement climatique et à la digitalisation, la pérennité du métier reposera ainsi sur quatre piliers : la formation, l’investissement technologique, l’expertise humaine et la coopération.

La transformation est déjà engagée. Pour les intermédiaires, le véritable enjeu est désormais de savoir à quelle vitesse ils seront capables de l’accompagner.

Publicité

Laisser un commentaire

error: Content is protected !!