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Economie

Le foncier public marocain passe le cap des 13,7 millions d’hectares

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Le patrimoine foncier de l’État marocain franchit un cap historique en dépassant désormais les 13,7 millions d’hectares, un essor remarquable stimulé par l’accélération massive de l’immatriculation foncière. Comment transformer cet immense capital en un véritable moteur de développement durable et inclusif ? L’économiste et consultant en management public Hassan El Arafi livre quelques pistes.

Le patrimoine foncier de l’État marocain franchit un cap historique en dépassant désormais les 13,7 millions d’hectares. Cette expansion remarquable résulte directement de l’accélération de l’immatriculation foncière menée par le gouvernement. Lors d’une séance de questions orales à la Chambre des conseillers, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a réaffirmé le rôle crucial de cette réserve. Ce domaine public ne constitue plus seulement une réserve géographique, mais s’impose comme le levier majeur des investissements, de l’emploi et des grands chantiers nationaux.

Face à cette opportunité inédite, une question stratégique se pose : comment transformer cet immense patrimoine en un véritable moteur de développement économique et territorial ? Pour y répondre, l’économiste et consultant en management public, Hassan El Arafi, au micro de Medi1TV trace les contours d’une feuille de route ambitieuse.

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Territorialisation et gouvernance : les clés de l’efficacité

Pour l’expert, le premier défi réside dans l’alignement parfait du foncier avec la régionalisation avancée. Hassan El Arafi préconise une décentralisation active de la gestion des terres vers les instances régionales. Les Centres Régionaux d’Investissement doivent devenir les uniques gestionnaires de proximité pour simplifier drastiquement l’accès aux parcelles. Parallèlement, l’achèvement de la sécurisation juridique à travers l’immatriculation globale est indispensable pour rassurer les investisseurs internationaux. L’économiste insiste également sur la nécessité d’unifier la gestion des différents statuts juridiques des sols afin d’éliminer définitivement la bureaucratie. Enfin, la distribution des terres doit servir de correcteur territorial en favorisant massivement les zones historiquement enclavées.

Financement innovant et guerre contre la spéculation

Sur le plan financier, la stratégie doit rompre avec les schémas classiques de cession définitive. L’économiste recommande de privilégier massivement les Partenariats Public-Privé et les baux à long terme. Cette approche permet à l’État de conserver la propriété de son sol tout en générant des recettes locatives durables. La transparence totale, par la publication de cartographies numériques des disponibilités foncières, s’avère essentielle pour instaurer une confiance mutuelle. Surtout, Hassan El Arafi appelle à une fermeté absolue contre la spéculation immobilière. L’État doit appliquer de manière stricte les clauses de déchéance pour récupérer immédiatement les terrains laissés à l’abandon par des promoteurs défaillants.

 Au-delà des chiffres, la valorisation du foncier public doit impérativement se traduire par un impact social mesurable. L’octroi du domaine de l’État doit être conditionné à des engagements fermes en matière de création d’emplois locaux stables. Chaque projet industriel, touristique ou énergétique sur ces terres doit participer activement à l’insertion des jeunes de la région. Pour Hassan El Arafi, la réussite de cette transition dépend de la capacité du royaume à lier performance macroéconomique et paix sociale. En transformant ce capital foncier en projets structurants et inclusifs, le Maroc détient la clé de sa souveraineté économique pour la décennie à venir.

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