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Développement Durable

Le Maroc, un modèle international en matière de financement de l’adaptation climatique

adaptation climatique

L’expérience du Maroc en matière d’ingénierie financière climatique constitue un “exemple éloquent” de l’efficacité de l’accès direct aux financements climatiques, a affirmé, mardi à Rabat, le directeur du Fonds d’adaptation (FA), Mikko Ollikainen.

“L’ingénierie financière climatique du Maroc constitue un exemple éloquent de l’efficacité de l’accès direct aux financements climatiques. À travers l’action de l’Agence pour le développement agricole (ADA), le Royaume montre au reste du monde comment ce mécanisme peut fonctionner avec succès”, a dit M. Ollikainen lors de l’ouverture du Séminaire annuel des Entités nationales de mise en œuvre.

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Dans ce sillage, il a mis en avant le partenariat stratégique unissant, depuis plus d’une décennie, son institution à l’ADA, illustrant “un leadership marocain érigé en modèle à l’échelle internationale”.

Il a ainsi cité le Projet d’adaptation aux changements climatiques dans les zones oasiennes (PACCZO), doté d’une enveloppe de 10 millions de dollars et ayant permis, à travers la modernisation du système traditionnel d’irrigation des khettaras, de renforcer la résilience de 1,7 million de personnes face au stress hydrique.

De son côté, le secrétaire général du Département du développement durable au ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, Razi Bouzekri, a mis en avant le déficit structurel de la finance climatique mondiale, relevant, sur la base des rapports du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), que les besoins de financement de l’adaptation sont aujourd’hui de 12 à 14 fois supérieurs aux flux publics internationaux disponibles.

Pour combler ce déficit, Bouzekri a plaidé pour une consolidation de la mobilisation des ressources du Fonds d’adaptation, insistant sur la nécessité d’assurer une plus grande prévisibilité des ressources, de renforcer les engagements pluriannuels et d’élargir la base des contributeurs, afin de doter le Fonds d’une visibilité suffisante pour accompagner, dans la durée, les ambitions d’adaptation et permettre la réplication des solutions éprouvées.

Le directeur général de l’ADA, El Mahdi Arrifi, a quant à lui, souligné que le Maroc a placé la résilience climatique au cœur de son modèle de développement, faisant de l’adaptation, face à la récurrence des épisodes de sécheresse sévère, un impératif national pour la résilience économique, sociale et climatique du Royaume.

Il a, dans cette veine, rappelé le poids stratégique du secteur agricole, garant de la sécurité alimentaire nationale, qui contribue en moyenne entre 12 et 14% au Produit intérieur brut (PIB) et fait vivre, directement ou indirectement, près de 40% de la population active.

Revenant sur le PACCZO, Arrifi a indiqué qu’il a permis de renforcer la résilience des bénéficiaires dans les bassins de Maider et Gheris, faisant savoir que le Maroc prépare activement un deuxième projet dans le bassin du Drâa destiné à amplifier les interventions stratégiques et à soutenir le développement de l’entrepreneuriat rural.

Cette expérience illustre, a-t-il ajouté, la valeur ajoutée du mécanisme d’accès direct à la finance climat, garant d’une appropriation nationale optimale et d’un renforcement durable de la gouvernance locale.

Pour sa part, le directeur du Climat et de la biodiversité au ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, Rachid Tahiri, a souligné l’importance stratégique majeure du financement de l’adaptation, précisant que les besoins du Maroc en la matière s’élèvent à 306 milliards de dollars à l’horizon 2035, dont près des deux tiers pour le seul secteur de l’eau, faisant de l’adaptation un enjeu fondamental de sécurité hydrique et alimentaire, de stabilité et de cohésion sociale.

Il a rappelé que les jalons de ce mécanisme d’accès direct ont été posés lors de la COP7, tenue à Marrakech en 2001, précisant qu’il permet aujourd’hui aux institutions nationales de concevoir et de piloter elles-mêmes leurs projets, sans dépendre d’intermédiaires internationaux.

Et de relever que l’appropriation nationale qui en découle n’est pas un simple objectif de façade, mais une condition fondamentale d’efficacité et de durabilité pour transformer les priorités nationales en programmes d’investissement viables.

Tenue du 15 au 17 septembre à l’initiative du FA en collaboration avec l’ADA, en sa qualité d’Entité de Mise en Œuvre Nationale (NIE) accréditée, cette rencontre internationale de haut niveau réunit les représentants de 33 entités accréditées venues des quatre coins du globe, aux côtés des membres du Secrétariat du Fonds d’Adaptation.

L’événement est dédié aux enjeux stratégiques du financement de l’adaptation au changement climatique, au renforcement des capacités institutionnelles et à la promotion de l’apprentissage inter-paires. Inscrit au calendrier international depuis 2014, ce séminaire annuel s’impose comme une plateforme privilégiée de dialogue.

Les travaux porteront notamment sur les processus d’accréditation et de ré-accréditation des NIE, le suivi opérationnel et la gestion adaptative des projets, l’alignement sur les politiques environnementales, sociales et de genre, ainsi que la valorisation des connaissances et l’accès optimisé aux différents guichets de financement du Fonds.

La tenue de cette édition à Rabat consacre la reconnaissance de l’expertise de l’ADA par le Fonds d’Adaptation et témoigne de son rôle moteur au sein du réseau mondial des entités nationales. À cette occasion, l’ADA partage les enseignements majeurs de l’expérience marocaine en matière de mobilisation des financements climatiques et de conduite sur le terrain de projets d’adaptation d’envergure.

L’événement constitue également une vitrine pour valoriser les efforts engagés par le Royaume du Maroc, en matière de résilience climatique, particulièrement dans le secteur agricole et en milieu rural.

Après le PACCZO, clôturé en 2023, l’ADA porte actuellement un projet structurant axé sur le renforcement de la résilience des écosystèmes oasiens et l’amélioration des capacités adaptatives des populations du bassin du Drâa, soumis au Fonds d’Adaptation pour un financement de 20 millions de dollars.

Déployé sur une période de cinq ans dans les provinces de Ouarzazate, Zagora et Tinghir, ce projet d’envergure vise à préserver la viabilité des oasis, à optimiser la gestion et l’accès aux ressources en eau, à promouvoir une agriculture climato-intelligente et à diversifier les activités génératrices de revenus, au profit prioritaire des femmes et des jeunes ruraux.

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