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Economie

L’économie marocaine à la croisée des chemins : de la compétitivité par les coûts au pari de l’innovation

L'économie marocaine

L’économie marocaine est arrivée à un tournant décisif de son histoire contemporaine. Fort d’une croissance spectaculaire qui a vu ses exportations quadrupler en l’espace de vingt ans pour atteindre 470 Mds de DH, le Royaume s’est imposé comme un hub industriel incontournable, porté par le succès mondial de l’automobile, de l’aéronautique et du complexe portuaire Tanger Med. Pourtant, cette assise bâtie sur la compétitivité-prix ne suffira plus à garantir la prospérité de demain. Réunis à Casablanca sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI lors du Forum « Entrepreneurs en mouvement » organisé par la CGEM, les décideurs économiques ont lancé un appel à une véritable métamorphose : pour maintenir son rang mondial, le Maroc doit cesser de vendre uniquement des heures de travail pour vendre de l’innovation.

Face à une concurrence internationale toujours plus agressive, cette transition exige un changement radical de paradigme. Du renforcement capital de l’écosystème des TPME à la promesse d’une électricité verte compétitive, le patronat trace désormais la feuille de route d’une économie à haute valeur ajoutée, où la simplification drastique du climat des affaires devient le principal levier de la souveraineté industrielle de demain.

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Le Maroc est appelé à renforcer sa compétitivité sur les marchés internationaux en misant davantage sur l’innovation, plutôt que de s’appuyer uniquement sur sa compétitivité par les coûts, a souligné, samedi à Casablanca, le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Mehdi Tazi.

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« Une économie qui vend des heures de travail aura toujours un concurrent moins cher. Une économie qui vend de l’innovation se bat sur un autre terrain que celui du prix », a dit M. Tazi à l’ouverture du Forum « Entrepreneurs en mouvement : Transformer les priorités en actions », organisé à l’initiative de la CGEM, sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI.

Le Maroc a pris sa place dans les chaînes de valeur mondiales grâce notamment à Tanger Med, à l’industrie automobile, à l’aéronautique, à l’offshoring, aux engrais et aux énergies renouvelables, a-t-il rappelé, précisant que les exportations du Royaume ont été multipliées par plus de quatre en 20 ans, pour atteindre 470 milliards de dirhams l’année écoulée.

Toutefois, cette position devrait être consolidée au quotidien, a estimé le président de la CGEM, appelant à poursuivre les efforts en matière d’investissement, d’amélioration de la compétitivité, de développement des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), de formation et d’exportation.

Dans ce sens, il a plaidé pour l’application, à de nouvelles filières, de la méthode ayant permis le développement des industries de l’automobile et de l’aéronautique, fondée sur la présence d’un grand donneur d’ordre autour duquel se développe un réseau de fournisseurs appelés à monter en compétences et à exporter à leur tour.

M. Tazi a également mis l’accent sur les leviers de compétitivité dont dispose le Maroc, notamment les infrastructures logistiques, les zones d’accélération industrielle et le potentiel d’une électricité verte à près de 50 centimes le kilowattheure (kWh), soit deux fois moins que le coût actuel.

Le développement des TPME constitue un autre axe de cette démarche, a-t-il fait remarquer, précisant que ces entreprises ont notamment besoin de fonds propres, de garanties vis-à-vis des banques et d’un accès aux marchés, tandis que les startups ont besoin de premières commandes pour tester et améliorer leurs produits.

S’agissant du rôle des pouvoirs publics, le président de la CGEM a appelé à des réponses administratives plus rapides, à des règles plus claires et à une fiscalité plus équitable. Il a, à cet effet, préconisé que l’administration réponde aux demandes dans des délais fixés à l’avance et que les refus soient motivés.

Évoquant les perspectives de développement, M. Tazi a mis en avant les opportunités liées aux stratégies nationales dans les domaines de la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire, de l’industrie, du numérique et de l’intelligence artificielle.

Ce forum a été rythmé par une série d’interventions consacrées aux leviers de transformation de l’économie nationale, abordant notamment l’audace de voir grand, la valorisation de l’attractivité du Maroc à travers une marque nationale forte, les prochaines étapes du développement du Royaume, l’intelligence artificielle comme levier de compétitivité, ainsi que les perspectives offertes par la nouvelle économie de la création de contenu.

Cette rencontre a également été marquée par la signature d’un protocole d’entente entre la CGEM et le Conseil de la région Casablanca-Settat pour développer le Morocco Innovation Lab, ainsi que d’une convention-cadre de partenariat entre la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé et la CGEM visant à rapprocher le monde de la Santé et celui de l’Entreprise.

 

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