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Economie Nationale

Melkisation des terres collectives : le grand chantier foncier entre dans une nouvelle phase

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Longtemps perçue comme une question administrative et juridique, la melkisation des terres collectives est en train de devenir un véritable enjeu économique. En simplifiant les procédures d’accès à la propriété, l’État entend débloquer un potentiel foncier considérable et donner un nouvel élan au monde rural.

Le ministère de l’Intérieur vient de préciser les nouvelles règles qui encadreront désormais la melkisation des terres agricoles appartenant aux communautés soulaliyates. Derrière ce terme technique se cache une réalité simple : permettre à des ayants droit qui exploitent parfois ces terres depuis des décennies de devenir pleinement propriétaires de leurs parcelles.

L’enjeu dépasse largement la seule question du foncier. Pour les autorités, il s’agit aussi de libérer un potentiel économique longtemps freiné par la complexité des procédures administratives.

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Transformer les exploitants en propriétaires

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Pendant des années, de nombreux bénéficiaires se sont retrouvés dans une situation paradoxale. Ils exploitaient les terres, investissaient parfois dans leur mise en valeur, mais sans disposer d’un titre de propriété leur permettant d’accéder facilement au crédit bancaire ou de sécuriser durablement leur activité.

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C’est précisément ce verrou que la réforme entend faire sauter.

L’idée est simple. lorsqu’un agriculteur devient propriétaire de sa parcelle, il dispose d’une visibilité plus importante sur son avenir. Il peut investir davantage, accéder à de nouveaux financements et envisager des projets à plus long terme.

La conviction est désormais bien ancrée : la sécurisation du foncier constitue l’une des clés du développement rural.

Si la réforme des terres collectives engagée ces dernières années a permis d’importantes avancées, le processus restait souvent long et complexe.

Entre les études techniques, les opérations cadastrales, les validations administratives et l’intervention de multiples acteurs institutionnels, certains dossiers pouvaient s’enliser pendant plusieurs années.

La nouvelle circulaire entend justement réduire ces délais.

Le ministère a ainsi revu l’organisation des procédures afin de clarifier les responsabilités, mieux coordonner l’action des différents intervenants et accélérer le traitement des demandes.

L’objectif affiché est de passer d’une logique administrative parfois lourde à une logique davantage orientée vers les résultats.

Une mobilisation de toute la chaîne administrative

La réforme ne repose pas sur une seule administration. Autorités locales, services provinciaux, représentants des communautés soulaliyates, ministère de l’Agriculture, Agence nationale de la conservation foncière, cadastre et cartographie… l’ensemble des acteurs publics concernés sont appelés à travailler de manière coordonnée.

Une architecture de gouvernance à trois niveaux a été mise en place.

Sur le terrain, les commissions locales auront la responsabilité d’accompagner les bénéficiaires et de suivre les dossiers. À l’échelle provinciale, les gouverneurs piloteront les opérations et veilleront au respect des délais. Au niveau central, une commission nationale assurera le suivi stratégique du programme. L’idée est d’éviter les blocages qui ont parfois ralenti le processus par le passé.

Convaincre avant de délivrer les titres

Les autorités sont conscientes qu’une réforme foncière ne se résume pas à des textes réglementaires.

C’est pourquoi la sensibilisation occupe une place importante dans le dispositif. Des campagnes d’information seront organisées afin d’expliquer aux ayants droit les avantages de la melkisation et les démarches à accomplir.

L’enjeu est de lever les hésitations et d’encourager l’adhésion à un chantier présenté comme structurant pour l’avenir de nombreuses zones rurales.

Car, au-delà des titres fonciers, c’est toute une vision du développement rural qui est en jeu.

Derrière cette réforme se dessine une ambition plus large, à savoir transformer le foncier collectif en levier de croissance.

Pour les pouvoirs publics, la propriété doit permettre aux bénéficiaires d’investir davantage dans leurs exploitations, d’améliorer les rendements agricoles et de créer davantage de valeur dans les territoires ruraux.

Le pari est que des terres juridiquement sécurisées deviennent aussi des terres économiquement plus productives.

Dans un contexte où l’agriculture demeure un pilier de l’économie nationale et un moteur essentiel de l’emploi dans les campagnes, le gouvernement voit dans la melkisation un instrument de modernisation à fort impact.

La nouvelle procédure marque une étape importante, mais elle ne constitue qu’un début. Le véritable défi se jouera désormais sur le terrain, dans la capacité des administrations à traiter rapidement les demandes et à accompagner les bénéficiaires jusqu’à l’obtention effective de leurs titres fonciers.

Un enjeu économique bien plus que foncier

Au-delà de l’aspect juridique, la réforme poursuit une ambition clairement économique. Les autorités espèrent transformer des milliers d’hectares de terres collectives en actifs productifs capables de soutenir l’investissement, de créer de l’emploi et d’améliorer les revenus dans les campagnes.

Le chiffre de 16.000 demandes déjà validées illustre l’ampleur du mouvement engagé. Pour l’État, le défi n’est désormais plus seulement de légiférer, mais de raccourcir les délais, d’accompagner les bénéficiaires sur le terrain et de concrétiser rapidement les projets agricoles associés.

Au bout du compte, la réussite de la melkisation ne se mesurera pas uniquement au nombre de titres fonciers délivrés, mais à sa capacité à transformer durablement l’économie rurale et à faire des terres collectives un véritable moteur de développement.

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