Nechfate a publié un outil pour visualiser, dans chaque région marocaine, les températures saisonnières moyennes depuis 1960. A titre d’exemple, la région de Fès-Meknès s’est ainsi réchauffée de plus de 2.5 degrés l’été depuis 1960.
Selon la plateforme Nechfate, qui rassemble et partage les principales informations sur le changement climatique au Maroc, dans toutes les autres régions marocaines et durant les autres saisons de l’année, l’augmentation des températures est du même ordre de grandeur : il fait en moyenne 1.5 à 3 degrés plus chaud aujourd’hui qu’en 1960.
Un tel réchauffement a des conséquences profondes sur l’économie, la population marocaine, les écosystèmes…
Ainsi en agriculture, cette augmentation de températures stimule l’évaporation des parcelles et la transpiration des plantes cultivées. A pluviométrie égale et pour un même champ d’oliviers qu’en 1960 , l’état de sécheresse et/ou le besoin d’irrigation sont alors amplifiés, selon la même source.
D’autres conséquences sont parfois sous-estimées : l’augmentation de l’évaporation des eaux de barrages, du besoin d’énergie lié à la climatisation…
Ce réchauffement observé au Maroc s’inscrit dans le contexte du réchauffement climatique global, conséquence directe (et prouvée) des émissions massives de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. A l’échelle globale, le réchauffement est estimé à +1.2 degrés par rapport à l’époque préindustrielle et atteindrait +2.8° à l’horizon 2100 au rythme d’actuel de diminution des émissions.
« Ce réchauffement du climat amène logiquement la question urgente de l’adaptation de nos territoires. Mais il n’existe pas une seule stratégie d’adaptation. Dans le secteur agricole par exemple, certains défendent une adaptation de long-terme avec une recomposition profonde des systèmes agricoles, des espèces cultivées (avec l’introduction d’espèces adaptées à un climat plus chaud, plus sec et plus variable), des méthodes de travail du sol, etc. Cette vision s’oppose à une vision techno-solutionniste, notamment promue par les politiques agricoles marocaines, basée sur une meilleure efficience de l’irrigation en particulier, mais sans remettre les systèmes agricoles, leur incohérence avec le climat local et leur surconsommation d’eau notamment », explique-t-on.






