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Finances

Paiements électroniques : le Maroc face au défi de l’adoption massive

paiement électronique

L’accélération de l’adoption des moyens de paiement électroniques constitue désormais le principal enjeu du marché marocain des paiements instantanés, ont souligné, jeudi à Rabat, les intervenants lors de la 11ème édition des “MFC Talks”, organisée par le Moroccan Fintech Center (MFC), en collaboration avec HPS.

Réunis autour du thème “Paiements instantanés : Maturité du marché et opportunités pour les fintechs”, des acteurs de l’écosystème marocain des paiements ont mis en exergue les avancées enregistrées par le Maroc, notamment la solidité des infrastructures et du cadre institutionnel mis en place au cours des dernières années, relevant la nécessité de renforcer l’usage de ces moyens de paiement.

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Intervenant à cette occasion, la directrice générale de Switch Al Maghrib, Hanae Ben Driss, a affirmé que le système de paiement électronique au Maroc dispose aujourd’hui d’infrastructures “très solides” et d’un cadre opérationnel et institutionnel “extrêmement fort”, mais que ces fondamentaux ne se traduisent pas encore par une adoption massive des moyens de paiement dans l’économie réelle.

Dans ce sillage, Ben Driss a fait savoir que 80% des transactions se font en cash et que l’acceptation commerçante reste à environ 5% du potentiel global, avec quelque 60.000 commerçants réellement actifs sur un potentiel d’environ 1,2 million.

Et de rappeler que le Maroc avait mis en place, dès 2018, les bases d’un système de paiement instantané, à l’instar de ce qui a été fait ultérieurement dans d’autres marchés avec des solutions telles que Pix ou UPI.

De son côté, la directrice adjointe des Systèmes et Moyens de Paiement à Bank Al-Maghrib (BAM), Fadwa Jouali, a indiqué que l’action de la Banque centrale en matière d’ouverture et de concurrence dans le secteur remonte à 2014, avec l’introduction des établissements de paiement.

Ainsi, elle a expliqué que BAM était progressivement passé d’un rôle de régulation à celui d’”architecte” de l’écosystème, en travaillant avec l’ensemble des acteurs sur la conception d’une architecture destinée à stimuler l’adoption et la pérennité du système.

Parmi les fondements de cet écosystème, Jouali a cité l’interopérabilité et l’introduction de l’instantanéité, permettant au consommateur final de choisir son établissement, tout en assurant une transparence au niveau de la participation aux systèmes de paiement et aux infrastructures de marché.

En revanche, elle a estimé que le marché abordait désormais “une nouvelle phase, un nouveau challenge”, consistant à accélérer l’usage.

Pour sa part, Mustapha Badr-Ezzaman, directeur général de VPS, a noté que développer de nouveaux canaux de paiement devrait également faire évoluer le rôle de l’acquéreur, appelé à devenir davantage un agrégateur de moyens de paiement, avec une valeur ajoutée allant de l’acceptation de la carte à celle d’une multitude de moyens de paiement.

Selon lui, le modèle économique devrait, dans ce contexte, s’appuyer davantage sur des services à valeur ajoutée, notamment pour répondre aux besoins de rapprochement et de réconciliation entre les différents flux.

Le fondateur et CEO de Chari, Ismael Belkhayat, a, de son côté, cité quatre moyens de paiement instantanés et interopérables récemment utilisés au Maroc, à savoir le virement instantané, la carte, MarocPay et Fatourati.

Concernant le virement instantané, il a mis en avant la réception immédiate de l’argent sur le compte bancaire comme avantage, alors que parmi ses limites figurent son coût, le plafond de 20.000 dirhams pour les particuliers et une expérience utilisateur qu’il juge perfectible, notamment en raison de la saisie du RIB et de différences entre les applications bancaires.

Il a également fait savoir que MarocPay offre une expérience utilisateur reposant sur le numéro de téléphone, avec une solution interopérable et immédiate, notant que des efforts d’éducation, d’accompagnement et de formation sont encore nécessaires pour accélérer son adoption.

Dans cette même veine, le directeur Business Innovation de HPS, Gilles Réant, rappelé les travaux menés depuis 2018 autour de MarocPay, ajoutant que l’instantanéité et l’interopérabilité étaient au cœur de la conception de ce service, avec un QR code standardisé utilisable par l’ensemble des acteurs.

En effet, BAM et l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) avaient travaillé conjointement au lancement de ce qui allait devenir MarocPay, après les premières initiatives de wallets lancées au début des années 2010 par des opérateurs télécoms, qui avaient notamment été confrontées à des défis, notamment liés à l’interopérabilité, a-t-il précisé.

Pensés comme des espaces de dialogue ouvert et interactif rassemblant les différentes parties prenantes de l’écosystème Fintech marocain, les “MFC Talks” visent à favoriser le partage d’expériences, la confrontation des points de vue et l’émergence de nouvelles opportunités de collaboration.

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