Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé lundi 29 avril sa décision de rester au pouvoir malgré la « campagne de discrédit » dont il accuse l’opposition de droite et dont la dernière illustration a été, selon lui, l’ouverture d’une enquête à l’encontre de son épouse.
« J’ai décidé de continuer » à la tête du gouvernement, a déclaré le dirigeant socialiste de 52 ans, au pouvoir depuis 2018, qui s’est exprimé lors d’une « allocution institutionnelle » au palais de la Moncloa, résidence officielle du chef du gouvernement à Madrid.
Il a appelé le pays à entreprendre « une réflexion collective » sur la polarisation de la vie politique, afin d’empêcher « la désinformation de diriger le débat ». « Ou nous disons “assez” ou la dégradation de la vie publique conditionnera notre avenir et nous condamnera comme pays », a-t-il ajouté.
En réaction, le leader de l’opposition de droite, Alberto Nuñez Feijoo, a accusé lundi le premier ministre socialiste de s’être « moqué des Espagnols ». L’Espagne « n’a pas un président du gouvernement à la hauteur de ses citoyens », a-t-il déclaré devant la presse, affirmant que Pedro Sanchez « représente l’Espagne du passé » et pouvait seulement « prolonger l’agonie ou la décadence » de son gouvernement. « Il a perdu aujourd’hui une occasion fantastique de s’en aller », a-t-il ajouté dans une allocution au vitriol.
Sanchez a sidéré l’Espagne en mettant sa démission dans la balance mercredi dernier, après l’annonce par un tribunal madrilène de l’ouverture d’une enquête préliminaire contre son épouse, Begoña Gomez, pour trafic d’influence et corruption en entreprise, à la suite d’une plainte déposée par l’association d’extrême droite Manos limpias (« mains propres »)… (Avec le Monde.fr)

