PISA 2025 : le Maroc toujours à la traîne en sciences, lecture et mathématiques

Les résultats de la dernière édition du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) dressent un constat préoccupant pour le système éducatif marocain. Dans les trois domaines évalués (sciences, compréhension de l’écrit et mathématiques) les performances des élèves marocains restent nettement inférieures à la moyenne de l’OCDE.
Le Maroc obtient ainsi 358 points en sciences, 321 points en compréhension de l’écrit et 355 points en mathématiques, contre respectivement 482, 461 et 463 points en moyenne dans les pays de l’OCDE.
Des écarts importants avec la moyenne de l’OCDE
L’écart est particulièrement marqué dans les trois disciplines. En sciences, les élèves marocains accusent un retard de 124 points par rapport à la moyenne de l’OCDE. En compréhension de l’écrit, l’écart atteint 140 points, tandis qu’il s’établit à 108 points en mathématiques.
La compréhension de l’écrit apparaît ainsi comme le principal point de faiblesse. Avec un score de 321 points, le Maroc figure parmi les systèmes éducatifs affichant les performances les plus faibles dans ce domaine.
Dans le classement présenté par l’OCDE, le Maroc occupe par ailleurs la 48e place sur 48 pays et économies pour les sciences, les participants étant classés selon leur score décroissant dans ce tableau.
Près de trois élèves sur quatre en dessous du niveau minimal
Autre indicateur particulièrement préoccupant : la proportion d’élèves n’atteignant pas le niveau 2 de compétence, considéré par PISA comme le niveau de base à partir duquel les élèves commencent à démontrer leur capacité à mobiliser leurs connaissances et compétences de manière suffisamment autonome.
Au Maroc, 73,2 % des élèves sont considérés comme peu performants dans les trois domaines principaux évalués — sciences, lecture et mathématiques — contre 19,7 % en moyenne dans l’OCDE.
En d’autres termes, près de trois élèves marocains sur quatre ne maîtrisent pas simultanément les compétences fondamentales évaluées par PISA.
Une nouvelle baisse par rapport à 2022
Les résultats de 2025 montrent également une dégradation par rapport à la précédente édition de PISA.
Entre 2022 et 2025, le score du Maroc recule de 7 points en sciences, de 18 points en compréhension de l’écrit et de 10 points en mathématiques.
La baisse est donc particulièrement prononcée en lecture, avec un recul de 18 points en trois ans. Cette évolution renforce les interrogations sur la capacité du système éducatif à améliorer durablement les acquis fondamentaux des élèves.
L’engagement des élèves ne suffit pas
Les résultats mettent toutefois en évidence un élément qui mérite d’être souligné. Selon l’OCDE, dans les systèmes où la proportion d’élèves performants demeure faible, une partie importante des élèves déclarent rester engagés dans leur apprentissage malgré des niveaux de compétences insuffisants.
Le Maroc figure parmi ces systèmes : plus d’un tiers des élèves déclarent être engagés dans leur apprentissage sans pour autant maîtriser les compétences évaluées.
Ce constat suggère que les difficultés du système éducatif ne peuvent pas être expliquées uniquement par un manque d’implication des élèves. Elles renvoient également à la qualité des apprentissages, aux méthodes pédagogiques, à la maîtrise des fondamentaux et aux inégalités scolaires.
Un défi majeur pour le système éducatif
Au-delà du classement, les résultats de PISA 2025 mettent surtout en évidence l’ampleur du défi auquel le Maroc reste confronté en matière d’éducation. Avec des scores de 321 points en lecture, 355 en mathématiques et 358 en sciences, le pays demeure très éloigné des moyennes de l’OCDE.
La proportion de 73,2 % d’élèves n’atteignant pas le niveau minimal dans les trois domaines constitue également un signal particulièrement fort sur l’état des apprentissages fondamentaux.
Ces résultats interviennent alors que l’OCDE souligne, à travers l’analyse des systèmes les plus performants, l’importance de la maîtrise des fondamentaux, de la qualité de l’enseignement et d’un accompagnement ciblé des élèves et des établissements les plus fragiles.
Pour le Maroc, l’enjeu dépasse donc la seule amélioration du classement international. Il s’agit désormais de transformer durablement les conditions d’apprentissage afin de permettre au plus grand nombre d’élèves d’acquérir les compétences fondamentales nécessaires à leur réussite scolaire, professionnelle et sociale.
