Flash
SanlamAllianz au Maroc : une nouvelle marque, une nouvelle identité Bangkok 2026 : une économie mondiale « entre optimisme et inquiétude » De la gestion des crises à la souveraineté 2.0 : la nouvelle matrice des stratégies nationales Résultats définitifs des élections des représentants des magistrats au CSPJ Révolte à l’Hexagone : l’onde de choc que le Maroc doit anticiper La Bourse de Casablanca ouvre sur une note positive L’économie marocaine à la croisée des chemins : de la compétitivité par les coûts au pari de l’innovation L’Europe ouvre dans le rouge, les violences du week-end pénalisent le CAC 40 Bourse : le MASI gagne 1,2% du 12 au 16 octobre Le gouvernement justifie les raisons du départ de Madiha Khayr
Economie

Politique protectionniste de Trump : quel impact sur le Maroc ?

déficit commercial

Ecrit par la Rédaction I

Les incertitudes  de cette politique protectionniste subsistent autour du secteur automobile, étant donné que le Maroc a reçu des investissements importants dans le secteur en provenance de la Chine. La crainte est que, dans ce contexte, les Etats-Unis imposent des hausses de droits de douane au secteur automobile marocain.

Publicité

Le président américain a annoncé le 2 avril une vague de droits de douane sans précédent sur les importations américaines. A coté de taux personnalisés allant jusqu’à 50% qui frappent une soixantaine de pays et territoires, tous les produits étrangers seront soumis à au moins 10 % de droits de douane. Les taxes de base et les droits spécifiques sont entrés en vigueur le 5 et 9 avril respectivement. Ce lundi 7 juillet, le président américain Donald Trump a promis lundi une surtaxe douanière d’au moins 25% à plusieurs pays, dont le Japon et la Corée du Sud, nouvelle étape dans son offensive bouleversant les échanges économiques internationaux.

Publicité

Jusqu’à maintenant, les différentes sources d’information consultées divergent sur la question de savoir si les chiffres annoncés représentent les taux finaux appliqués ou s’ils s’ajoutent aux taxes déjà en vigueur, ce qui illustre le degré d’incertitude très élevé que subit l’économie.

Si l’OMC et le FMI ont rapidement exprimé leur inquiétude quant aux conséquences économiques de ces politiques, aucune estimation de l’ampleur des incidences attendues n’est avancée.

C’est l’OCDE qui, dans sa mise à jour des perspectives de l’économie mondiale en mars, révisait à la baisse les projections précédentes datant de décembre. L’institution internationale précise avoir seulement pris en compte, les droits de douane entre les États-Unis, le Canada et le Mexique (+25%), les nouveaux droits de douane en vigueur entre les États-Unis et la Chine (20%), et ceux sur l’acier et l’aluminium. Ces mesures tarifaires ont entrainé une révision à la baisse des perspectives de croissance économique mondiale – de 3,3 % à 3,1 % cette année, et de 3,3 % à 3 % l’an prochain.

Quel impact sur le Maroc ?

Le Maroc est désormais soumis à la taxe douanière minimale de 10%, étant donné que les États-Unis enregistrent un excédent persistant dans le commerce bilatéral avec le Royaume. Selon les conjoncturistes, l’impact anticipé de cette taxe ne devrait cependant pas être important puisque les exportations vers les États-Unis, malgré leur hausse depuis la signature de l’ALE en 2006, n’ont représenté que 3,4% en 2022, 3% en 2023, et 4,2% en 2024 de l’ensemble. Pour le Royaume, l’application d’un droit de douane de 10% sur 3% à 4% des exportations totales est loin de produire un effet significatif.

Par ailleurs, les données montrent que le Maroc exporte principalement des engrais, des semi-conducteurs et des véhicules à moteur, suivis par les produits de la pêche et les agrumes vers les États-Unis. Pour tous ces produits, les concurrents du Maroc sont soumis à des taxes souvent supérieures, au moins équivalentes, aux 10% imposés au Maroc. Ainsi l’impact direct des hausses douanières sur le Maroc est faible.

Les incertitudes subsistent autour du secteur automobile, étant donné que le Maroc a reçu des investissements importants dans le secteur en provenance de la Chine. La crainte est que, dans ce contexte, les Etats-Unis imposent des hausses de droits de douane au secteur automobile marocain. Là encore, l’impact attendu est à relativiser en considération des enjeux concernés. En effet, l’automobile représente quelque 11% des exportations vers les Etats-Unis, soit moins de 0,5% des exportations totales du Maroc qui serait exposé à un risque de tarif douanier plus élevé. Il est édifiant de rappeler ici que, pour l’automobile, l’UE est de loin le premier client du Maroc ; elle reçoit 80 % des véhicules produits localement.

In fine, l’effet potentiel du néo protectionnisme américain sur le Maroc reste négligeable. Il n’en demeure pas moins que la politique protectionniste américaine, si elle s’attaque à l’origine des capitaux dans automobile, risque de réduire les perspectives d’investisse- ment chinois dans le secteur.

Des opportunités existent si le Maroc arrive à attirer des entreprises qui produisent actuellement en Chine, et pour lesquelles le coût d’export aux Etats-Unis grimpe suite aux fortes barrières douanière. Le Maroc qui jouit d’un accès préférentiel aux marchés américain et européen, et dispose d’avantages géographiques, politiques, humains et en infrastructure, peut alors tirer profit de cette tendance à la délocalisation, notamment dans les secteurs où il dispose déjà d’une base industrielle comme l’automobile et l’aéronautique.

Publicité

Laisser un commentaire

error: Content is protected !!