🎥 Filière du cannabis médical : un développement de la filière pas au rythme espéré

Ecrit par L.Boumahrou I
Depuis l’adoption de la loi n°13-21 sur les usages licites du cannabis, « Ă des fins mĂ©dicales, pharmaceutiques et industrielles » en juin 2021, l’Ă©cosystème de la filière du cannabis continue de susciter le dĂ©bat. 3 ans après l’entrĂ©e en vigueur de cette rĂ©forme, un bilan d’Ă©tape s’impose.
En effet, le Maroc a fait le choix depuis 2021 de mettre en place un cadre lĂ©gal et rĂ©glementaire pour le dĂ©veloppement de la filière du cannabis Ă des fins pharmaceutiques et industriels. Un pas gĂ©ant qui a suscitĂ© l’engouement de tous les acteurs de l’Ă©cosystème.
Mais le rythme de développement de ce secteur à forte valeur ajoutée divise. Et pour cause, la première récolte après la légalisation n’a pas été au rendez-vous et les autorisations de transformation du cannabis pour l’usage pharmaceutique non pas encore été délivrées. A ce rythme, l’objectif de génération d’un flux annuel entre 4,2 et 6,5 Mds de DH d’ici 2028 est encore loin de portée.
Mais au-delà des retombées économiques, l’utilisation pharmaceutique du cannabis pour soulager des millions de malades souffrant de maladies chroniques pour ne citer que le cancer, l’Alzheimer, le parkinson, troubles mentaux…, est d’autant plus importante pour accélérer le développement de cette filière. Sans oublier le maillon le plus important de cet écosystème à savoir l’agriculteur qui doit être toujours au centre de cette réforme.
Lors d’un atelier organisé ce 17 mai par la Fédération Marocaine de l’Industrie et de l’Innovation Pharmaceutiques (FMIIP), l’un des principaux acteurs de cet écosystème, le directeur général de l’Agence Nationale de Réglementation des Activités Relatives au Cannabis (ANRAC) a affirmé que l’arsenal juridique relatif aux textes d’application de la loi 13-21 a été achevé une seule année.
Concernant la rĂ©colte, Mohammed El Gerrouj a affirmĂ© que la première annĂ©e de production a Ă©tĂ© difficile en raison d’un retard d’importation des semences et donc d’implantation. Un retard que l’ANRAC compte rattraper cette annĂ©es. « Cette annĂ©e, nous sommes très avancĂ©s par rapport aux importations et par consĂ©quent la production sera au rendez-vous », a-t-il rassurĂ©.
Un avis que ne partagent pas forcĂ©ment d’autres experts du domaine qui adossent la faible production au non-respect des normes requises pour des fins pharmaceutiques. D’oĂą l’impĂ©ratif d’accompagner les agriculteurs dans cette phase importante de transition.
Pour rattraper le faible taux de rentabilitĂ© et afin de dĂ©marrer la production des mĂ©dicaments, les industriels pharmaceutiques avaient envisagĂ© l’importation du cannabis  Sauf que l’Agence temporise le recours Ă l’importation afin de valoriser et de mettre en valeur le produit local.
« Aucune autorisation d’importation ni de cannabis ni de ses produits de cannabis n’a été délivrée », a affirmé El Gerrouj. L’élaboration d’une nomenclature et un cahier de charge relatif à l’importation desdits produits est en phase d’élaboration par l’Agence et l’ADII.
De son cĂ´tĂ© Aziz Mrabti, directeur des MĂ©dicaments et de la pharmacie au sein du ministère de la SantĂ©, a rappelĂ© que tous les acteurs sont mobilisĂ©s pour mettre en place le cadre rĂ©glementaire et juridique afin d’accompagner le dĂ©veloppement de cette filière.
A ce titre, 3 circulaires ont Ă©tĂ© adoptĂ©es dans un temps record pour accĂ©lĂ©rer ce dĂ©veloppement et rĂ©pondre aux attentes des industriels qui s’impatientent pour dĂ©marrer la production, la commercialisation ainsi que l’exportation.
Concernant la dĂ©livrance des autorisations, Mrabti a affirmĂ© que la tutelle veille au respect strict des standards avant l’octroi desdites autorisations afin de garantir la mise sur le marchĂ© de mĂ©dicaments non nuisibles.
