Réunion du Conseil de sécurité de l’ONU du 31 Octobre 2026 sur le Sahara : quelles perspectives ?

Ce Conseil se tiendra en tenant compte de la résolution de la quatrième Commission de l’Assemblée générale du 15 Octobre 2026 adoptée par 152 voix, et qui fait référence à la résolution 2797 du Conseil de sécurité du 31 Octobre 2025, qui stipule de prendre la proposition marocaine d’autonomie comme base de négociation. Cette résolution de la quatrième Commission indique que le contexte diplomatique international évolue progressivement en faveur de la position marocaine.
Le Conseil de sécurité du 31 Octobre 2026 doit prendre une décision sur le renouvellement de la Minurso avec une reconduction d’une année ou de six mois. Il doit décider également de l’avenir de la Minurso : maintien du mandat actuel, mandat révisé, ou réduction progressive de certaines fonctions de la mission. Le Conseil doit prendre également une position concernant la négociation politique, à la lumière des rapports du Secrétaire général de l’ONU António Guterres et de l’Envoyé personnel pour le Sahara Staffan de Mistura.
Le Secrétaire général de l’ONU a remis au Conseil de sécurité son nouveau rapport sur le Sahara le 1er Octobre 2026. Le rapport rappelle la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui avait fait de la proposition marocaine d’autonomie la base des négociations. Guterres se dit encouragé par la reprise des discussions directes entre les parties : Maroc, Polisario, Algérie, Mauritanie, avec une implication importante des États-Unis et l’accompagnement de l’ONU. Le rapport rend compte du processus politique et du cadre de négociation décidés pour le Conseil de sécurité. L’objectif des négociations n’est pas seulement la question du territoire, mais l’examen des modalités concrètes d’un règlement définitif fondé sur l’autonomie.
Le rapport du Secrétaire général de l’ONU du 1er Octobre 2026 est politiquement favorable au Maroc. En effet, l’autonomie est désormais au cœur du cadre de la négociation, le processus est passé d’une logique du référendum à une solution politique négociée. Les discussions portent davantage sur les modalités d’un règlement. Mais au cours des discussions, le Polisario continue de défendre l’autodétermination avec l’indépendance comme option, soutenu par l’Algérie. Le rapport conserve la notion d’autodétermination, et évoque une consultation significative de la population du Sahara. Il fait apparaître l’idée d’une période transitoire, avec la possibilité de créer un Conseil de transition. Les discussions ne portent plus seulement sur l’autonomie, mais également sur les garanties permettant de la rendre durable et effective. La Mauritanie a demandé une clarification consensuelle des frontières internationales définitives du territoire contesté.
Lors de son briefing à huis clos devant le Conseil de sécurité de l’ONU le 8 Octobre 2026, Staffan de Mistura a fait le constat d’un blocage par le Polisario et l’Algérie qui refusent d’examiner le plan d’autonomie marocain comme cadre de travail principal. L’émissaire onusien a détaillé sa proposition : vision d’une autonomie véritable et authentique comprenant des institutions autonomes, le retour des réfugiés sahraouis dans des conditions de sécurité et de dignité, des attributions confiées aux organes : législation, justice, ordre public et sécurité, et enfin le statut de partenaire dans la gouvernance du Sahara.
En Conclusion, le Conseil de sécurité du 31 Octobre 2026 devra trancher sur le sort de la Minurso, et relancer le processus de négociation entre les quatre parties. Il devra reprendre avec une formulation plus forte le principe de la résolution 2797 : prendre comme base la proposition marocaine d’autonomie. Il devra définir un accord cadre articulé autour d’un Conseil de transition.
La proposition du Secrétaire général de l’ONU de conserver la notion d’autodétermination, avec une consultation significative de la population du Sahara, est inacceptable par le Maroc. Rappelons que plus de 130 États soutiennent le plan d’autonomie du Maroc comme base de règlement du conflit du Sahara.
Ecrit par Jawad KERDOUDI
Président de l’IMRI
(Institut Marocain des Relations Internationales)



