Sociétés cotées : les bénéfices attendus à 50,6 Mds de DH en 2026

Le marché actions marocain devrait prolonger sa dynamique de croissance au cours des deux prochaines années. Portées par les banques, les mines et les secteurs liés aux grands chantiers d’infrastructure, les sociétés du Scope 40 suivies par BMCE Capital Global Research (BKGR) devraient afficher une nouvelle progression de leurs revenus et de leurs bénéfices en 2026 et 2027.
Selon les prévisions du bureau de recherche, le chiffre d’affaires agrégé des principales valeurs cotées atteindrait 347,8 Mds de DH en 2026, soit une hausse de 11,5 % par rapport à 2025. La croissance devrait se poursuivre en 2027 avec des revenus attendus à 372,9 Mds de DH, en progression de 7,2 %.
La rentabilité suivrait la même trajectoire. Le résultat net part du groupe (RNPG) du Scope progresserait à 50,6 Mds de DH en 2026, avant d’atteindre 54,1 Mds de DH en 2027, soit des hausses respectives de 11,4 % et 6,9 %.
Derrière ces performances globales se cache toutefois une réalité plus nuancée. Une large part de la croissance bénéficiaire attendue en 2026 proviendrait du secteur minier et du compartiment bancaire.
Les analystes soulignent notamment la contribution de Managem, qui devrait profiter à la fois de la montée en puissance de ses nouveaux projets miniers, d’un environnement toujours favorable sur les métaux précieux et d’une plus-value exceptionnelle de 1,5 Md de DH liée à la cession d’une participation dans le projet aurifère Gabgaba au Soudan.
Le secteur bancaire demeure, pour sa part, le principal moteur récurrent de la cote. Les bénéfices des financières devraient progresser de 12,3 % en 2026 pour atteindre près de 20 Mds de DH, puis de 7,8 % en 2027 à 21,5 Mds de DH. Cette performance serait alimentée par la croissance du crédit, la résilience des marges d’intérêt et la poursuite de la normalisation du coût du risque.
L’effet des grands chantiers continue de se diffuser
La préparation des échéances de 2030 reste un puissant catalyseur pour plusieurs secteurs de la cote. BTP, cimenteries, infrastructures portuaires, logistique ou encore santé privée devraient continuer de bénéficier de l’accélération des investissements publics et privés.
Dans ce contexte, les analystes identifient notamment SGTM, TGCC, Marsa Maroc et Akdital parmi les valeurs susceptibles de profiter pleinement de la montée en cadence des grands projets structurants.
Le secteur industriel dans son ensemble verrait ainsi son chiffre d’affaires progresser de 12,9 % en 2026 à 241,6 Mds de DH, avant une nouvelle croissance de 7,5 % en 2027.
Un marché plus solide qu’il n’y paraît
L’un des enseignements du rapport réside dans l’analyse des bénéfices hors éléments exceptionnels. En retraitant l’effet des activités minières ainsi que l’impact du règlement du différend entre Maroc Telecom et Wana Corporate, le RNPG agrégé du marché progresserait tout de même de 7,3 % en 2026 puis de 11,2 % en 2027.
Cette lecture permet de mieux mesurer la solidité du cycle bénéficiaire actuel. Malgré un contexte marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité des matières premières et des coûts énergétiques encore élevés, les fondamentaux des entreprises cotées demeurent orientés positivement.
L’amélioration des bénéfices s’accompagnerait d’une détente progressive des multiples de valorisation. Le PER moyen du marché est attendu à 18 fois les bénéfices estimés de 2026, contre 20,6 fois en 2025, avant de reculer à 16,8 fois en 2027.
Parallèlement, la masse globale des dividendes poursuivrait sa progression pour atteindre 26,4 Mds de DH en 2026, puis 28,6 Mds de DH en 2027, soutenant l’attractivité du marché auprès des investisseurs en quête de rendement.
Un marché porté par les investissements
Au final, le scénario dressé par BKGR reste celui d’un marché bénéficiant encore d’un important potentiel de croissance. L’investissement, qu’il soit public ou privé, apparaît comme le principal carburant de cette dynamique, qu’il s’agisse des infrastructures, du secteur bancaire, de la santé, de la logistique ou encore de la distribution moderne.
La concentration de la croissance sur quelques secteurs clés constitue néanmoins un point de vigilance. La capacité du reste de la cote à prendre le relais des banques et des minières sera l’un des principaux enjeux pour maintenir le rythme de progression des bénéfices au-delà de 2027.


