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Chronique

Sommet de l’APEC en Malaisie : une nouvelle avancée de la Chine

Election ONU

Un Sommet de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) a eu lieu sous forme de visioconférence le 20 Novembre 2020.

L’APEC est un Forum économique intergouvernemental créé en 1989 ayant son siège à Singapour et qui regroupe 21 membres appartenant à la région Asie-Pacifique. Parmi les membres figurent les trois premières puissances mondiales : Etats-Unis, Chine et Japon. L’objectif de l’APEC est de faciliter la croissance économique, la coopération, les échanges et l’investissement dans la région Asie-Pacifique.

En 1994, les objectifs du Sommet de Bogor (Indonésie) étaient de créer une zone de libre-échange en 2010 pour les économies industrialisées et en 2020 pour les économies en voie de développement. La coopération économique et technique s’étend aussi sur le plan sanitaire notamment lors de la pandémie de la grippe aviaire en 2006 (H5N1). L’APEC est pour un dialogue ouvert avec un respect égal pour tous les membres, les décisions étant obtenues par consensus et les engagements pris sur une base volontaire.

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Un Sommet de l’APEC a lieu chaque année, celui du 20 Novembre 2020 a été marqué par le discours du Président chinois Xi Jinping qui a affirmé que la Chine est le moteur du commerce mondial. Il s’est engagé à ouvrir davantage le marché intérieur chinois et à défendre le multilatéralisme pour favoriser une économie mondiale ouverte.

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Quelques jours avant le Sommet, la Chine avait signé le 15 Novembre 2020 un Accord de libre-échange avec 14 pays de la région Asie-Pacifique. Dénommé en anglais (RCEP), il s’agit d’un Partenariat régional économique global qui regroupe les 10 Etats de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) ainsi que la Chine, le Japon, la Corée du sud, l’Australie et la Nouvelle Zélande. C’est un Accord commercial dont les membres représentent 30% du PIB mondial et une population de 2 milliards d’habitants. Avec cet Accord et les « nouvelles routes de la soie », la Chine marque une influence grandissante dans le commerce mondial.

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Tandis que les dirigeants de l’APEC ont appelé à un commerce ouvert et multilatéral en vue de soutenir l’économie mondiale touchée par la pandémie du Covid 19, Donald Trump s’est adressé au Forum de l’APEC dans une allocution fermée aux médias. Selon la Maison Blanche, Mr Trump a réaffirmé l’engagement des Etats-Unis à mettre à profit son rebond économique sans précèdent après le Covid-19, et à promouvoir la paix et la prospérité dans la région indo-pacifique par une croissance économique forte.

Cependant fidèle à son slogan de campagne « L’Amérique d’abord », le Président américain a fait du protectionnisme sa ligne de conduite pendant son mandat, et n’a pas participé aux Sommets de l’APEC pendant trois ans (2017-2018-2019). Il n’a pas non plus participé au dernier Sommet de l’ASEAN, et a adopté une ligne dure envers la Chine en imposant à la deuxième économie mondiale une série de surtaxes douanières et de barrières à son secteur technologique.

Selon certains observateurs, Donald Trump qui continue de nier sa défaite à l’élection présidentielle américaine, cherche avec son intervention au Sommet de l’APEC à se donner une posture présidentielle sur la scène internationale. Il veut saisir cette opportunité pour se présenter comme un président en exercice et en tirer des bénéficies en politique intérieure. Depuis le scrutin du 3 Novembre, Donald Trump n’a cessé d’affirmer sans preuve que l’élection présidentielle américaine et le décompte des voix sont entachés de fraude. Ses avocats ont lancé de multiples recours en justice, tandis que ses soutiens tentent de faire pression sur les responsables locaux pour qu’ils ne certifient pas les comptages des voix.

En conclusion, on ne peut que constater les avancées de la Chine vers une position dominante dans le commerce international, du fait de son choix du multilatéralisme, des accords de libre-échange avec les pays asiatiques les plus dynamiques et de l’édification d’une logistique mondiale (routes de la soie). De tout temps, les échanges ont montré qu’ils sont les moteurs de la croissance. Il faut espérer pour le monde occidental que la parenthèse Donald Trump soit rapidement fermée, et que Joe Biden puisse réparer les dégâts et redonner avec Etats-Unis leur leadership.

Enfin, le temps aux Etats-Unis entre le jour des élections (3 Novembre) et le jour de l’investiture du nouveau président (20 Janvier) est trop long pour la transition entre le président en exercice et le président élu. Il faudrait envisager une réforme constitutionnelle pour raccourcir ce délai incompréhensible en plein XXIème siècle et parfois préjudiciable aux intérêts du pays.

Par Jawad KERDOUDI

Président de l’IMRI

(Institut Marocain des Relations Internationales)

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