Tomates : le Maroc passe 2e fournisseur de l’UE

Le marché européen de la tomate connaît une évolution significative : en 2024, le Maroc s’est hissé à la deuxième place parmi les fournisseurs de tomates de l’Union européenne, reléguant l’Espagne à la troisième position. Cette bascule s’appuie sur des données solides et traduisent les changements structurels dans les flux commerciaux, les stratégies de production et les dynamiques compétitives.
Les données d’Euroestacom, analysées par Hortoinfo, montrent qu’en 2024 les États membres de l’UE ont importé 2 875,37 millions de kilos de tomates, pour une valeur totale de 4 972,64 millions d’euros. Parmi ces importations, le Maroc a exporté 579,79 millions de kilos, générant un chiffre d’affaires de 999,04 millions d’euros, un bond de près de 47,18 % en volume par rapport à 2016. En comparaison, l’Espagne est tombée à 531,77 millions de kilos, avec un chiffre d’affaires de 933,63 millions d’euros..Le leader reste les Pays-Bas, avec environ 743,29 millions de kilos expédiés.
Cette progression résulte de plusieurs facteurs convergents. Tout d’abord, la forte croissance de la production marocaine destinée à l’export et son positionnement sur des marchés exigeants, grâce à des politiques d’appui, à la qualité des cultures et à l’optimisation logistique. Le coût de production, les conditions climatiques plus favorables pendant certaines saisons, ainsi que des stratégies de diversification des débouchés renforcent la compétitivité du Maroc. Par ailleurs, l’Espagne subit des contraintes liées au coût de l’eau, aux normes environnementales, à la pression sur les intrants, ce qui affecte la compétitivité de certaines de ses productions.
Ce changement de hiérarchie ne se fait pas sans répercussions. Les producteurs espagnols expriment des inquiétudes quant à la concurrence accrue, aux différences de coût de fonctionnement ou de subvention entre pays, ainsi qu’à l’approche réglementaire, parfois perçue comme moins rigoureuse à l’extérieur de l’UE. Ces préoccupations soulèvent des débats sur la nécessité d’équité commerciale, de normes environnementales et phytosanitaires alignées pour tous les fournisseurs.
Du côté marocain, maintenir cette position nécessite de consolider la qualité des exportations, de respecter les normes de l’UE, de maîtriser les coûts logistiques et d’irrigation, et de faire face aux risques climatiques.
La montée du Maroc vers cette place de 2ᵉ fournisseur européen de tomates constitue à la fois une réussite stratégique et un défi. D’un côté, elle légitime les efforts faits par les producteurs, les exportateurs et les pouvoirs publics pour moderniser les filières, améliorer la qualité et pénétrer les marchés externes. De l’autre, elle impose des exigences accrues : délais logistiques, qualité sanitaire, traçabilité, adaptation aux normes climatiques et phytosanitaires européennes. (Avec AgriMaroc)
