Très haut débit : toujours pas de visibilité sur la 5G au Maroc

Ecrit par S. E. I
Le haut débit est désormais un enjeu stratégique. Programmée au départ dans la note d’orientation générale du secteur des télécoms 2020-2023, la 5G a été reportée à 2024, année qui, selon les opérateurs, ne verrait visiblement pas le lacement effectif des licences pour cette technologie. Pour quelles raisons ?
Le Maroc s’apprête à co-organiser la coupe du monde en 2030. Un tel évènement nécessite pour sa réussite la combinaison d’un ensemble d’éléments notamment en infrastructures et en télécommunications. Sur ce dernier point, le très haut débit se veut un enjeu stratégique. Nombreuses sont les études ayant conclu à une contribution positive du haut débit à la croissance économique, aux gains de productivité, à l’emploi et à la production. Toutefois même si l’environnement et la valeur de la 5G sont positifs, son adoption réussie suscite des inquiétudes, y compris en Europe.
En France, à l’exception de quelques grands groupes, les applications professionnelles de cette technologie peinent à séduire le monde professionnel. Cette absence, pour l’heure de la demande en Europe explique, pourquoi la plupart des opérateurs ralentissent leurs investissements. Ericsson et Nokia, qui fournissent les antennes et équipements 5G, souffrent du déclin des investissements. L’an dernier, les deux opérateurs ont vu leurs ventes se replier de respectivement 3% et 11%.
Il est donc difficile d’envisager un déploiement généralisé de la 5G dans les pays émergents, notamment au vu des investissements importants que nécessitent la transformation des infrastructures et la modernisation des réseaux.
À l’horizon 2025, la 5G devrait devenir la norme prédominante dans la région Grande Chine et en Amérique du Nord, tandis que le reste du monde devrait continuer à utiliser majoritairement la 4G.
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Où en est le Maroc ?
Programmée au départ dans la note d’orientation générale du secteur des télécoms 2020-2023, la 5G a été reportée à 2024, année qui, selon les opérateurs, ne verrait visiblement pas le lacement effectif des licences pour cette technologie. « L’absence de progrès concrets contraste avec les exigences de la mise en place d’une connectivité internet de haute qualité selon les normes de la FIFA, en tant que pays hôte de la coupe du monde de football en 2030 », rappellent les conjoncturiste dans une lettre récente. Ils informent par ailleurs qu’en 2022, le Qatar avait déployé un important réseau 5G couvrant tous les stades, ainsi que d’autres zones telles que les aéroports, les métros et les fan zones.
D’après eux la tiédeur des opérateurs à s’engager dans cette voie tient aux obstacles économiques en raison de l’investissement massif nécessaire et de la rentabilité incertaine.
S’agissant de la régulation, le déploiement de la 5G nécessite un réaménagement complet des fréquences qui sont déjà utilisées par de nombreux acteurs tels que les forces de l’ordre, les services maritimes, l’aviation, les télécoms …
Face aux coûts exorbitants des investissements, la mutualisation des efforts des opérateurs est nécessaire. « Si certains recommandent un dialogue nécessaire entre les opérateurs, d’autres sont en faveur de changements dans l’organisation actuelle du secteur des télécoms. Ils préconisent l’ouverture du marché aux opérateurs d’infrastructures pour accélérer la mutualisation et le partage ce qui attirerait selon eux les investisseurs mondiaux sur le marché marocain des télécommunications ».
Nous ne pouvons conclure sans citer les raisons politiques qui vont également à l’encontre de tels investissements. A titre d’exepmle, le conflit géostratégique entre Chine/ Etats-Unis sur fond de guerre commerciale et l’ambition américaine de contrer la suprématie chinoise peut constituer un obstacle supplémentaire. Ailleurs, en Afrique, les sanctions américaines à l’égard de Huawei ont mis un frein aux plans de plusieurs grands fournisseurs Internet à travers le continent africain.
