L’exécution de la loi de finances au cours des cinq premiers mois de l’année 2024 s’est déroulée dans un contexte marqué par la poursuite du ralentissement de l’inflation qui est revenue à +0,9% en moyenne à fin avril 2024, son plus bas niveau jamais atteint depuis juin 2021, après +8,8% au cours de la même période de l’année 2023.
En outre, et en dépit d’un démarrage moins favorable que prévu de la campagne agricole, l’activité économique poursuit son affermissement, tirée notamment par la reprise du secteur secondaire, en particulier le BTP, l’énergie et les industries extractives, et par le dynamisme continu des services. C’est ce qui ressort de la situation des charges et ressources du Trésor à fin avril publiée par le ministère de l’Economie et des Finances.
Dans ces conditions, la situation des charges et ressources du Trésor fait ressortir un déficit budgétaire de 17,6 Mds de DH, contre 24,9 Mds de DH un an auparavant. Cette évolution reflète une augmentation des recettes (+12,3 Mds de DH) plus importante que celle des dépenses (+5,1 Mds de DH).
Les recettes ont enregistré, sur une base nette des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, un taux de réalisation de 40% par rapport aux prévisions de la loi de finances (LF) et une hausse de 12,3 Mds de DH (+10%) comparativement à fin mai 2023.
Les recettes fiscales ont affiché un taux de réalisation de 45,7% et une progression soutenue de 14,7 Mds de DH (+13,5%). Les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, y compris la part supportée par les collectivités territoriales, se sont chiffrés à 6,7 Mds de DH contre 7 Mds de DH à fin mai 2023.
Les dépenses ordinaires ont atteint un montant de 127,7 Mds de DH, enregistrant un taux d’exécution de 41,6% et une hausse de 1,7 Md de DH par rapport à fin mai 2023. Cette évolution est attribuable à l’augmentation des dépenses au titre des biens et services de 3,1 Mds de DH. Les charges de la compensation ont, pour leur part, marqué une baisse de 1,3 Md de DH. Quant aux intérêts de la dette, ils se sont situés quasiment au même niveau enregistré à fin mai 2023.
L’exécution des dépenses des biens et services est marquée par un taux de réalisation de 40,7% pour les dépenses de personnel et 40,2% pour les dépenses afférentes aux « autres biens et services », en augmentation de 2,2 Mds de DH et 0,9 Md de DH, respectivement par rapport à fin mai 2023.
Les intérêts de la dette ont, pour leur part, affiché un taux de réalisation de 33,2%. Leur quasi‐stabilité recouvre une hausse de ceux afférents à la dette extérieure (+1,9 Md de DH) compensée par une baisse des intérêts de la dette intérieure (‐ 2 Mds de DH).
Les charges de la compensation ont enregistré un taux de réalisation de 76,2%. Elles ont affiché, par rapport à fin mai 2023, une baisse de 1,3 Md de DH provenant du gaz butane (7,5 Mds de DH, en recul de 1 Md de DH), de la farine nationale de blé tendre (0,9 Md de DH et ‐1,6 Md de DH), tandis que la charge au titre du sucre a augmenté de 0,7 Md de DH pour ressortir à 2,9 Mds de DH.
Les subventions accordées aux professionnels du secteur du transport routier se sont élevées à 1,6 Md de DH, contre 1 Md de DH un an auparavant. Il est à noter qu’une décompensation partielle du gaz butane a été opérée à partir de 20 mai 2024 et a porté sur une réduction de 2,5 DH pour la bonbonne de 3 kg et 10 DH pour la bonbonne de 12 kg.
Ces évolutions des recettes et des dépenses se sont traduites par un solde ordinaire excédentaire de 7,7 Mds de DH, contre ‐3 Mds de DH un an auparavant .
En ce qui concerne les dépenses d’investissement, les émissions ont atteint 36,1 Mds de DH, en baisse de 2 Mds de DH par rapport à fin mai 2023. Comparativement aux prévisions de la LF 2024, leur taux de réalisation s’est élevé à 36%.






