2024, année de réelle reprise ?

La croissance économique devrait se situer à 3,2% au T3 2024, malgré un ralentissement des activités agricoles. Boostée par les récentes précipitations, donc avec impact positif attendu sur le secteur agricole et sur le marché du travail, l’économie marocaine est-elle au rendez-vous avec une réelle reprise cette année ?
L’activité économique nationale continue de se redresser en 2024. Au deuxième trimestre, le PIB a progressé de 2,9%, contre 2,5% au trimestre précédent, soutenu principalement par l’évolution positive de la demande intérieure, influencée par un calendrier favorable aux dépenses de consommation (fêtes religieuses, Vacances d’été…).
La croissance de l’activité hors agriculture a également enregistré une hausse de 3,7% en rythme annuel, après un début d’année plus modéré. Dans un contexte de ralentissement de l’inflation, BAM a décidé, lors de sa réunion du 25 juin, de réduire son taux directeur de 25 points de base, le portant à 2,75%.
Cette décision reflète non seulement la maîtrise de l’inflation au niveau national, mais aussi la volonté de soutenir la reprise économique dans une conjoncture mouvementée, malgré la contraction de la valeur ajoutée agricole à 4,9%.
Néanmoins, dans cette dynamique, on constate une dégradation continue de l’emploi, avec un taux de chômage atteignant 13,1 %. Cette hausse s’explique en grande partie par la perte de 141 000 emplois en milieu rural, principalement attribuable à la persistance du stress hydrique, rappelle Valoris Securities dans une analyse.
Concernant la balance commerciale, le déficit s’est légèrement accru de 1,1%, atteignant 169 Mds de DH.
Cette évolution est principalement due à l’augmentation des importations de produits finis d’équipement, de demi-produits, et de produits finis de consommation.
À fin juillet 2024, les importations ont totalisé 431,4 Mds de DH, tandis que les exportations ont progressé pour atteindre 262,4 Mds de DH.
Dans ce contexte, l’analyse de Valoris Securities relève que les projections pour fin 2024 pourraient offrir de nombreuses opportunités de croissance pour le Maroc.
Citant d’ailleurs deux facteurs phares. D’abord, les récentes annonces relatives à l’organisation de la CAN 2025 et de la Coupe du Monde 2030, combinées au lancement des aides directes au logement et à l’amélioration des conditions de financement pour les entreprises, devraient non seulement dynamiser le secteur du BTP et de l’industrie, mais également susciter une dynamique positive dans des secteurs connexes tels que l’immobilier, le tourisme, l’hôtellerie et les services. Ensuite, l’amélioration de la demande intérieure, tirée par la croissance progressive du pouvoir d’achat favorisée par la baisse de l’inflation, devrait s’accompagner d’une hausse de la Formation Brute de Capital (FBC) de 5,9 % selon le HCP, soutenue par l’accélération des investissements en infrastructures, conformément aux différentes annonces depuis le début de l’année.
Une résilience économique au T2-2024, malgré le recul de l’activité agricole
Selon le HCP, la croissance économique nationale aurait atteint 2,9% au deuxième trimestre 2024, contre 2,5% au trimestre précédent. Cette performance est principalement attribuée à une légère reprise de la demande intérieure, stimulée par un effet positif du calendrier sur les dépenses de consommation (fêtes religieuses, Vacances d’été…).
Selon la même source, la croissance économique devrait continuer sur cette lancée positive pour atteindre 3,2 % au troisième trimestre de 2024.
Dans le même sillage, l’analyse de Valoris Securities soulève un ralentissement des activités agricoles, principalement en raison du déficit hydrique persistant et des conditions météorologiques défavorables.
Cela s’est traduit par une contraction de la valeur ajoutée agricole de -4,9%, contre une hausse de +1,5% un an plus tôt. En revanche, le secteur secondaire a démontré sa résilience, affichant une croissance de +3,7% au T2-2024, soit un niveau comparable à celui d’avant la crise Covid.
Les résultats de l’enquête sur le moral des ménages menée par le HCP montrent une amélioration modérée, indiquant un moindre pessimisme quant à leur situation financière. L’indice de confiance des ménages (ICM) s’établit à 46,1 points au T2-2024, contre 45,3 points au trimestre précédent et 45,4 points un an auparavant.
Une légère décélération du taux d’inflation
Concernant l’inflation, l’IPC a diminué de 0,2 % en juillet par rapport au mois précédent, principalement en raison d’une baisse de 2,2 % des prix des produits alimentaires. Sur une base annuelle, l’inflation s’est réduite à 1,3 %, après avoir été de 1,8 % le mois précédent, ce qui porte la moyenne des sept premiers mois de 2024 à 1 %.
Pour rappel, Lors de sa réunion de juin dernier, BAM a prévu que l’inflation se stabilisera à une moyenne de 1,5 % pour l’année en cours et atteindra 2,7 % en 2025. La composante sous-jacente, a atteint en moyenne 2,1 % au cours des cinq premiers mois de l’année et devrait rester stable autour de ce niveau jusqu’à la fin de 2025.
