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Economie

Le dirham se déprécie à cause des flux importants à l’import

Dirham

Des “mouvements très importants” à l’import seraient derrière la dépréciation du dirham depuis quelques mois, a indiqué, mardi à Rabat, le Wali de Bank Al Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri.

“Nous avons tenu des réunions avec les responsables des salles de marchés des banques pour se pencher sur les raisons de cette dépréciation de la monnaie nationale, et ce malgré une explosion des recettes touristiques et des MRE”, a dit A. Jouahri lors d’un point de presse tenu à l’issue de la 3ème réunion du Conseil de BAM de l’année 2022.

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Expliquant cette tendance, le gouverneur de BAM a fait état de flux importants à l’import concernant les produits céréaliers, énergétiques et demi produits, en dépit de la bonne performance des recettes de voyage et des MRE.

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Selon BAM, les importations devraient progresser de 34,5% en 2022, reflétant principalement un alourdissement de la facture énergétique à 135,1 milliards de dirhams (Mds de DH), contre 75,8 Mds de DH en 2021, et une augmentation des achats des demi-produits à 167 Mds de DH (après 115,5 milliards).

Bénéficiant de la réouverture des frontières et de la régression notable de la pandémie au niveau mondial, les recettes de voyage ont atteint 36,7 Mds de DH sur les sept premiers mois de 2022 et devraient ressortir sur l’ensemble de l’année à 79,8 milliards, après 34,3 milliards en 2021 et 78,7 milliards en 2019, a relevé A. Jouahri.

Ayant déjà totalisé 58,2 Mds de DH sur les sept premiers mois de l’année, les transferts des MRE devraient, pour leur part, marquer une progression à près de 100 milliards en 2022 contre 93,7 milliards en 2021, avant de revenir à 92,4 milliards en 2023.

“Si on va vers la borne de dépréciation, BAM va intervenir via des adjudications de devises pour le système bancaire pour contenir le dirham dans le cadre de la bande de fluctuation”, a-t-il assuré.

Et de soutenir que la conjoncture “incertaine” tant à l’échelle nationale qu’internationale n’est pas favorable au passage à la prochaine phase de flexibilité du dirham.

Revenant sur la décision du Conseil de BAM de relever le taux directeur de 50 points de base (pbs) à 2%, A. Jouahri a noté que cette décision a pris en considération l’ensemble de ces évolutions.

“Si on n’avait pas augmenté le taux directeur, la dépréciation du dirham serait importante et va impacter l’inflation”, a-t-il dit.

Par ailleurs, A. Jouahri a souligné l’importance du renforcement des filets sociaux, tout en réitérant son soutien au ciblage dans l’appui aux citoyens, eu égard à leurs avantages en termes notamment de suivi des résultats des différents programmes d’appui.

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