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Société

Enseignants contractuels : Le cadeau empoisonné de Benkirane à El Othmani

syndicats gouvernement rentrée sociale au Maroc Education Nationale

Voilà que la solution qui a vu le jour sous l’ère Benkirane est devenue un cadeau empoisonné pour El Othmani. Le recrutement par contrat d’enseignants, une des mesures phares du gouvernement Benkirane en 2016 pour prêter main forte au corps enseignant, met aujourd’hui le gouvernement El Othmani au pied du mur.

En effet, dans un dernier développement, le ministère de tutelle avait annoncé en catastrophe le samedi soir les propositions du gouvernement concernant le statut des cadres des Académies régionales d’éducation et formation (AREF) visent à rehausser la qualité du recrutement par contrat.

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Les propositions qui visent à améliorer le statut actuel basé sur le recrutement par contrat, en passant à une situation réglementaire similaire à celle des fonctionnaires soumis au statut particulier du personnel de l’Education nationale et ce, dans le cadre du recrutement par les AREF ont été dévoilées lors d’une réunion avec les syndicats de l’enseignement les plus représentatifs, tenue à la demande du chef du gouvernement. Said Amzazi a affirmé que les propositions du gouvernement portent sur les axes de l’amendement des dispositions du statut des cadres des AREF et les droits qui y seront incorporés, ainsi que sur l’adoption de ces amendements.

Il a précisé que l’axe d’amendement du statut concerne, notamment, l’abandon du système contractuel et la résiliation du contrat, par le réexamen de tous les articles abordant la résiliation du contrat du fait que le système contractuel n’est plus en vigueur. Il porte, également, sur l’exercice d’activités en dehors des horaires de travail, en autorisant aux cadres des AREF de les exercer, à condition que les activités en question ne soient pas rémunérées, à l’instar des autres fonctionnaires.

Les propositions du gouvernement concernent aussi la promotion en accordant aux cadres des AREF le droit à l’avancement de grade et d’échelle tout au long de leur carrière. Il s’agit également de la révision de l’article 25 du statut relatif à la retraite suite à une maladie grave, de manière à répondre favorablement à cette revendication et permettre aux cadres des AREF l’accès aux mêmes droits des autres fonctionnaires.

Concernant le cas de l’incapacité, les propositions du gouvernement portent sur l’application, aux cadres des AREF, des mêmes dispositions valables pour les fonctionnaires de l’administration publique.

Le deuxième axe des propositions du gouvernement porte en particulier sur la possibilité de candidature au concours des inspecteurs si les conditions sont réunies, à l’instar des autres enseignants de l’Education nationale. Idem pour les concours d’agrégation, l’accès à l’administration pédagogique et l’orientation et la planification pédagogique.

Le ministre s’est même engagé à ce que ces amendements seront adoptés lors d’une session extraordinaire des conseils d’administration des AREF, prévue incessamment.

Des propositions rejetées en bloc

La CDT, l’UMT, la FDT, l’UGTM et l’UNTM ont réagi à cette annonce en diffusant un communiqué conjoint où les centrales syndicales rejettent en bloc ces propositions. Elles estiment que « l’unique solution » au problème est l’«intégration dans la fonction publique » des 70.000 enseignants contractuels. Elles ont également appelé à l’ouverture de « réelles négociations menant à des résultats à la hauteur des attentes de l’ensemble des salariés » du ministère de Said Amzazi.

communique

Pour sa part, la coordination des enseignants contractuels, qui n’a pas pris part à la réunion tenue en urgence le 9 mars, a annoncé le prolongement de la grève d’une semaine supplémentaire, faisant planer la menace d’une année blanche.

Le timing de ce conflit est plus que préjudiciable pour le pays qui en phase d’implémenter une nouvelle réforme à un secteur problématique et qui ne remplit son rôle de mobilité sociale.

communique 2

Pourtant, il y avait bien un antécédent

La titularisation est une revendication qui allait tôt ou tard surgir ! Les rédacteurs du Décret n°2-15-770 du 9 août 2016 fixant les conditions et modalités de recrutement n’ont pas fait attention à ce qui peut être considéré dans ce contrat d’adhésion comme clause abusive, l’Etat ayant le poids et la force d’imposer des conditions unilatérales tel que scandent les enseignants contractuels.

Autre élément qui devait alerter les pouvoirs publics est que l’essentiel de ceux ayant adhéré à ce type de contrat sont issus des coordinations des diplômés qui ont depuis des années revendiquer l’accès à la fonction publique. C’est dire que ce type de contrat leur a ouvert une brèche qu’ils ont saisi !

Plus encore, la titularisation est presque inscrite dans l’ADN marocain. Rappelez-vous les grèves des intérimaires engagés par des sociétés d’intérim aussi bien à l’ONE qu’à Autoroutes du Maroc, qui avaient observé nombre de grèves pour être titularisés. Comme quoi, on ne retient pas les leçons du passé !

Dans le contexte actuel, le gouvernement se retrouve dans de beaux draps : Où trouver les moyens de recruter d’un coup 70.000 enseignants pour ce secteur d’emblée budgétivore ?

L’autre réaction à craindre est celle des enseignants de la fonction publique, qui passent par monts et par vaux, notamment un concours, une formation de deux à quatre ans, une affectation en régions, un travail sans solde de six mois en attendant le rappel… C’est dire que ce feuilleton ne fait que commencer !

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