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Édito

Etat social : sommes-nous sur la bonne voie ?

seddiki Mezour

Ecrit par Lamiae Boumahrou I

Le gouvernement ne cesse de proclamer son engagement pour l’instauration d’un Etat social. La généralisation de la couverture sociale, l’aide directe sociale ainsi que l’aide au logement représentent, sont pour le gouvernement d’Akhannouch, les principaux jalons de cette orientation sociale dictée par le nouveau modèle de développement. Mais qu’en est-il réellement ? Ces mesures ont-elles impacté et amélioré, un tant soit peu, les conditions de vie des milliers de Marocains qui vivent dans la précarité, dans l’indignité et dans un manque total de visibilité ?

Malheureusement, la réalité est plus rude que ce que l’on imagine. En effet, l’augmentation alarmante du taux de chômage en dit long sur les conditions, de plus en plus difficiles, de vie des Marocains. Et ce ne sont pas les 500 DH d’aide directe qui vont changer la donne. Surtout avec les hausses qui se profilent à l’horizon.

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Et en attendant que le gouvernement trouve des solutions pour renverser cette tendance et honorer ses engagements en matière de création d’emplois, beaucoup de Marocains tentent de chercher des alternatives pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. 

Nous avons tous, dans nos entourages, des personnes qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts et enchaînent des jobs, parfois indécents, pour boucler les fins de mois. Des personnes qui se voient contraintes de travailler dans l’informel et dans l’illégalité pour survivre. Des personnes qui se sentent opprimées par le système.

Le cas d’un père de famille (M.M.) m’a interpellé, indigné et frustré. Et c’est loin d’être un cas isolé. Avec 2 enfants à charge et une femme, M.M. vit dans la précarité totale. Après des années de vente à l’étalage, il a décidé, comme des milliers de chomeurs, de se convertir dans un projet de café ambulant. Un projet pour vivre dignement et améliorer ses conditions de vie. Avec 20.000 DH en poche (héritage), M.M. a décidé d’investir dans une charrette et dans une machine à café. Le rêve de détenir son propre micro-projet pour vivre dignement.

Sauf que le rêve peut d’un moment à l’autre se transformer en cauchemar. Et pour cause, il s’agit d’une activité toujours informelle ce qui implique que M.M. est à la merci des autorités qui menacent de lui arracher cette lueur d’espoir.

Pour éviter une éventuelle saisie de ce projet, M.M. a bel et bien déposé une demande d’autorisation auprès de la commune de Casablanca, comme beaucoup de ces semblables.

Malheureusement, à ce jour, la commune n’a toujours pas adopté le cadre réglementaire qui régit cette activité laissant des centaines de petits porteurs de projets dans un stress permanent et dans le flou total.

Il s’agit du cadre qui réglemente la détermination des emplacements d’occupation temporelle du domaine public par les food trucks et les cafés ambulants. Les autorités avaient pourtant émis leur accord préalable pour délivrer ces autorisations et faire basculer cette activité de l’informel au formel avant que les propriétaires de cafés et restaurants n’aient monté au créneau pour dénoncer une concurrence déloyale.

La grogne des propriétaires de cafés et restaurants est-elle à l’origine de ce retard ? Si c’est le cas, on se demande jusqu’à quand les autorités vont-elles continuer à céder aux pressions, dans tout secteur confondu, au détriment des citoyens invulnérables dont les droits sont perpétuellement bafoués ?

Le cas des propriétaires des camions-cafés est celui des chauffeurs Indrive et de bien d’autres activités qui exercent mais sans cadre réglementaire. Indirectement, l’Etat favorise l’informel qui gangrène l’économie et constitue un obstacle majeur pour le développement socio-économique. Faut-il rappeler que près de 2 travailleurs sur 3 sont en situation d’informalité.

La simplification des procédures et formalités administratives, la transparence et l’égalité des chances dont se vante le gouvernement n’est que de la poudre aux yeux. Des slogans et des fausses promesses qui ne s’appliquent pas sur le terrain. 

C’est une vraie volonté politique de changement de paradigme et d’adaptation au contexte et à la conjoncture qui s’impose. Si le gouvernement n’est pas en mesure d’apporter des mesures concrètes au marché de l’emploi, qu’il adapte, au moins, le cadre juridique et réglementaire pour permettre aux Marocains de travailler dignement. Car on ne peut lutter contre l’informel que par le volet fiscal. A bon entendeur !

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