(in)Sécurité et (in)civisme routiers : à quand les drones au Maroc ?

A l’aube des grands départs de la saison estivale, la question de la sécurité routière revêt une importance vitale : le trafic explose. Une question qui pose un véritable défi aux autorités publiques qui ne parviennent pas à inverser la vapeur du bilan des accidents de la circulation et du bilan humain très lourd.
En dix ans, le nombre des accidents a presque doublé et le nombre de tués a augmenté. En 2016, le Maroc récence 80.680 accidents corporels faisant 3.785 tués et 119.162 blessés. En 2025, le nombre des accidents est de 160.000 et 4.577 tués.
Pour faire face à l’hécatombe, les autorités ont lancé une stratégie nationale 2026-2030 qui tend à diminuer de 50% les décès en 2030.
Vont-elles y parvenir ? C’est tout le mal qu’on leur souhaite pour arrêter que le sang arrose l’asphalte.
A cet effet, des moyens importantes sont déployés notamment des radars dont le nombre passe à 1.140, sans oublier les caméras de surveillance, etc.
Malheureusement, le grand problème de l’insécurité routière est l’incivisme routier qui sape tous les efforts des politiques de prévention et de sécurité routière.
Car au-delà des excès de vitesse, de l’état du véhicule, des conditions climatiques et l’état des routes… au Maroc l’opportunisme et l’incivisme routiers semblent être la cause principale de cette triste performance.
Rouler en sens interdit, rouler sur la bande de sécurité, changement de direction sans clignotant, relouer en dehors de son couloir, stationnement dangereux ou gênant, le doublage à droite, les queues de poisson, le non-respect de la distance de sécurité, l’utilisation du téléphone… des infractions punies par le Code de la route mais qui ne peuvent être détectées par les radars ni les caméras fixes. Conduire au Maroc devient un acte très dangereux et vous l’aurez certainement constaté au quotidien : en ville, en campagne, sur une route nationale ou régionale ou encore sur les autoroutes où un simple voyage se transforme un événement tragique. Sans compter le coût financier parfois très lourd.
Pour répondre à cette problématique de sécurité, il y a une solution déployée par d’autres pays, notamment la France : les drones pour appuyer les agents sur le terrain.
Selon les chiffres disponibles, l’Hexagone dispose d’une flotte de près de plus de 2.000 drones.
Bien évidemment au-delà de l’aspect technologique et la formation des agents de police et de gendarmerie à cette technologie, il y a un aspect réglementaire à préparer pour permettre l’introduction de ces drones et fixer le périmètre d’utilisation.
Le cadre réglementaire doit également changer en matière des grands excès de vitesse qui doivent passer du statut de contravention à celui de délit.
Un véhicule est en effet un outil de mobilité et de transport mais qui se transforme en arme entre les conducteurs insouciants. Rouler au-delà d’une certaine vitesse n’est pas une infraction mais un délit prémédité qui peut coûter la vie à autrui, surtout en cas de récidive.
A un moment donné, lorsqu’une politique conciliante perd en efficacité, il faudra activer le bâton et sévir (pas seulement contre les conducteurs mais tout usager qu’il soit piéton, deux roues, voitures, camions, Tuktuk, charette…).
Les sanctions (assorties de formation car beaucoup semblent ignorer le code de conduite) sont malheureusement parfois le seul moyen de rééduquer les usagers de la route aux règles de sécurité, de réduire le nombre des accidents et sauver des vies. Et surtout faciliter la vie et les droits des autres conducteurs qui respectent à la lettre les règles de conduite et qui se retrouvent mêlés à des accidents ou carambolages qu’ils n’ont causés « ni d’Ève et ni d’Adam ».
Conduire n’est pas et ne sera jamais un acte anodin, forcément, il en découle des conséquences qu’il faudra bien assumer.

