TPE-PME : le gouvernement a-t-il minimisé l’ampleur des faillites ?

À l’occasion de la Journée mondiale des Très Petites Entreprises & Petites et Moyennes Entreprises (TPE-PME), la Confédération Marocaine des TPE-PME a tiré la sonnette d’alarme sur une situation intenable, avançant le chiffre de plus de 33.000 cas de faillite de ces entreprises personnes morales et physiques affectées en 2023. L’occasion de dérouler une liste de requêtes pour sortir de ce marasme.
Dans un communiqué à l’occasion de la Journée mondiale des Très Petites Entreprises & Petites et Moyennes Entreprises (TPE-PME), le président de la Confédération Marocaine des TPE-PME, Abdellah El Fergui s’est attardé sur certaines déclarations faites par certains membres du gouvernement concernant un problème critique et embarrassant lié à l’augmentation des cas de faillite dans les entreprises au Maroc, en particulier les Très Petites Entreprises, ainsi que le problème d’accès de ces petites entreprises aux marchés publics.
« En ce qui concerne l’augmentation des faillites dans les entreprises au Maroc, le ministre des Petites Entreprises, Younes Sekkouri, a fait des déclarations au parlement qui a ignoré la question soulevée dans ce domaine et a souligné un autre sujet sur l’augmentation du nombre d’entreprises créées en début de cette année, ainsi que l’octroi de la part de 35 % des marchés publics pour les TPE-PME… Des chiffres préoccupants ont été enregistrés, avec plus de 33.000 cas de faillite de ces entreprises personnes morales et physiques affectées en 2023, ce qui a entraîné une augmentation du taux de chômage à 13,5 % », estime Abdellah El Fergui.
Quant à la déclaration du porte-parole du gouvernement, le ministre Baitas qui a assuré qu’il ne s’agit pas de cas de faillite, car le gouvernement a promulgué une loi permettant la fermeture des entreprises inactives, le grand nombre de cas de faillite s’explique donc par le une liquidation légale d’entreprises qui ne fonctionnent plus.
« Il est clair qu’il y a une grande différence dans la justification de l’augmentation des cas de faillite dans le segment des TPE-PME entre ces deux ministres de ce gouvernement qui ont échoué dans la gestion de ce dossier sensible et crucial », déplore le président de la Confédération Marocaine des TPE-PME.
En réalité, la raison de l’augmentation des faillites dans cette catégorie d’entreprises est due à la négligence du gouvernement à l’égard de ce secteur en suspendant le financement. Les programmes « FORSA » et « Programme royal INTELAKA », qui finançaient ces petites entreprises, ont été suspendus, selon la confédération. Malgré les problèmes rencontrés par ces entreprises en raison des répercussions continues de la crise économique causée par le virus corona, de la crise de l’inflation et de la hausse des taux d’intérêt, elles ont du mal à accéder au financement bancaire, selon la même source.
De plus, la loi qui accorde aux TPE-PME une part de 20 % des marchés publics, promulguée en 2013, n’a pas été mise en œuvre en raison de la non publication des décrets d’application. Une promesse non-tenue estime El Fergui.
Il a salué néanmoins la décision de Bank Al-Maghrib de réduire le taux d’intérêt principal de 25 points de base à 2,75 %, après l’avoir maintenu inchangé lors de quatre réunions consécutives, tout en demandant au Wali Bank Al-Maghrib de réduire davantage le taux d’intérêt, car l’inflation est faible et sous contrôle. Il est nécessaire de rétablir le taux précédent d’intérêt, qui était de 1,5 %.
Sur le registre des délais de paiement, le communiqué de la confédération fait état de nombreuses très petites, petites et moyennes entreprises confrontées à des problèmes de retard de paiement, en particulier dans le secteur de la construction, appelant le président et les membres de la CGEM à donner l’exemple.
Le communiqué au ton virulent déplore une situation difficile des très petites, petites et moyennes entreprises et de l’augmentation du nombre de faillites dans ce secteur en raison de divers problèmes auxquels ces entreprises sont confrontées, tels que l’accès difficile au financement et aux marchés publics, aux fonciers, les retards de paiement. En sus d’une marginalisation de la part du gouvernement, en appelant à la sollicitude royale pour sauver les très petites, petites et moyennes entreprises ainsi que les auto-entrepreneurs de la faillite.

