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Développement Durable

Maurizio Frizziero, Schneider « le défi est de réduire l’impact énergétique et développer de manière durable ».

Schneider

Interviewé par NES à Barcelone Lamiae Boumahrou I

La question de la durabilité des centres de données est aujourd’hui au coeur des préoccupations notamment en raison de l’accélération du changement climatique. Pour cette raison et dans l’optique d’accompagner les entreprises à réduire l’impact énergétique tout en se développant de manière durable, Schneider Electric investit dans le développement de solution durable. Le point avec Maurizio Frizziero, Director of Cooling Innovation and Strategy, Secure Power Division, Schneider Electric.

Ecoactu.ma : L’un des défis à relever de l’équation AI-durabilité est le refroidissement durable. Comment Schneider accompagne-t-elle les entreprises à être plus efficaces, mais aussi plus durables ?

Maurizio Frizziero : Parce que la durabilité est un point clé, nous devons être durables. Si vous êtes dans une zone où la densité est stable, il existe de nombreuses solutions, et le refroidissement liquide est l’une d’entre elles, pour être plus durable. Le constat est que nous nous trouvons dans une situation où la densité, et donc la quantité de chaleur que ces serveurs sont en mesure de dégager, est très élevée.

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Tout le défi aujourd’hui est que nous devons résoudre l’équation de réduire l’impact énergétique tout en se développant de manière durable.

Tout d’abord, le liquide est un excellent moyen de refroidissement. Il faut toutefois la flexibilité de toute la chaîne car, d’un point de vue très technique, vous pouvez refroidir avec le refroidissement liquide même à la température que vous utilisez aujourd’hui. Donc, si vous avez aujourd’hui un appareil qui utilise une certaine température, la température de refroidissement est plus efficace. Plus la température est basse, moins l’appareil est efficace. Ainsi, lorsque vous avez des appareils qui fonctionnent avec un refroidissement par air, vous pouvez passer au liquide en conservant les mêmes appareils. Le refroidissement conservera la même capacité, la même puissance.

Le refroidissement par liquide permet d’ajuster la température du système en fonction des besoins du serveur. C’est pourquoi l’efficacité, qui est synonyme de durabilité, et la flexibilité, qui permet d’optimiser le point de fonctionnement, sont des atouts indéniables.

Concernant le non-gaspillage de l’eau. Certes le refroidissement liquide utilise généralement de l’eau réfrigérée. Cette eau est dans le circuit, elle n’est pas dissipée. Cependant, il existe de nombreuses applications et de nombreuses directives de conception qui permettent d’éviter de gaspiller l’eau.

Utiliser des dispositifs comme les tours de refroidissement ou d’autres qui dépendent des eaux usées. Si l’on prend un système et que l’on utilise de l’eau en plus, que l’on gaspille de l’eau en plus, ce système est plus efficace. Cependant, nous ne pouvons pas dire qu’il est plus durable parce que, oui, il est plus efficace, mais vous gaspillez des litres et des litres d’eau, donc il ne peut pas être durable. Le problème, c’est que les gens considèrent parfois que la durabilité ne concerne que la partie énergétique.

En Espagne par exemple, un grand géant de l’Internet a eu l’année dernière une très mauvaise réputation parce qu’il utilisait de l’eau pour son centre de données, et qu’il utilisait littéralement l’eau du robinet. Les gens sont donc restés sans eau dans leur maison à cause du centre de données.

Ce qui a poussé cette entreprise à supprimer l’eau du processus de refroidissement de son centre de données. La durabilité est donc clairement liée à l’eau, et pas seulement à l’efficacité énergétique.

Autre point, plus technique mais très important, qui concerne les machines de refroidissement est le fluide frigorigène qu’elles utilisent.

Tout circuit de refroidissement doit utiliser un réfrigérant. Les réfrigérants sont, lorsqu’ils sont perdus à cause d’une fuite ou autre, des éléments qui contribuent à augmenter le réchauffement de la planète. Pour donner un exemple, le réfrigérant que l’on utilise aujourd’hui, lorsque vous perdez un kilo du réfrigérant, c’est l’équivalent de l’émission de 1.300 kilos de CO2 dans l’atmosphère. Il y a donc une tendance générale, dans les communautés européennes qui vivent cela, et aux États-Unis aussi, à changer le réfrigérant pour un produit plus naturel ou ayant moins d’impact sur l’environnement.

Si l’on considère la durabilité, l’efficacité est certainement un élément clé, l’utilisation de l’eau est le deuxième point et le troisième point est l’utilisation de nouveaux réfrigérants à faible potentiel de réchauffement global, car en cas de fuite, vous préservez l’environnement.

Il n’y a donc pas de recette unique qui permette de dire :  » Vous pouvez faire telle ou telle chose et vous serez plus durable « .

Il s’agit d’un ensemble complet de sujets liés aux produits, mais aussi de sujets liés à la conception qui permettent d’être durable. C’est donc plus dans cette perspective qu’il faut voir les choses. Et c’est la raison pour laquelle nous examinons à nouveau la vue d’ensemble, car si vous êtes durable sur une petite partie, vous n’êtes peut-être pas durable sur l’ensemble de l’équation.

Les réglementations diffèrent d’un pays à l’autre. Vous avez mentionné l’Europe, l’Amérique et l’Asie. Qu’en est-il du continent africain et du Maroc en particulier ?

Il est vrai que les États-Unis et l’Europe sont en pointe dans ce domaine. Je pense que ces nouvelles réglementations auront un impact sur tous les pays méditerranéens. Je pense qu’il y a une nouvelle réglementation pour l’importation au Maroc par exemple.

Bien qu’il n’y ait pas encore de réglementation, je vois que cela va se produire parce qu’en Europe, par exemple, la nouvelle réglementation n’est pas valable pour l’utilisation mais que pour la fabrication. Ainsi, par exemple, il existe une nouvelle réglementation sur les réfrigérants en Europe, qui stipule qu’il faut utiliser tel ou tel réfrigérant. Mais cela n’a rien à voir avec la mise en œuvre du réfrigérant sur le site. C’est lorsque vous produisez l’unité.

Ainsi, quelle que soit la réglementation en vigueur au Maroc, si vous voulez acheter un produit fabriqué en Europe, vous êtes obligés d’acheter le produit réglementé. Donc, bien sûr, il y a des usines en Inde d’où vous pouvez importer mais le coût du transport aura un impact important. Je pense donc que ces évolutions vont générer des changements partout, soit directement à cause des réglementations soit indirectement en raison de contraintes d’importation.

Le problème est que toutes ces initiatives sont distinctes. Il n’y a pas de décision commune générale sur ce qui est le mieux ou sur les réglementations locales. Elles sont plus similaires pour le refroidissement de confort parce que c’est facile, mais pour les centres de données, c’est encore une niche. Il n’existe pas de lignes directrices communes à tous les pays. C’est le grand défi à relever.

Comment la solution développée par Schneider peut-elle permettre aux entreprises de renforcer leur compétitivité et de réduire leur consommation d’énergie ?

Dans le monde, quand il y a des entreprises qui travaillent à préparer et à faire des centres de données, tout est corrélé à la consommation d’énergie et au coût de l’énergie.

Ainsi, plus le centre de données est efficace, plus il est compétitif. Ce que nous devons faire, encore une fois, c’est examiner comment optimiser les différentes parties du centre de données et combiner les différentes briques de la manière la plus efficace.

C’est l’autre partie du centre de données de Schneider, qui est le DCIM ou le côté VMS qui optimise le fonctionnement en fonction de la charge réelle que vous avez. Il ne s’agit donc pas seulement d’avoir un bon produit ou une bonne combinaison de produits, mais de savoir comment ces produits peuvent-ils fonctionner ensemble. Et c’est exactement ce que, en tant que Schneider, nous pouvons faire. Je veux dire que ce n’est pas la division refroidissement qui s’en charge, mais c’est la division logiciel.

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