đź”´ RDV de l’Assurance : l’ACAPS annonce l’entrĂ©e en vigueur de la dĂ©matĂ©rialisation des attestations d’assurance automobile en 2025

L’Intelligence artificielle pose un véritable défi et une réelle opportunité pour le secteur de l’Assurance. Dans cet écosystème, le régulateur joue un rôle centrale. L’ACAPS a mené dans ce sens plusieurs actions pour accompagner la transformation numérique mais également pour adapter le modèle économique du secteur.
D’emblée, le président de l’ACAPS, Abderrahim Chaffai estime que la thématique « Nouvelles technologies et Intelligence artificielle : quelles opportunités pour l’assurance ? », invite à une réflexion collective sur un sujet qui redéfinit profondément les contours du secteur.
En effet, à l’heure où les transformations numériques s’imposent avec une intensité sans précédent, portées par des technologies disruptives ( telles que l’intelligence artificielle, la blockchain, le cloud computing, la géolocalisation, les objets connectés et les interfaces conversationnelles), le secteur assiste à une refonte totale de la conception, de la distribution et de la consommation des services, a précisé Chaffai dans un discours lu en son nom par Othman Khalil Elalamy.
Parmi ces innovations, l’intelligence artificielle occupe une place centrale. L’IA ne se limite plus à un champ théorique ou prospectif : elle transforme en profondeur les modèles économiques, les pratiques professionnelles et les interactions entre acteurs, rappelle le président de l’ACAPS.
Pour illustrer son propos, le président de l’ACAPS a partagé quelques chiffres révélateurs. En effet, selon le Fonds Monétaire International, près de 40 % des emplois dans le monde sont exposés aux effets de l’IA. Dans les économies avancées, jusqu’à 60 % des emplois pourraient être concernés, dont la moitié bénéficierait d’un gain de productivité tandis que l’autre moitié verrait certaines fonctions évoluer ou être automatisées. Dans les pays émergents, l’exposition est estimée à 40 % contre 26 % dans les pays à faible revenu, traduisant ainsi une diffusion plus modérée mais accentuant le risque d’inégalités structurelles.
« Il est aujourd’hui largement reconnu que très peu d’industries, d’entreprises ou de personnes échappent aux mutations profondes induites par la révolution technologique actuelle, et le secteur des assurances ne fait pas exception. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle est appelée à provoquer un véritable bouleversement, avec un impact conséquent attendu sur l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur », ajoute la même source.
En l’occurrence, l’essor de l’IA générative redéfinit en profondeur les métiers de l’assurance : de la souscription à l’indemnisation, en passant par l’évaluation automatisée des sinistres, l’intelligence artificielle permet de rationaliser les processus, d’optimiser la gestion des risques et d’améliorer significativement l’expérience client.
Par conséquent, les modèles traditionnels doivent impérativement être repensés pour s’adapter aux évolutions rapides des attentes des assurés, mais aussi à l’émergence de nouveaux acteurs technologiques.
À cet égard, les opportunités offertes par l’intelligence artificielle sont considérables. Selon les estimations, ces technologies pourraient injecter des centaines de millions de dollars de valeur annuelle dans l’industrie mondiale de l’assurance, principalement grâce à des avancées majeures dans les domaines de la tarification, de la souscription, du marketing, du service client et de la personnalisation des offres.
ACAPS, un rôle stratégique
Au Maroc, depuis les réformes engagées dès 2002, le secteur des assurances affiche une résilience appréciable, et cela malgré un contexte international marqué par des incertitudes persistantes au cours des dernières années.
Les indicateurs récents témoignent de cette vitalité :
- La croissance des primes émises s’élève à 5,2 %, passant de 56,7 Mds de DH en 2023 à 59,6 Mds de DH en 2024, répartie de manière équilibrée entre les segments Vie (+5,0 %) et Non-vie (+5,3 %).
- Les placements des entreprises d’assurances ont augmentĂ© de 5,2 %, atteignant 246,2 Mds de DH en 2024.
- La hausse significative des plus-values latentes (+70,7 %) en 2024 par rapport à l’année précédente reflète une performance robuste des investissements, tandis que le résultat net et les fonds propres ont progressé de 2,9 % et 3,0 % respectivement, garantissant ainsi la stabilité financière du secteur.
« Si ces rĂ©sultats tĂ©moignent d’une dynamique positive, ils ne sauraient occulter les dĂ©fis majeurs auxquels nous sommes confrontĂ©s, notamment la transformation des attentes des assurĂ©s, l’évolution des risques assurables et les exigences croissantes de rapiditĂ©, de personnalisation et de transparence », estime le prĂ©sident de l’ACAPS.
À cet égard, la transformation digitale se profile comme un levier incontournable. En effet, en améliorant la relation client grâce à la mise en place de chatbots, en automatisant la gestion des réclamations et en accélérant le traitement des sinistres via des algorithmes, plusieurs opérateurs nationaux innovent déjà .  Cela permet de poser les jalons d’un écosystème assurantiel plus agile, plus transparent et centré sur les besoins évolutifs des assurés. Ce mouvement, soutenu par l’essor des technologies émergentes, contribue à renforcer la compétitivité du secteur tout en répondant aux exigences d’une société de plus en plus connectée.
Néanmoins, il convient de souligner que ces avancées modernisent les pratiques tout en soulevant des questions essentielles de transparence, d’éthique, de sécurité et de protection des données, ajoute-t-il.
En effet, la qualitĂ© des donnĂ©es, pilier de l’efficacitĂ© de l’IA, se doit d’ĂŞtre fiable, structurĂ©e et bien gouvernĂ©e. L’ACAPS, en tant que rĂ©gulateur du secteur des assurances, mesure pleinement l’importance de ces impĂ©ratifs.
« Nous estimons que, bien que les progrès technologiques offrent des perspectives considĂ©rables, il convient de prĂ©server les Ă©quilibres Ă©thiques, juridiques et sociaux, notamment en matière de protection des donnĂ©es, de traçabilitĂ© et de cybersĂ©curitĂ©. L’impĂ©ratif rĂ©side donc dans une approche Ă©quilibrĂ©e, conciliant innovation et Ă©thique, performance et Ă©quité », explique le prĂ©sident de l’ACAPS.
Et d’ajouter « Je tiens à rappeler dans ce cadre que le référentiel de Solvabilité Basée sur les Risques (SBR), un chantier structurant d’envergure, vise à la fois à consolider la résilience des entreprises d’assurances et de réassurance, et à renforcer leur gouvernance ainsi que la transparence vis-à -vis du public, en optimisant l’utilisation des données dans la gestion des risques et dans l’évaluation de la solvabilité ».
Sous ce cadre, les compagnies sont appelées à renforcer leurs dispositifs de gouvernance de la donnée, à fiabiliser leurs systèmes d’information et à garantir une traçabilité complète des informations utilisées.
Par ailleurs, face à un secteur en pleine mutation et à des attentes de plus en plus impérieuses, les opérateurs ne peuvent se contenter de quelques actions isolées; ils doivent suivre sinon anticiper le rythme soutenu des transformations structurelles, technologiques et comportementales qui redéfinissent en profondeur les standards du marché de l’assurance.
Consciente de ces enjeux, l’ACAPS s’est résolument engagée dans l’accompagnement de cette transformation.
Chaffai a rappelé les actions concrètes menées par l’Autorité pour contribuer à maintenir et promouvoir un secteur des assurances moderne et compétitif, en œuvrant à adapter constamment la supervision et la réglementation aux mutations en cours, tout en stimulant l’innovation au bénéfice de la protection des assurés et de la promotion de l’inclusion financière.
« A cet effet, rappelons-le, nous avons élaboré une feuille de route en collaboration avec la Société Financière Internationale (IFC) pour accélérer la digitalisation du marché et poser les bases d’un écosystème numérique résilient et durable », ajoute la même source.
C’est dans ce cadre que s’inscrit notamment l’instruction relative à la vente en ligne de produits d’assurance, émise en juillet 2022, qui constitue une avancée significative visant à fluidifier le processus de mise en place des dispositifs de vente en ligne, fournissant ainsi aux acteurs une vision claire sur les exigences de conformité requises.
A ce jour, environ une dizaine de dispositifs de vente en ligne sont opĂ©rationnels, et d’autres sont en cours de validation. Si ces premiers rĂ©sultats,  – traduisant des progrès notables – , sont Ă saluer, ils ne reprĂ©sentent qu’une Ă©tape initiale dans le renforcement de ce dispositif rĂ©glementaire, alerte le prĂ©sident de l’ACAPS.
« Nous attendons, en tant que régulateur, que ce cadre se traduise par une adhésion accrue de la part des opérateurs, tout en suscitant un véritable enthousiasme chez les consommateurs, condition indispensable à la consolidation d’un environnement digital fondé sur la confiance, la simplicité, la transparence et la sécurité », insiste-t-il.
Par ailleurs, l’ACAPS a créé une cellule dédiée à l’innovation et aux insurtechs, véritable moteur d’acculturation et de mobilisation pour relever les défis futurs. Le programme « Émergence », lancé pas plus tard que le 03 avril dernier, réunit les acteurs du marché dans une démarche de co-construction et de réflexion stratégique, afin de faire émerger des cas d’usage innovants à fort impact.
« Je citerai également le projet de dématérialisation des attestations d’assurance RC automobile, dans lequel nous sommes pleinement engagés. Les dernières retouches sont en cours pour une entrée en vigueur en cette année 2025. Nous veillerons, en partenariat avec la FMA, à une concrétisation rapide de ce projet tant attendu, afin d’ajouter une pierre à l’édifice de la modernisation du secteur et de renforcer sa compétitivité », ajoute le président de l’ACAPS.
En attendant une mise en œuvre complète qui nécessite une révision de la loi, une solution transitoire basée sur un QR code sécurisé a été validée, permettant d’intégrer les informations essentielles dans des attestations numériques accessibles rapidement, simplifiant ainsi l’accès aux données pour les agents de contrôle et garantissant un traitement efficace et sécurisé, apprend-on.
Il a également mentionné la convention tripartite signée en décembre dernier entre notre Autorité, le Ministère de la Justice et la FMA visant à renforcer les synergies entre les secteurs judiciaire et assurantiel en matière de digitalisation et d’innovation. Il a appelé de ses vœux que ce RDV ouvrira la voie à des propositions concrètes auxquelles nous demeurerons attentifs pour accompagner le développement du secteur des assurances.

