Libération du potentiel économique au Maroc : les principaux domaines sujets à amélioration

Ecrit par Soubha Es-Siari I
La libération du potentiel économique s’impose avec acuité. En effet, dans un contexte où l’incertitude plane comme une épée de Damoclès et où les tensions géopolitiques font et défont les indicateurs macroéconomiques, les réformes menées jusque-là sont-elles suffisantes pour garantir un minimum d’abri à notre économie qui évolue au gré des conditions climatiques certes mais également de la conjoncture internationale ? Analyse.
Il y a quelques mois, le think-tank britannique, l’Economist Intelligence Unit (EIU) avait classé le Maroc dans le top 5 des pays qui ont le plus amélioré leur environnement des affaires durant les deux dernières décennies. Le Maroc vient ainsi en première position dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, si l’on se fie à ce classement. D’aucuns diront que l’amélioration du rang du Maroc dans les podiums tel qu’il ressort de nombreuses publications demeure sujet à explications. D’autres aussi avertis s’interrogent sur l’impact de ce classement sur la formation brute du capital fixe boostée essentiellement par l’investissement public. Des questions légitimes qui méritent d’être posées à l’aune des soubresauts économiques.
Dans un contexte où l’incertitude plane comme une épée de Damoclès sur l’ensemble des économies même les plus puissantes et où les tensions géopolitiques font et défont les indicateurs macroéconomiques, les réformes menées jusque-là par le Maroc sont-elles suffisantes pour libérer un. tant soit peu le potentiel économique et garantir un minimum d’abri à notre économie qui évolue au gré des conditions climatiques certes mais également de la conjoncture internationale ?
L’analyse des indicateurs montrent que certains d’entre-eux sont en nette amélioration. Toutefois, de nombreuses études ont mis en exergue que les indicateurs macroéconomiques à eux seuls ne garantissent pas le développement et la prospérité. A titre d’exemple, le débat sur le PIB comme indicateur de richesse suscite toujours des divergences dans la communauté des économistes et des analystes. Et pour cause, dans de nombreux cas, l’impact de la croissance sur le bien-être de la population n’est pas aussi systématique qu’il paraît. Une autre paire de manches.
Au Maroc, la radioscopie du climat des affaires montre que malgré les réformes structurelles engagées depuis plusieurs années, des écueils s’érigent en véritables obstacles et freinent encore l’élan économique escompté. Des taux de croissance oscillant, bon an, mal an, autour de 3%.
De prime abord, force est de relever que valeur aujourd’hui, le Maroc n’arrive pas à se dépêtrer de la lourdeur administrative et les contraintes bureaucratiques. Des conditions susceptibles d’engendrer une certaine incertitude et de décourager les investisseurs potentiels, particulièrement ceux opérant dans des secteurs nécessitant des démarches complexes, tels que l’immobilier, les infrastructures et l’industrie manufacturière.
La simplification des procédures administratives demeure également un enjeu fondamental. Malgré les progrès réalisés en matière de digitalisation et de rationalisation des démarches, de nombreux investisseurs font encore face à des lenteurs bureaucratiques et à des complexités réglementaires qui freinent l’initiative privée. L’accélération des réformes visant à réduire les délais d’approbation des projets, à unifier les plateformes administratives et à instaurer une gestion plus transparente et efficiente des services publics pourrait consi- dérablement améliorer l’environnement des affaires.
Un autre défi de taille continue à ternir le climat des affaires impactant au passage le poteniel économique. Il s’agit de l’épineuse problématique de financement notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les startups innovantes. Bien que le secteur bancaire soit relativement développé et résilient, les critères d’octroi de crédits restent contraignants et les coûts d’emprunt relativement élevés, ce qui limite les capacités d’investissement de cette frange du tissu économique. L’expansion du capital-investissement, la promotion du financement participatif et l’encouragement des partenariats public-privé… sont des solutions qui sauront offrir des alternatives viables pour mobiliser davantage de ressources et soutenir les porteurs de projets.
L’accès au financement constitue donc levier déterminant pour dynamiser les investissements. Si le secteur bancaire joue un rôle central dans le financement des entreprises, il est nécessaire de diversifier les sources de capitaux pour mieux répondre aux besoins des entrepreneurs, notamment les startups et les PME.
La fiscalité, une pierre d’achoppement
Par ailleurs, la fiscalité des entreprises constitue le meilleur ingrédient pour l’attractivité des investissements. Un alignement plus clair des politiques fiscales avec les objectifs de développement économique, notamment à travers une simplification des régimes fiscaux et une meilleure harmonisation des prélèvements, permettrait d’offrir un cadre plus incitatif, plus lisible et surtout plus rassurant pour les investisseurs qui cherchent la stabilité.
Last but not least, la stimulation de l’initiative privée passe par la promotion d’un environnement propice à l’innovation et à l’entrepreneuriat. L’émergence de nouveaux écosystèmes technologiques et industriels, soutenue par des programmes d’accompagnement et des incitations ciblées, constitue un levier majeur pour favoriser l’émergence d’entreprises à fort potentiel.
La mise en place de clusters sectoriels, le renforcement des synergies entre le secteur académique et les entreprises, ainsi que la facilitation de l’accès aux marchés internationaux pour les startups Marocaines sont autant de mesures qui peuvent contribuer à dynamiser l’innova- tion pour se positionner comme un acteur clé de l’éco- nomie du futur.
La consolidation du climat des affaires et l’attractivité passent nécessairement par la conjugaison de plusieurs éléments pour renforcer l’initiative privée et maximiser l’impact des politiques publiques en faveur du développement économique. On n’au eu cesse de le dire, l’un des axes prioritaires réside dans l’amélioration des mécanismes d’incitation aux investissements, notamment à travers des dispositifs fiscaux plus attractifs et des mesures d’accompagnement adaptées aux besoins des investisseurs.

