Capital investissement : levées record en 2024

En 2024, les capitaux levés atteignent un nouveau record avec un montant de 3.887 MDH, portant le total des levées sur la période 2018 – 2024 à 13.765 MDH, soit près de 1,5 fois plus que sur la période précédente (2012 – 2017), selon le rapport 2024 de l’Association Marocaine des Investisseurs en Capital (AMIC).
En effet, l’association a dévoilé lors d’une conférence de presse ce mardi 27 mai 2025 le Rapport d’Activité 2024 des acteurs marocains du capital investissement. Cette étude est réalisée pour la 17ème année consécutive par le Cabinet Grant Thornton sous la houlette de la Commission Etudes & Statistiques de l’AMIC.
Le rapport d’activité 2024 couvre un périmètre de 25 sociétés de gestion et 48 fonds sous gestion (23 actifs, les autres en phase de désinvestissement ou désinvestis), et représente ainsi la quasi-totalité des sociétés de gestion ayant un bureau au Maroc.
Les fonds transrégionaux accaparent 72% des levées pour le Maroc depuis 2012 et adoptent tout naturellement une forme juridique étrangère pour des raisons liées notamment aux contraintes de change et de fiscalité. Les fonds locaux, représentant 28 % (en valeur), privilégient les véhicules juridiques marocains (OPCC et SA).
En 2024, les capitaux levés atteignent un nouveau record avec un montant de 3.887 MDH, portant le total des levées sur la période 2018 – 2024 à 13.765 MDH, soit près de 1,5 fois plus que sur la période précédente (2012 – 2017).
Les organismes de développement internationaux et les banques/sociétés de gestion d’actifs représentent 65 % des levées de fonds entre 2018 et 2024 (respectivement 38 % et 27 %). La part des investisseurs marocains repart nettement à la hausse, atteignant 53 % sur la période 2018 – 2024, contre 25 % entre 2012 et 2017.
En 2024, les investissements réalisés par 10 sociétés de gestion s’élèvent à 1.699 MDH, répartis entre 23 nouvelles entreprises et 17 réinvestissements. Ce montant porte à 15,7 Mds MAD les investissements cumulés à fin 2024.
La plupart des fonds sont généralistes, à l’exception de quelques fonds thématiques. Le secteur des services poursuit sa progression, représentant 41 % des investissements entre 2018 et 2024. Les secteurs de la santé et de l’éducation confirment également leur dynamique de croissance.
La région Casablanca-Settat concentre 72 % des investissements en valeur sur la période récente. La région Rabat-Salé-Kénitra se place en deuxième position avec 14 %.
Les investissements en Capital Amorçage et Risque représentent 42 % des opérations réalisées en 2024 (en nombre). Leurs parts sont passées de 26 % entre 2006 – 2011 à 63 % entre 2018 – 2024. En valeur, leur part reste limitée à 9 % sur la dernière période, contre 84 % pour le Capital Développement.
La progression des fonds dédiés à l’innovation et aux startups explique la hausse des transactions inférieures à 20 MDH, tandis que les investissements supérieurs à 100 MDH poursuivent leur montée. Le ticket moyen en Capital Développement est de 136 MDH entre 2018 – 2024, contre 52 MDH en 2012 – 2017. Le ticket moyen pour les phases d’amorçage/risque est de 12 MDH sur la période 2018 – 2024.
Pars ailleurs,avec 11 actes de désinvestissement, les sorties de l’année 2024 atteignent 1.067 MDH, un niveau légèrement supérieur à celui de 2023. Sur la période 2018 – 2024, les montants désinvestis s’élèvent à 5,7 Mds de DH, contre 1,98 Mds de DH entre 2012 – 2017. Cela porte à 172 le nombre cumulé de désinvestissements réalisés à fin 2024, pour un total de 9,3 Mds de DH.
Le marché secondaire, en particulier, connaît une croissance continue, confirmant sa maturité et sa capacité à absorber un volume croissant de transactions. Il s’impose comme un levier clé de liquidité, autant pour les investisseurs marocains que pour les fonds étrangers, dont l’intérêt pour le marché marocain ne cesse de croître. Il représente 44 % des sorties réalisées entre 2018 – 2024, contre 3 % entre 2006 – 2011. Les introductions en bourse (IPO), après une période de repli entre 2012 et 2017, ont connu un regain d’activité ces dernières années, atteignant 22 % des sorties entre 2018 – 2024.
Toujours selon le rapport de l’AMIC, TRI brut moyen calculé sur la base de 115 cessions effectives est de 12 % sur la période allant de 2000 à 2024. Le multiple global du secteur est de 1,9 (1,4 pour l’amorçage/risque – 2,1 pour le développement et 1,8 pour la transmission). La durée moyenne de détention des participations est de 6,2 ans. Les secteurs de la santé, des services et de la construction affichent les TRI les plus élevés avec respectivement 23%, 15% et 14%.

