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Finances

Taux directeur : que décidera Bank Al-Maghrib ?

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Bank Al-Maghrib pourrait également décider de poursuivre son cycle d’assouplissement monétaire compte tenu d’indicateurs économiques bien orientés au niveau national, notamment une inflation maîtrisée et une croissance économique dynamique. Cette lecture pourrait, néanmoins, être biaisée par l’éclatement du conflit Israélo-Iranien notamment avec des répercussions éventuelles en termes de projections d’inflation importée, selon le Flash Strategy de BKGR.

Le deuxième Conseil de Bank Al-Maghrib de l’année intervient dans un contexte international marqué par une volatilité persistante alimentée notamment par la politique monétaire ultra-protectionniste adoptée par l’Administration TRUMP et les tensions commerciales avec la Chine ponctuées de négociations intermittentes entre les deux puissances.

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En dépit de ce climat agité et à l’instar de la BCE, la Banque Centrale marocaine pourrait également décider de poursuivre son cycle d’assouplissement monétaire compte tenu d’indicateurs économiques bien orientés au niveau national, notamment une inflation maîtrisée et une croissance économique dynamique. Cette lecture pourrait, néanmoins, être biaisée par l’éclatement du conflit Israélo-Iranien notamment avec des répercussions éventuelles en termes de projections d’inflation importée.

Une bonne dynamique de croissance

Après une légère amélioration de la croissance économique à +3,8% en 2024 contre +3,7% en 2023, comme l’indiquent les comptes nationaux publiés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’économie nationale aurait accéléré au premier trimestre 2025 avec une progression estimée à +4,2% (contre +3,7% au T4 2024 et +2,5% au T1 2024).

BKGR rappelle également que lors de son dernier Conseil du mois de mars, Bank Al-Maghrib avait relevé ses prévisions de croissance pour 2024 à +3,2%, contre +2,6% ; La contraction de la valeur ajoutée agricole liée à des conditions climatiques défavorables devant être contrebalancée par une dynamique positive du secteur non agricole, portée notamment par les investissements en infrastructures.

À l’issue de ce Conseil, la Banque Centrale a également maintenu sa prévision de croissance à +3,9% pour 2025 et ce, en dépit d’une récolte céréalière revue à la baisse (44 MQx contre 50 MQx initialement). De côté de BKGR et compte tenu de conditions pluviométriques davantage favorables au 1er trimestre, son Bureau de Recherche a revu à la hausse son scénario central de croissance à +4,2% pour 2025 (vs. 3,9% précédemment).

Une bonne maitrise de l’inflation

À fin avril 2025 et contrairement à nos anticipations, l’inflation ressort à -0,3% en variation mensuelle et à +0,7% en glissement annuel. L’inflation sous-jacente, quant à elle, s’est établie à +1,2% sur un an.

Ce repli modéré des pressions inflationnistes pourrait se poursuivre mais demeure conditionné à plusieurs facteurs externes, notamment l’atténuation :
 Des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ;
 Des incertitudes géopolitiques liées au conflit russo-ukrainien et à l’éclatement du conflit armé entre l’Iran et Israël ;
 Et, des perturbations en mer Noire affectant les exportations d’oléagineux

Un déficit budgétaire sous contrôle
Au volet des Finances Publiques, l’exécution de la LF 2025 fait ressortir un solde budgétaire de -11,7 Mds de DH à fin avril 2025 contre -1,2 Md de DH une année auparavant, intégrant une progression des recettes ordinaires de +19% à 144,1 Mds de DH et une hausse de +28,5% des dépenses ordinaires à 134,4 Mds de DH au moment où les dépenses de compensation ressortent nulles à fin avril 2025.

Tenant compte des réalisations actuelles, des dernières données communiquées par la LF 2025 et de la programmation budgétaire triennale 2025-2027, la Banque Centrale anticipe un allégement progressif du déficit budgétaire qui devrait s’établir en 2025 à -3,9% (vs. -4,1% réalisé en 2024) du PIB avant de s’atténuer à -3,6% en 2026 (vs. des prévisions de -4,5% et de -4,2% respectivement pour 2024 et 2025 lors du Conseil de décembre)

Recul du taux débiteur moyen au T1 2025

Pour ce qui a trait aux conditions de financement et dans le sillage de la baisse de -25 pbs du taux directeur en mars 2025, le taux débiteur moyen global ressort en retrait de -10 pbs à 4,98% au T1 2025 comparativement au T4 2024. Profitant de l’amélioration des conditions de financement, l’encours global des
crédits bancaires a augmenté de +5,1% en glissement annuel pour s’établir à 1.157 Mds de DH à fin avril 2025.

Poursuite de la consolidation à la baisse des taux

Dans le sillage de la baisse récente de Bank Al-Maghrib et de sa relative aisance, le Trésor a poursuivi son marquage à la baisse des taux sur la majorité des lignes réduisant ainsi son coût d’emprunt.

Cette détente des taux pourrait refléter une expectative d’une deuxième baisse par les investisseurs pour le Conseil à venir.

Avis moins tranché mais plutôt en faveur d’une baisse du taux directeur

Dans le cadre de l’élaboration de ce document, BKGR a également procédé à un sondage auprès de plusieurs investisseurs institutionnels marocains afin de recueillir leurs opinions quant à l’évolution de la politique monétaire du Royaume. Les points saillants ressortent comme suit :
1. 88% des sondés estiment que la politique monétaire actuelle est adéquate ;
2. 63% des participants anticipent une baisse des taux de -25 pbs du Conseil du 24 juin 2025 ;
3. 75% des participants s’attendent à 2 baisses des taux en 2025 de -25 pbs chacune ; Le reliquat anticipant une baisse des taux (13%) ou 3 baisses des taux (13% des sondés) pour l’année à venir ;
4. 100% des sondés estiment qu’il est peu probable que la Banque Centrale augmente son taux directeur en 2025, notamment en cas de résurgence des pressions inflationnistes au cours de l’année.

Selon BKGR, étant donné,  la poursuite du cycle d’assouplissement de la Banque Centrale Européenne, une inflation bien maitrisée au Maroc accompagnée d’une activité économique bien orientée mais très demandeuse en financement, Bank Al-Maghrib devrait, a priori, opter pour une baisse des taux de -25 pbs selon le dernier sondage de BKGR. Toutefois, la Banque Centrale pourrait intégrer dans son prisme d’analyse, les impacts possibles, notamment au volet de l’inflation , du conflit armé entre l’Iran et Israël.

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