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Economie

Fermeture du détroit d’Ormuz : l’inflation serait-elle de retour ?

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Ecrit par Soubha Es-Siari I 

Envisagé par l’Iran, le blocus du détroit d’Ormuz par lequel transite 20 % du commerce mondial des hydrocarbures mènerait à une hausse brutale de leurs cours avec toutes les conséquences sur les approvisionnements et, partant, sur les prix.

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La guerre entre Israël et l’Iran ne se joue pas seulement sur le terrain militaire : ses répercussions s’étendent désormais jusqu’aux économies non impliquées dans le conflit. D’aucuns diront que c’est justement le revers de la médaille de la mondialisation.

Le déclenchement de cette guère ravive la crainte d’une flambée des tarifs du baril.  Après une temporaire flambée suite aux premières frappes israéliennes, le marché pétrolier avait temporisé la semaine dernière, attentiste, le conflit n’ayant pas jusqu’alors affecté sérieusement les infrastructures pétrolières iraniennes et en l’absence, jusqu’à ce week-end, d’implication des États-Unis. Or, selon les représailles iraniennes, les exportations d’or noir depuis le Moyen-Orient pourraient se voir affectées. Avec une production d’environ 3,3 millions de barils par jour, l’Iran est le neuvième producteur au monde.

Aussi, si Téhéran met à exécution sa menace de fermeture du détroit d’Ormuz, le prix du baril de pétrole pourrait même atteindre, selon les analystes, les 120 dollars. 20% du pétrole mondial transitant par le détroit d’Ormuz. Ce détroit est une zone stratégique par laquelle transite du pétrole et du gaz destinés à de nombreux pays, dont la Chine. Il est emprunté par des navires provenant d’Arabie saoudite, d’Irak, du Koweït, des Émirats arabes unis et d’Iran.

Ces derniers jours, les prévisions des banques américaines que ce soit JP Morgan ou Morgan Stanley ont prévenu que si les tensions persistent, on pourrait voir grimper les cours du pétrole dans les prochains mois à 120 $, 130 $ le baril. A noter que pour les pays du G7, une hausse de 10% du prix baril, se traduirait par une baisse de la croissance de 0,4%. Déjà que les prévisions de croissance mondiale de 2025 ont été revues à la baisse depuis que le président américain Donald Trump avait instauré une liste de taxes douanières pour les différents pays du globe. Une envolée aussi spectaculaire du prix du baril pourrait ainsi amener les institutions internationales à réinitialiser à nouveau les compteurs des prévisions économiques mondiales.

Pis encore, en cas de fermeture du détroit d’Ormuz, l’usine du monde, la Chine pourrait voir une partie de son approvisionnement perturbée. Du moment qu’une part importante de la production chinoise est exportée à travers le monde, les prix des produits finis ou semi-finis importés de Chine pourraient ainsi augmenter. Si les menaces de Trump laissent planer des doutes sur la croissance mondiale, sur l’inflation… la guerre entre Israël et l’Iran l’est encore plus.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) « estime que des voies terrestres alternatives (au détroit d’Ormuz), telles que l’oléoduc Est-Ouest de l’Arabie saoudite vers la mer Rouge et un oléoduc émirati peuvent offrir une alternative mais leur capacité représente à peine un quart du volume quotidien typique transitant par Ormuz », poursuivent-ils. En revanche, « les stocks mondiaux élevés de pétrole, les capacités de réserve disponibles de l’OPEP + et la production de gaz de schiste américaine pourraient constituer une certaine protection » dans l’immédiat, tempèrent-ils.

Le Maroc en tant qu’importateur de produits énergétiques n’est pas à l’abri de ces vents contraires qui soufflent. Le Maroc importe d’ailleurs de Chine une grande variété de produits, notamment manufacturés, énergétiques, des produits chimiques et pharmaceutiques, ainsi que des produits alimentaires. La Chine est un partenaire commercial important pour le Maroc, et ses importations en provenance de Chine ont connu une croissance significative ces dernières années. D’où le risque de hausse des prix qui plane sur les produits achetés au Maroc.

A peine quelques mois de répit pour les consommateurs marocains, que le spectre de l’inflation refait à nouveau surface.

Ce nouvel épisode illustre une fois de plus la vulnérabilité du Maroc en matière d’approvisionnement en énergie face aux tensions internationales. Et pose une question cruciale : comment garantir rapidement la souveraineté énergétique dans un monde aussi instable ? Nos politiques sont appelés sans tarder à mettre les bouchées doubles pour répondre un tant soit peu à cette problématique devenue très pesante.


Lire également : Guerre Iran-Israël : quels risques pour l’économie marocaine ?

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